ANIMATION INDÉPENDANTE AU CANADA : Animation communautaire
L’équipe Infolettre   |

Fantasia 2022 : Partie 5

Par Thomas Filteau, Sylvain Lavallée et Olivier Thibodeau


prod. Emperor Motion Pictures, Er Dong Pictures - Beijing

DETECTIVE VS. SLEUTHS
Wai Ka-Fai  |  Hong Kong  |  2022  |  110 minutes  |  Compétition Cheval Noir

Il n’y a peut-être pas de citations philosophiques devenues plus clichées que l’aphorisme de Nietzsche nous conseillant de ne pas regarder trop longtemps dans l’abime, au risque d’y tomber et de devenir soi-même un monstre. Cela n’empêche pas Wai Ka-Fai de l’invoquer encore et encore, en allemand pour faire bonne mesure, et de l’illustrer de façon grossièrement littérale, avec un ex-policier hallucinant des démons. Loin d’être un défaut, il s’agit de la stratégie même du film, un hommage au cinéma d’action hongkongais des décennies 1980 et 1990, reprenant tous les clichés du genre afin de les faire imploser à force de les prendre au pied la lettre. En témoigne aussi le protagoniste principal, le « chosen sleuth » (le limier élu), qui n’est pas qu’un détective à l’intuition particulièrement aiguisée, mais un homme carrément possédé par son métier, par l’esprit des victimes à venir. Son don inspire un groupe d’hors-la-loi à se venger en éliminant les véritables coupables d’affaires criminelles qui auraient été mal résolues, tous les ingrédients du genre étant dès lors réunis : le parallèle entre policier et malfaiteur (d’où la citation de Nietzsche, le cinéma hongkongais étant obsédé par cette idée), la vengeance, le flirt avec le surnaturel, le mélodrame (parfaitement ridicule) qui débarque en fin de parcours, le tout sur un rythme frénétique passant d’une fusillade à l’autre en nous laissant peu de temps pour respirer.

Autrement dit, Detective Vs. Sleuths est aussi jouissif qu’absurde, un cinéma de l’excès qui assume son jusqu’au-boutisme au risque de tomber dans la parodie. Wai Ka-Fai n’est certes pas Johnnie To, une comparaison qui s’impose puisqu’ils ont souvent travaillé ensemble, sur Mad Detective (2007) notamment, une coréalisation scénarisée par Wai qui relate une autre histoire de détective aux dons psychiques. Il n’y a donc aucune élégance, ni finesse dans la mise en scène, le montage de l’action laisse parfois place à la confusion et le recours à un CGI médiocre pour les explosions et la violence gâche quelque peu le plaisir. De la même manière que le « chosen sleuth » peut aussi bien être vu comme un schizophrène que comme un visionnaire, Detective Vs. Sleuths oscille entre la stupidité et le génie en brouillant la frontière entre les deux. Cela risque sûrement d’en laisser plusieurs perplexes, mais pour apprécier ce type de film, il faut accepter d’en embrasser la folie, en se délestant des notions de cohérence ou de vraisemblance, caduques dans le contexte – le spectateur pourra alors se délecter de ce spectacle de la démesure que le cinéma hongkongais maîtrise si bien. (Sylvain Lavallée)

 


prod. Syeyoung Park

THE FIFTH THORACIC VERTEBRA
Syeyoung Park  |  Corée du Sud  |  2022  |  62 minutes  |  Section Underground

Prochaine projection: Mardi 26 juillet à 19 h 15

Assise sur le matelas négligemment déposé au sol d’un nouvel appartement, aux côtés de son copain qui lentement s’assoupit, Gyeol (Hyein Moon) relate des évènements survenus au travail. Elle ressasse sa plongée dans les eaux du fleuve Han, qui traverse Séoul, pour étudier et comptabiliser les ossements de marsouins déposés dans ses profondeurs. Très vite, le décompte (plus de 400 cadavres) lui parut excessif. Les bagues et les colliers attachés aux cadavres mènent à l’évidence : les restes qui gisent dans les bas-fonds du fleuve sont des corps humains, accompagnés de sacs remplis de photos de famille qui représentent des secrets et des souvenirs en processus d’oubli. Cette histoire n’est racontée qu’au passage, mais elle résume parfaitement l’attachement de The Fifth Thoracic Vertebra pour les moments où ce qui avait été enfoui semble reprendre vie et remonter à la surface.

À l’image des cadavres retrouvés, quelque chose s’active à l’intérieur du matelas de Gyeol, laissé un instant de trop sous la neige au cours du déménagement. Des taches apparaissent, forment une bactérie fongique qui ne cesse de grandir, selon une logique abstraite du transvasement et de la contamination. Alors que la relation du couple s’étiole, les paroles tranchantes échangées semblent nourrir la bête d’une pulsion inexpliquée, le désir de s’emparer d’une vertèbre chez quiconque s’approche du matelas. Lorsque quelque chose s’éteint, une autre se nourrit de sa ruine et vient au monde.

Le film de Syeyoung Park se déplie comme une suite de segments dans lesquels le matelas maudit passe de lieu en lieu, de victime en victime, sautant de l’appartement susmentionné jusqu’à l’hôpital, en passant par le love hotel. À chaque espace traversé, le ton se déplace davantage de l’horreur tentaculaire à la tendresse potentielle, le film de monstre se mouvant en vague récit d’apprentissage et d’errance alors que la créature dépasse son caractère meurtrier et se meut en figure mélancolique. The Fifth Thoracic Vertebra use de sa mise en scène pleine d’assurance, baignant chaque scène d’une dense couche de lumière colorée, pour osciller dans l’espace entre le magnifique et le repoussant propre à la moisissure. Dans ce récit sur ce qui survit à la mort et refuse de disparaître, on opte finalement pour se moquer de cet espoir ignorant, de cette fourberie utilitaire, qui croit que retourner le matelas suffit pour évaporer la trace. (Thomas Filteau)

 


prod. Irving Harvey, Neon Heart Productions, Smudge Films

GIVE ME PITY!
Amanda Kramer  |  États-Unis  |  2022  |  88 minutes  |  Camera Lucida

La singulière ironiste et esthète Amanda Kramer poursuit ici de façon escomptée l’exploration satirique de l’Americana qu’elle avait amorcée dès ses premiers courts métrages, misant pour ce faire sur un scénario savoureux, une esthétique rétro délirante et une performance exceptionnelle de sa comédienne principale. Or, cette dernière n’est nulle autre que Sophie Von Haselberg, la fille de Bette Midler, qui reprend ici le rôle d’amuseuse infatigable de cette dernière, mais avec une pointe salutaire de vitriol. Flanquée de son équipe technique habituelle (Patrick Meade Jones à la direction photo et Benjamin Shearn au montage), la réalisatrice s’inspire du glamour nostalgique de Requests (2017), Sin Ultra (2019) et Please Baby Please (2022), ses trois plus flamboyants films musicaux, pour créer un spectacle de variétés tour à tour fascinant, burlesque et angoissant. S’imposant comme une étrange revue psychanalytique, le film est construit sous la forme d’un television special où la névrotique Sissy St. Claire (Von Haselberg) tient le rôle d’hôtesse et de personnage central dans une série de sketches et de numéros musicaux de plus en plus troublants, tournés devant un public dont les applaudissements deviennent de plus en plus rares. En effet, si St. Claire nous apparaît d’abord comme une vedette légèrement excentrique, sa façade commence rapidement à craquer, dévoilant moult obsessions et jalousies malsaines larvées dans sa poursuite pathologique de la célébrité, finissant par s’imposer comme le visage d’un peuple malade pour qui la poursuite pathétique de la notoriété provoque l’érosion inévitable de sa santé mentale.

Faisant preuve de son économie scénographique habituelle, l’autrice et son équipe émulent à merveille la mise en scène des spectacles de variétés, où seules les permutations de costumes et de décors différencient les sketches. Ils émulent également à merveille l’esthétique vieillotte de ce type de productions désuètes, dans un style qui n’est pas sans rappeler le mauvais goût, la saturation chromatique et l'esthétique analogique typique des années 1980 que l'on retrouve dans Requests. Comme c’est le cas dans les spéciaux télévisés dont le film s’inspire, c’est la vedette qui sert ici d’assise au spectacle, vedette qui, sous le poids de cette responsabilité, croule et voit son échine se fendre graduellement. Auréolée de la lumière douce et des paillettes scintillantes qui pourraient faire de quiconque un objet de consommation mass-médiatique, St. Claire s’évertue comme une femme-orchestre dans une agence de casting, mais ne trouve dans sa quête pour l’amour des masses que les reflets déformants de sa propre obsession, qui s’incarnent dans diverses figures ténébreuses et les relents pestilentiels d’une machine de divertissement anthropophage. Les lettres d’admirateurs, initialement complaisantes, deviennent grossières, puis méprisantes, les blagues scabreuses sur le monde du showbiz se profilent violemment, les amusantes anecdotes se transforment en amères confessions, au gré de la désintégration en direct d’une star vedette qui s’apparente à un sacrifice rituel. Comble de cette ironie acérée qui caractérise le film, les chants patriotiques de la première partie cèdent finalement au numéro titulaire, qui vient consacrer le film comme lamentation implorante des membres d’un star-system à obsolescence planifiée dont le désir de plaire provient d’une insécurité et d’une carence d’amour fondamentale. (Olivier Thibodeau)

 


prod. Sidestilt

THE PEZ OUTLAW
Bryan Storkel et Amy Bandlien Storkel  |  États-Unis  |  2022  |  86 minutes  |  Documentaire de la marge

Prochaine projection : Lundi 25 juillet à 14 h 30

Conçu comme une sorte de ­feel good true crime, The Pez Outlaw retrace l’histoire de Steve Glew, un homme qui a fait fortune, pour un temps, dans les années 1990 en faisant de la contrebande de distributeurs de bonbons Pez. La prémisse a de quoi fasciner, surtout pour quelqu’un qui ne voit dans ces friandises qu’une relique d’enfance, connue surtout à travers la télévision américaine : comment opérer un trafic illégal de ces vulgaires objets de plastique, à peine des jouets, qui, une fois leur travail accompli, se retrouvaient vite aux vidanges? Glew était là au bon moment, quand ces bonbons étaient en vogue, quand la compagnie avait négligé de bien remplir sa paperasse pour interdire l’importation de Pez étrangers (la filière américaine contrôlant l’exclusivité de son territoire), et quand il y avait un cercle de collectionneurs prêts à payer des milliers de dollars pour acquérir les exemplaires les plus rares de ces distributeurs portatifs. Les cinéastes tirent profit du décalage entre le crime anodin de Glew, le côté incroyable de son aventure, et une esthétique reproduisant son imaginaire, alors qu’il raconte son histoire en se présentant tour à tour comme dans un film noir, un roman d’espionnage à la Tom Clancy (son auteur préféré) ou dans la chocolaterie de Willy Wonka, lorsqu’il met les pieds dans le monde merveilleux des usines Pez en Europe de l’Est. C’est là la plus grande réussite du film, épouser le point de vue de son sujet avec respect et sincérité, ce qui permet de bien mettre en scène et valoriser le combat inspirant de Glew contre une corporation, et en particulier contre son « Pezident », devenu l’ennemi juré de notre hors-la-loi des confiseries.

Mais c’est aussi la limite du film : ce désir d’en rester aux bons sentiments, à l’illustration du rêve américain, effaçant ainsi les aspects les plus sombres de l'histoire. À plusieurs reprises Glew confie ses tendances dépressives, sa bipolarité, son trouble obsessionnel compulsif, mais les cinéastes passent très rapidement sur ces moments, se contentant d’une musique triste et de quelques mots vagues du type « it was a difficult time ». Il est pourtant évident qu’il y a un lien entre ces troubles de personnalité et l’impulsion du collectionneur, ce qui n’est jamais véritablement exploré, même si la question de la collection est au cœur de l’œuvre, que ce soit à travers Glew lui-même ou les divers intervenants, pour la plupart des fans de Pez. Le film se concentre plutôt sur les propos du protagoniste, qui insiste pour dire qu’il a trouvé « qui il est », qu’il a réussi à tirer du bon de sa condition, et, sans nier la beauté de cette leçon on-ne-peut-plus américaine (le remake fictionnel ne saurait tarder), en l’absence de contraste entre les hauts et les bas du héros, force est d'admettre que quelque chose se perd. Cela dit, The Pez Outlaw demeure fort sympathique, comme Steve Glew, dont le rire contagieux et les talents de conteur savent charmer le spectateur. (Sylvain Lavallée)

 


prod. Les Films du Carré, Okayss Prod.

MEGALOMANIAC
Karim Ouelhaj  |  Belgique  |  2022  |  100 minutes  |  Compétition Cheval Noir

Prochaine projection : Dimanche 24 juillet à 11 h 00

Il y a de ces films qui, malgré une certaine recherche esthétique, s’apparentent à des trophées de chasse pour fétichistes de l’odieux, poursuite dont je m’avoue finalement las après deux décennies à fouiller les recoins les plus sombres de la cinématographie mondiale à la recherche des pires excès misanthropes. J’hésite ici entre la comparaison avec les prétentions caravagiennes de A Serbian Film (2010) (ou l’idée glissante de l’art comme sanctuaire de la dépravation) et l’ignominie surproduite de Golden Glove (2019) qui, comme le présent film, laisse les spectateurs cois par effet de choc et surdose de sordide. Dans un caveau humide, passé une barrière de métal encadrée de coulisses noirâtres, une femme ensanglantée, enchaînée à un mur, donne péniblement naissance, sous l’œil d’un boucher à l’air patibulaire qui tend ensuite la pouponne à un jeune garçon mi-terrifié, mi-fasciné dans une série de plans grotesquement esthétisants. C’est la genèse de Félix et Martha, les enfants du Dépeceur de Mons, que ce dernier aurait engendrée en utilisant ses victimes comme pondeuses. Or, rien que pour imaginer une telle uchronie — le célèbre tueur en série belge n’ayant jamais été identifié — il fallait bien le vouloir au départ… Le reste du film se déroule comme une psychanalyse grand-guignolesque et une illustration ampoulée du quotidien abject des deux descendants dégénérés du bourreau (lui massacre mesquinement des femmes, elle se fait violer à l’usine par des collègues bestiaux qui font pâlir les misogynes en col blanc de L’employée du mois [2022]), l’ensemble photographié dans une palette vert-de-gris déployée pour inspirer le dégoût. Et, dans l’absence de cet humour salutaire qui, dans la série B, nous aide à naviguer de tels cloaques, ni la mise en scène picturale soignée du film, ni ses éclairages expressionnistes travaillés, ni ses somptueux décors déliquescents ne parviennent à nous égayer.

Égayer est peut-être un mot mal choisi au vu de l’incessante quête du laid, de l’esthétique du laid (un oxymore), que constitue le projet du cinéaste Karim Ouelhaj qui, lorsqu’il n’est pas en train d’imaginer des cauchemars horribles pour étoffer la psychologie de ses personnages, de détailler quelque intérieur glauque (dans le vaste terrain de jeu scénique que constitue la maison délabrée de la fratrie), de nous accabler de l’existence misérable de tous les personnages diégétiques, s’affaire à exhiber sa présence dans des scènes d’une violence inouïe. L’auteur souligne ainsi notre propre présence et notre complicité tacite dans les atrocités qui se déroulent à l’écran. En effet, si l’on s’assure ici de bien recadrer le visage terrifié de la victime durant les scènes de viol, c’est aussi pour nous impliquer dans l’action, comme lorsqu’on traque la travailleuse sociale qui rampe au sol en recevant des coups de marteau sur la tête ou lorsqu’on accompagne le charmant et exsangue Félix lorsqu’il sort de son véhicule pour brutaliser quelque pauvre femme qui retourne chez elle la nuit. Égayer, c’est tout le contraire de ce que l’œuvre se propose de faire, sauf pour cette parcelle d’explorateurs curieux des bas-fonds de l’esprit humain, pour les cinéphiles masochistes, misanthropes ou misogynes. Quant aux esthètes, auxquels le film prétend s’adresser, ils seront sans doute mieux avisés de chercher à se sustenter ailleurs dans la programmation du Festival — et plus spécialement dans cet humanisme japonais lumineux dont celle-ci déborde, où le soin accordé à l’image se conjugue avec le soin donné aux êtres qu’on y représente. (Olivier Thibodeau)

 


prod. Sardinha em Lata, Midralgar, Basque Films, Caretos Film

MY GRANDFATHER'S DEMONS (OS DEMÓNIOS DO MEU AVÔ)
Nuno Beato  |  France/Espagne/Portugal  |  2022  |  85 minutes  |  Section Axis

Enrobé d’un récit de retour à la nature plutôt convenu, rempli d’enjeux usés, opportuns néanmoins face à l’urbanisation et le carriérisme rampants qui menacent aujourd'hui d’engloutir l’humanité, My Grandfather’s Demons n’en est pas moins une merveille (technique et spirituelle). Une œuvre capable de capter toute la beauté d’un monde menacé par l’abstraction capitaliste, l’égoïsme, le mépris et la lutte des classes, mais que peuvent éventuellement sauver l’ouverture aux autres, le don de soi, le partage et l’amour de la nature. Un film qui oppose le communautarisme rural traditionnel aux dérives individualistes de la société urbaine postindustrielle, un peu comme le cinéma hollywoodien de l’Âge d’Or, dont les valeurs vieillottes retrouvent ici tout leur sens face à l’absurdité de cette foire d’empoigne que nous osons toujours qualifier de « société ». Le récit nous permet en outre ici d’échapper au déterminisme familial, alors que la protagoniste s’affaire à combattre les engeances titulaires afin de se racheter auprès de l’univers. Premier long métrage portugais d’animation en volume (stop motion), le film constitue autant un festin pour les yeux que pour l’âme, doté d’une grammaire cinématographique complexe qui en dynamise la mise en scène et permet l’ostentation ad hoc d’un univers somptueusement détaillé, minutieusement conçu, éclairé brillamment et d’une impressionnante fluidité. Tout le film n’est pas conçu en volume, cependant, et le contraste est choquant, mais révélateur, entre la laideur de l’ombrage celluloïde initial et l’envoûtant microcosme de papier mâché dans lequel nous pénétrons par la suite.

D’autres films, Ghost in the Shell 2: Innocence (2004) par exemple, amalgamaient déjà les styles d’animation pour évoquer une cassure entre le « réel » et un aliénant monde virtuel. C’est le cas ici, alors que la situation initiale d’une protagoniste arriviste, affublée du titre de « cochon doré » dans son bureau du centre-ville, est narrée dans un style d’animation schématique et artificiel. Ce n’est qu’à son retour sur la terre de son grand-père décédé, dans la campagne portugaise septentrionale, que la diégèse desquame et devient photoréaliste. Ce changement marque le début du parcours initiatique de l’héroïne vers la décence et de son émancipation subséquente du legs monstrueux hérité d’un patriarche dont la vie amère nous est racontée dans une série de flash-backs qui s’apparentent à des cauchemars. Ainsi, tranquillement, la mort cède à la vie, alors que Rosa se lie d’amitié avec les villageois locaux, plus charmants et pittoresques les uns que les autres, et cherche à ramener chez eux l’eau gardée jalousement par son grand-père, un riche et avaricieux propriétaire terrien. Toujours palpitant de vie, grâce notamment à un travail sonore sublime qui donne vie à l’adorable chat siamois qui sert de compagnon à Rosa, le film se gorge tranquillement de lumière et nous laisse entrevoir un monde idéal où apprécier le moment présent n’est plus synonyme de mettre à jour son compte Instagram, où le scintillement des étoiles remplace le scintillement des écrans, où les calendulas remplacent les cubicules et où l’entraide remplace l’avancement personnel. Vraiment de quoi aller miauler en chœur ! (Olivier Thibodeau)


 

INTRO

PARTIE 1
(Polaris, The Diabetic, My Small Land,
The Tales of the Party Pooper Monster, The Heroic Trio)

Face/Off

PARTIE 2
(Aspirational Slut, Coupez !, The Fish Tale,
All Jacked Up and Full of Worms, Popran)

PARTIE 3
(Lynch/Oz, L'employée du mois,
The Cow Who Sang a Song Into the Future, From.Beyond)

Entrevue : John Woo

PARTIE 4
(Les pas d'allure, One and Four, Sissy, The Harbinger)

PARTIE 5
(Detective Vs. Sleuths, The Fifth Thoracic Vertebra, Give Me Pity!,
The Pez Outlaw, Megalomaniac, My Grandfather's Demons)

PARTIE 6
(Chorokbam, Vesper, Happer's Comet, The Breach, Skinamarink, Shari)

PARTIE 7
(We Might as Well Be Dead, Opal, Resurrection,
Inu-Oh, Freaks Out, Monsieur Magie)

PARTIE 8
(Speak No Evil, Island of Lost Girls, Deshabitada, Ring Wandering)

Il demonio

PARTIE 9
(Country Gold, Whether the Weather Is Fine, Cult Hero,
Incroyable mais vrai, Compulsus, Next Sohee)

 Entrevue : Shinji Higuchi

Maigret

Topology of Sirens

Shin Ultraman

Envoyer par courriel  envoyer par courriel  imprimer cette critique  imprimer 
Article publié le 24 juillet 2022.
 

Festivals


>> retour à l'index