
prod. Les Films du Worso / Scrab Films / et al.
DAO
Alain Gomis | France / Sénégal / Guinée-Bissau | 2026 | 185 minutes | Les incontournables
Des funérailles en Guinée-Bissau, un mariage en banlieue de Paris : Dao est un film d’entre-deux, entre la mort et la vie, entre le documentaire et la fiction, entre un pays d’origine et un pays d’adoption, entre le passé et l’avenir, entre la tradition et la modernité. Vaste programme, mais le montage alterné entre les deux événements suffit à évoquer ces thématiques dans un jeu d’échos et de concordances, de différences et de répétitions. Le film se passe pratiquement de récit, nous conviant plutôt à célébrer pendant un peu plus de trois heures avec les communautés rassemblées pour se recueillir autour du père défunt de Gloria (Katy Correa) en Afrique et pour fêter le mariage de sa fille Nour (D’Johé Kouadio) en France. La caméra crée rapidement un fort sentiment de proximité, même si nous savons très peu de choses sur les personnages ; nous avons l’impression de débarquer dans une immense famille que nous apprenons à connaître à travers la danse, le chant, la camaraderie, mais aussi les conflits, les tensions qui surgissent inévitablement dans de tels rassemblements.
« Mouvement perpétuel et circulaire qui coule en toute chose et unit le monde », la définition de ce dao qui nous est donnée en début de film nous dit déjà que nous ne sommes pas devant des oppositions, des confrontations, mais des passages, des rencontres. La mise en scène oscille ainsi de manière insaisissable entre le documentaire et la fiction, dès l’ouverture, avec des séances d’audition où les interprètes (pour la majorité, des non-professionnel·le·s) confient leurs doutes, leurs souhaits, comme pour créer grâce à leurs propres préoccupations les personnages que nous les verrons jouer. Pour Alain Gomis, qui retourne filmer dans son village natal de Guinée-Bissau et s’inspire de sa famille, qu’il invite aussi à l’écran, l’identité se construit dans ce rapport à l’altérité, comme l’autobiographie s’écrit dans la rencontre avec l’expérience des acteur·rice·s. Exposer les mécanismes de fabrication du film permet au cinéaste d’examiner cette question identitaire des immigrant·e·s de première génération, en faisant de cet entre-deux un lieu de négociation constante.
C’est Gloria (et la présence charismatique de Katy Correa) qui incarne cette idée, dans sa posture plutôt distante, voire mélancolique par rapport aux événements : elle ne semble pas croire aux rituels traditionnels (sacrifices animaux, dialogue avec le mort) tenus en l’honneur de son père, mais elle ne les rejette pas complètement, et elle ne comprend pas tout à fait non plus le désir de sa fille de se marier. On sent surtout qu’elle cherche à se positionner, à trouver sa place dans cet écartèlement entre des mondes en apparence lointains. Elle est souvent réservée, alors que le film accumule autour d’elle une multiplicité d’enjeux autant que de perspectives sur ceux-ci : le rapport à l’histoire (colonialisme, esclavage), le joug du patriarcat, l’acceptation de l’homosexualité, les relations mixtes… Les thèmes se dessinent au fil des célébrations pendant que la caméra passe d’un visage à l’autre pour traquer les réactions diverses durant les conflits et les discussions, ou que le montage alterne entre les témoignages sur un même sujet. C’est la belle ambition du film : rassembler des singularités, exprimer ce mouvement perpétuel qui unit la famille dans ses différences, une famille entendue ici de manière élargie, « une vraie fausse famille », comme dit Gomis dans les scènes d’audition. D’où l’importance des moments de communion, de danse et de musique, et d’où le fait que Dao, malgré toute la douleur qu’il porte en filigrane, se présente avant tout comme une œuvre joyeuse, vivante, enivrante, un 185 minutes de fête qui nous emporte et nous laisse un peu sonné·e·s, surtout ému·e·s par cette célébration d’une identité migrante. (Sylvain Lavallée)
Prochaine projection : 17 octobre à 13h00 (Quartier Latin)

prod. C'est Lovi Productions / Epicmedia Productions / Sine Olivia Pilipinas
LET US THROUGH, DEAR ANCESTORS
Lav Diaz | Philippines | 2026 | 151 minutes | Les incontournables
Dans les Philippines de 1617, le prêtre espagnol Padre Enciso oblige un groupe de locaux à acheminer un chariot de calcaire vers le site d’une église à construire, signe perfide de ses ambitions « civilisationnelles » et symbole de son mépris pour les spiritualités locales. Alors que les pierres sont transportées de peine et de misère à travers les sentiers forestiers, l’arrivée au village d’une guérisseuse surnommée la « femme intouchable » (interprétée par la réalisatrice Isabel Sandoval) menace l’autorité d’Enciso. Celle-ci se retrouve prestement emprisonnée lorsque le père s’inquiète de l’apparition d’une seconde autorité spirituelle, figure de grâce mystique et de résistance contre l’invasion coloniale. Mais de ce fait, l’ecclésiaste néglige l’avertissement d’une malédiction pour quiconque entrerait en contact avec la guérisseuse contre son gré.
C’est au travail du corps, à son effort obligé, auquel s’attarde ici le double récit de Lav Diaz : labeur patient de la captive, dont l’attente silencieuse dans la prison de fortune évoque la certitude d’une vengeance portée par des forces surhumaines ; peine souffrante du groupe d’hommes parcourant la jungle, tirant le poids des pierres et chutant l’un après l’autre. Le corps s’abime comme le territoire qui subit la partition coloniale, ses villages renommés et ses cultures décimées. Mais comme le démontre un superbe champ-contrechamp faisant communiquer la cime d’un arbre avec le regard enjoué de deux enfants villageois, une révolte silencieuse semble résider dans la jungle, trouvant ses racines dans la présence évanescente des ancêtres.
Let Us Through, Dear Ancestors, c’est d’une certaine manière la continuité de Magellan (2025), dans son examen renouvelé des conquêtes espagnoles aux Philippines et de la perversité impérialiste, dans sa manière de souligner encore une fois l’outrecuidance de ceux qui s’arrogent du droit divin et mortifère de l’évangélisation. Mais c’est tout à la fois le revers de ce film précédent, un récit qui enfin décadre l’étude de l’intériorité coloniale et de ses ravages moraux au profit de ses sujets philippins, un film qui étudie le fil ténu entre révolte et complicité sur lequel se balancent les populations locales. En remisant les images maritimes aux couleurs ondoyantes que recelait Magellan, magistrales à la fois par leur classicisme auteuriste comme par leur indéniable beauté plastique, Lav Diaz renoue avec son esthétique du noir et blanc, ses cadrages minutieux et son travail scénaristique romanesque. Le résultat est un film souffrant, dont l’écoute est ardue non pas par la lenteur de ses séquences mais par l’état de langueur progressivement atteint par les corps de ses personnages, par le caractère évanescent d’une révolte attendue qui n’apparaîtra jamais dans un éclat de violence satisfait, mais dans la confiance diffuse, nécessaire au renversement laborieux du pouvoir impérialiste. Conséquemment, l’incitation que prononce doucement l’un des aînés philippins, rare villageois qui conserve une posture de dur refus face aux colons, à « ne pas faire partie de la malédiction », s’entend au-delà du 17e siècle, comme une invitation actualisée à la solidarité anti-impérialiste, une nouvelle parole, ancestrale, de défense ininterrompue des souverainetés collectives. (Thomas Filteau)
Prochaine projection : 17 octobre à 20h30 (Cinémathèque québécoise)

prod. Avion Films / Atalante Productions / et al.
A DAY IN THE LIFE OF JO: CHAPTER PHAEDRA
Jacqueline Lentzou | Grèce / Allemagne / France | 2026 | 88 minutes | Panorama international
Les croyant·e·s sauront sans doute mieux apprécier que moi l’étonnante beauté de cet objet singulier, récompensé (avec raison) par le Prix de la meilleure réalisation dans la compétition Orizzonti du dernier Festival de Venise. Car si le film — qui relate l’assassinat d’une adolescente par la police athénienne — semble d’autant plus pertinent qu’il rappelle les exactions que subit actuellement la jeunesse française, son penchant pour la fantaisie spirituelle sabote en quelque sorte son potentiel social et politique. La proposition est simple : faire la chronique d’une journée dans la vie de Josephina (Evita Andriopoulou), une lycéenne tout ce qu’il y a de plus normale, capable de colère, de douceur, mais surtout d’émerveillement, jusqu’à l’événement tragique que l’on connaît. Vaguement inspiré par la mort d’Aléxandros Grigorópoulos qui a déclenché les émeutes de 2008 en Grèce, l’arc dramatique du film nous est familier. On comprend d’ailleurs d’emblée que tout est déjà joué, tel qu’en témoigne l’intervention liminaire de trois entités mystérieuses, qui envoient des rêves prémonitoires à Josephina depuis le hors-champ. Des objets clés du récit à venir se profilent alors à l’écran : les instruments de musique de l’école, la casquette ailée des Avalanches qu’elle portera plus tard et la douille qui viendra sceller son destin.
Malgré quelques scènes à saveur plus socioréaliste, particulièrement dans les rues de la ville, où les frictions entre les garçons rebelles et les flics à moto rappellent les événements ayant mené à la mort de Grigorópoulos, le film adopte une posture plus fantaisiste, rêveuse, voire impressionniste. On sent bien les ressorts classiques du conte initiatique adolescent, avec ses altercations intergénérationnelles, ses scènes de baisers dérobés dans les escaliers du lycée, ses moments de ras-le-bol dans le gymnase et ses déambulations urbaines, tournés avec une caméra intimiste à fleur de peau. Mais le tout est accompagné de nombreuses digressions, marqué par l’importance de la stimulation sensorielle, tel qu’en témoigne l’affection soudaine que développe Josephina pour la studieuse Phaedra et sa voix angélique, qui lui tire des larmes lors de l’une des scènes les plus hypnotiques d’un film déjà fort hypnotique. La caméra évoque même une forme de perception extrasensorielle, dans ses longs travellings choraux sur le corps des jeunes au travail dans les cours d’arts plastiques, ses plans mystérieux d’extérieurs lumineux frappés de lueurs étranges, ses inserts pensifs de ciels bleus et ses images à vol d’oiseau qui viennent connecter subrepticement différents lieux.
Si l’origine surnaturelle de la mise en scène omnisciente et aérienne du film nous est confirmée au dernier acte, on éprouve pourtant plus de plaisir, plus de satisfaction (mais aussi plus de chagrin) à y voir l’incarnation d’une sorte de curiosité, d’imagination et d’ultrasensibilité juvéniles. On y voit plus volontiers l’expression d’une vision enfantine, inquisitive, du monde, attachée à la beauté prosaïque des objets, des textures et moult merveilles qui se laissent encore découvrir par une jeunesse rêveuse. Et on est d’autant plus tristes quand cette vision s’évanouit soudainement après un tir de police. Car c’est ça le vrai drame que laisse entrevoir A Day in the Life : le sacrifice d’une perspective curieuse, rebelle, joviale, libre, voire utopique sous l’action d’un État disciplinaire illégitime, avide d’écraser l’imaginaire et les aspirations de la population. De sorte qu’il est dur de recevoir la finale ésotérique et remplie d’espoir du film, dont la prédilection pour le surnaturel semble s’exercer au détriment d’une réalité sociale qu’il nous incombe plus que jamais de dénoncer. (Olivier Thibodeau)
Prochaine projection : 18 octobre à 15h30 (Quartier Latin)

prod. Momo Film Co / Aview Images
THE HOUSE ON THE MOON
Nelson Yeo | Singapour / Indonésie / Taïwan / Allemagne | 2026 | 99 minutes | Compétition internationale
Le titre du nouveau film de Nelson Yeo doit être pris au pied de la lettre, l’action se déroulant littéralement sur la Lune. Tandis que notre planète se meurt, une immortelle entame une quête funeste sur son satellite. L’homme qu’elle aime, un archer légendaire, est incarcéré quelque part sur sa surface hostile, peuplée de dieux et de déesses déchue·e·s.
Dès ses premières images lumineuses, The House on the Moon nous propulse ailleurs, sans carte ni boussole. Quiconque n’est pas déjà familier·ère avec la mythologie chinoise risque d’être déconcerté·e par ce voyage cosmique. Yeo ne cherche pas à contextualiser le récit millénaire de la déesse Chang Er, ses personnages n’ont donc pas à se présenter. Audacieux, ce choix peut rebuter, mais il mérite toutefois le respect, ne serait-ce parce qu’il tient tête à une forme d’embourgeoisement culturel. Alors que tant de produits festivaliers sont conditionnés pour un public international, ce film célèbre un patrimoine folklorique sans viser l’universalité. Il serait absurde en 2026 de reprocher cette démarche à Nelson Yeo tout en saluant The Odyssey (2026) de Christopher Nolan.
S’il refuse admirablement de céder aux règles du marché, le cinéaste singapourien fait face à d’autres contraintes de nature budgétaire. Le périple de Chang Er (Lim Shi-An) s’avère économe, bricolé avec des effets visuels peu convaincants. Difficile à ignorer, le caractère artisanal de l’œuvre se marie mal avec sa portée épique. L’emploi du numérique, par exemple, aplanit des paysages en compromettant leur capacité d’émerveillement. Se réclamant du wu xia, sous-genre auquel appartient Crouching Tiger, Hidden Dragon (2000), The House on the Moon ne peut se permettre qu’une seule scène de combat. Il compense pourtant pour ses faibles moyens par le biais d’une focalisation sur l’errance de l’héroïne. Cette dernière traverse d’immenses espaces vides qui, au fil d’un temps qui s’écoule indéfiniment, en viennent à refléter ses états d’âme. La vacuité des lieux la confronte à ses doutes, ses remords ainsi qu’à un désir inavouable d’interrompre sa mission. En dépouillant le wu xia de son potentiel spectaculaire, Nelson Yeo réussit ainsi à humaniser ses incorruptibles figures. Le minimalisme de son long métrage ne doit pas être considéré comme une faiblesse. Au contraire, cette esthétique dépouillée ne fait qu’attester la puissance évocatrice du sujet.
Par moments, le vagabondage de Chang Er semble devoir perdurer. Aussi courageuse soit la protagoniste, la possibilité qu’elle n’atteigne jamais sa destination terrifie. Peut-être cherche-t-elle toujours son conjoint, en arpentant vainement le sol lunaire. Cette flânerie, à laquelle le film invite, révèle la nature même de toute cosmogonie ancrée dans des contes mythologiques. Une légende est une histoire sans fin, elle se poursuit tant et aussi longtemps qu’elle est racontée. The House on the Moon incarne ainsi l’éternité des récits fondateurs, dont la pérennité émeut encore aujourd’hui, alors les héros·ines antiques flottent ad vitam aeternam dans l’azur cosmique de notre imaginaire. (Simon Laperrière)
CŒUR SECRET
Tom Fontenille | France | 2026 | 88 minutes | Panorama international
Derrière son apparente simplicité, Cœur secret cache une étonnante complexité, gracieuseté du montage de Marie Bottois, qui cultive habilement la notion de parallélisme et relève dans ce portrait documentaire intimiste plusieurs thèmes universels. Choisissant de relater la transition de son géniteur, qui, passé 60 ans, décide de transcender sa passion pour le travestissement en changeant (physiquement et légalement) de sexe et en adoptant le prénom de Lilou, Tom Fontenille creuse plus largement l’histoire des non-dits qui plombent depuis toujours sa vie familiale. Œuvrant à un processus thérapeutique ancré dans l’actualisation d’un rêve secret, il parvient simultanément à révéler les pensées profondes de sa fratrie (qui inclut aussi sa sœur Manon), exaspérée par la froideur émotionnelle d’un parent dont on pourrait attribuer le détachement à un mal-être identitaire intrinsèque. Le film contribue ainsi à un vaste effort de libération ancré dans un triple deuil : celui de la mère du réalisateur, Yolande, décédée dix ans auparavant, celui de Lilou, décédée lors du tournage, mais surtout celui des inimitiés qui règnent entre tous·tes, avec, à la clé, un message d’espoir sur la possibilité pour les gens de changer. Même à 60 piges.
Le film débute avec les funérailles de Lilou, dont les cendres sont enterrées au pied d’un arbre. Puis, l’on aperçoit l’image du fils posant une photo d’elle sur son piano (dont la surface lustrée nous renvoie son propre reflet). Du passé surgit ensuite l’écho de notes pianotées, suivi de la réapparition de la défunte, dans une séquence tournée avant sa transition où on la voit derrière son instrument. Avec ces quelques plans, le film fait déjà beaucoup de choses, annonçant subrepticement toute sa densité discursive en évoquant le pouvoir restitutif du médium, qui s’érige en mémoire vivante où s’entremêlent le présent et le passé ; il souligne aussi un échange de regards intergénérationnel qui culmine dans l’idée d’acceptation, en l’occurrence dans la célébration de Lilou en tant que femme. S’ensuit une autre séquence révélatrice où son sujet met cartes sur table, avouant son penchant pour le travestissement et reconnaissant farouchement son insensibilité émotionnelle, trait qui provoquera moult frictions interpersonnelles au sein de cet hommage à la fois respectueux et critique.
Doté d’une mise en scène qui s’apparente au film de famille, où il n’existe pour ainsi dire pas de quatrième mur, la caméra délaissant parfois les sujets dans un hors-champ où s’intensifient les discussions, Cœur secret bénéficie avant tout de la franchise crue des intervenant·e·s, non seulement autour du processus de transition, mais surtout dans l’art de laver son linge sale en famille. Le cinéaste ne se dérobe pas et aborde frontalement les questions difficiles, voire épineuses, allant jusqu’à filmer des moments de chicanes familiales dans de longs plans ininterrompus et à collectionner les coups de sang de son sujet (une vieille gauchiste grognonne, mais adorable, qui déteste les VUS), au fil d’un cheminement vers le bonheur qui passe par l’introspection et l’affirmation identitaire. Usant de la transition comme canevas narratif, le film suit un parcours dramatique organique qui culmine d’une façon tout aussi doucement tragique que l’introduction, avec la mort de Lilou, identifiée dans le journal comme une femme, fidèlement à ses souhaits. Ce parcours accumule joyeusement, en filigrane, des constatations d’ordre général qui viennent nous interpeller en épaississant le propos du film : l’absurdité des rôles genrés, la caution morale de la haine que provoquent les succès de l’extrême droite française, mais surtout le pouvoir universel de changer, dans un rejet célébratoire du fatalisme qui s’impose comme un baume au cœur. (Olivier Thibodeau)
Prochaine projection : 17 octobre à 14h30 (Quartier Latin)
PARTIE 3
(Dao, Let Us Through Dear Ancestors,
A Day in the Life of Jo: Chapter Phaedra,
The House on the Moon, Cœur secret)
PARTIE 4
(à venir...)
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