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Découvertes dans la pénombre, un hommage à Camera Lucida

Par Kurt Halfyard

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[Tim Hunkin]

 

Avez-vous envie de voir quelque chose d’étrange ? Souhaitez-vous le faire dans une salle remplie de personnes ouvertes d’esprit qui aiment débusquer l’inhabituel, l’inquiétant, l’inattendu ?

Chaque année, sur plusieurs semaines, le Festival international du film Fantasia sonde les recoins bizarres et extravagants du cinéma mondial pour offrir une pétillante brassée de sagas martiales chinoises, de films de zombies africains, de drames policiers queers, de farces érotiques européennes, de comédies gore américaines, et de stop motion autochtone. C’est un festival de films de genre résolument inclusif, souvent surnommé à la blague (mais pas tout à fait ironiquement non plus) « camp d’été pour cinéphiles obsessif·ive·s » en raison des rassemblements et des échanges qu’il inspire entre cinéastes internationaux·nales, fanatiques enthousiastes et étudiant·e·s de l’Université Concordia qui cherchent à prendre une pause de la canicule humide durant l’étouffant été montréalais.

La question qui se pose n’est pas tant « pourquoi aller au cinéma », mais plutôt « comment aller au cinéma ? ». Pourquoi choisir la seule et unique projection d’une œuvre dans un festival, plutôt qu’un film présenté quatre fois par jour pendant plusieurs semaines dans une salle ordinaire ? Et si on opte pour un festival de cinéma, alors quelle sorte de festival trouve notre préférence ? Un événement dédié au cinéma mondial ? Aux cinéastes québécois·e·s indépendant·e·s ? Aux documentaires ? Au cinéma de genre ? La paralysie décisionnelle s’avère bien réelle lorsqu’il s’agit de choisir — et tout spécialement face à l’offre quasi illimitée d’événements culturels saisonniers que présente une ville comme Montréal.

Ces questions vont aussi plus loin. Il existe aussi des festivals à l’intérieur des festivals — des fest-ceptions ! Chaque année, par exemple, au moins quatre festivals parallèles se déroulent dans le cadre de Fantasia.

L’un d’entre eux, blotti dans son propre petit coin tranquille et inattendu, c’était la section Camera Lucida. En activité de 2010 à 2023, relativement sous le radar pour la plupart des gens, elle proposait une sélection incontournable aux personnes qui partageaient sa singulière longueur d’onde.

L’auteur et critique Simon Laperrière, le créateur de Camera Lucida et son programmateur original, en a commissarié les sept premières années. J’ai discuté avec lui de ses débuts :
 

« Tout a commencé avec une idée qui nous était venue, à Mitch Davis et moi, après mon arrivée dans l’équipe de Fantasia en 2007. Le plan initial était de créer une section vouée aux films de genre d’auteur·trice. J’ai oublié le nom que nous avions trouvé à l’époque, mais c’était quelque chose comme “Les yeux transfigurés”. Notre problème principal était la quantité énorme de films que nous avions inclus — plus d’une vingtaine. Il fallait qu’on réfléchisse davantage au projet, puis on l’a laissé tomber. En 2009, on est revenus à la charge avec un spotlight, intitulé [cette fois-ci] “Vers les étoiles : Cerebral Science-Fiction Cinema”. Le titre était une référence à La divine comédie de Dante. La programmation incluait entre autres 8th Wonderland [Nicolas Alberny et Jean Mach, 2008], Canary [Alejandro Adams, 2009], The Clone Returns Home [Kanji Nakajima, 2008] et La possibilité d’une île [Michel Houellebecq, 2008]. Chacun de ces films a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme. C’était un signe que notre public était ouvert aux œuvres singulières, qui repoussaient les limites du cinéma de genre. Si Camera Lucida avait un précurseur, c’était bien ce programme spécial. »


Dans les jours précédant l’été 2010, Simon a personnellement insisté sur la création d’une nouvelle section inspirée du programme Vers les étoiles. Plusieurs festivals à l’époque étaient déjà dotés d’une section parallèle plus cérébrale et audacieuse : Cannes avait Un Certain Regard, le TIFF avait Vanguard (souvent considérée comme la sœur aînée plus cool et plus allumée de la section Midnight Madness, quoiqu’elle soit maintenant défunte). L’idée ne faisait pas l’unanimité. Certain·e·s programmateur·trice·s s’y opposaient, estimant que le Festival n’avait pas besoin d’une section séparée, ou que Camera Lucida serait trop intellectuelle, trop rébarbative pour un festival populaire dont le nom et l’origine s’étaient inspirés des mots « FAN » et « ASIA » à l’époque du grand boum du cinéma d’action hongkongais dans les années 1990. Le nombre de films présentés était aussi problématique — un défi qui perdurerait tout au long des 14 années d’existence de Camera Lucida.



:: Canary (Alejandro Adams, 2009) [Canary production]


:: La possibilité d'une île (Michel Houellebecq, 2008) [Mandarin Films / Black Forest / et al.]


Quelques mois plus tard, le 29 juin 2010, le communiqué de presse se lisait pourtant comme suit :


« Une nouvelle section s’ajoute cette année au programme du Festival Fantasia à Montréal. Après DOCUMENTAIRES DE LA MARGE et LE FANTASTIQUE WEEK-END DU COURT MÉTRAGE QUÉBÉCOIS, le Festival de films Fantasia lance cette année une nouvelle section, CAMERA LUCIDA, en référence à Roland Barthes qui a toujours montré une passion assumée pour la culture populaire. Rebelle, curieuse et novatrice, cette nouvelle section présentera au public les tendances du cinéma de genre actuel. »
 

Le programme a démarré sur les chapeaux de roue. La farce d’horreur méta Rubber de Quentin Dupieux (2010) était un film surréaliste sur la fureur meurtrière d’un pneu intelligent. Le pneu, nommé Robert, était sur place pour présenter le film. La même année, la satire musicale ironique anglo-malaisienne (« malaise » ?) Sell Out! (Yeo Joon Han, 2008) donnait dans l’autodérision et ridiculisait diverses personnes et institutions de ce coin de l’Asie, depuis les chefs d’entreprises et les bureaucrates jusqu’aux artistes des circuits de cinémas d’art et d’essai. La célèbre projection à l’amphithéâtre Hall a poussé l’auditoire entier à chanter spontanément au milieu du film. Simon m’a révélé que Sell Out! était le premier titre officiellement choisi pour Camera Lucida.

Parmi les autres titres sélectionnés pour ce premier tour de piste, mentionnons l’adaptation d’un roman du génie polonais de la science-fiction Stanislaw Lem (Solaris), réalisée par un directeur artistique hongrois nommé Pater Sparrow. Le film était simplement intitulé 1 (2009). Paranoïaque et abstraite, l’intrigue incluait des livres, la notion de propriété intellectuelle, une allégorie politique et des images impénétrables. Quelques années plus tard, Sparrow concevrait les décors de Duke of Burgundy (2014), le film culte instantané de Peter Strickland sur l’érotisme lesbien et la domination sexuelle. Complétant la sélection de cette année inaugurale, la fable fantaisiste Air Doll (2009) du maître japonais Hirokazu Kore-eda mettait en vedette la future star mondiale Bae Doo-na dans un drame tranquille sur la solitude et la découverte de soi.

Sous la gouverne de Simon, le programme a gagné en envergure et en insolence auprès des gens qui recherchaient les titres les plus étranges et les plus exigeants du catalogue tentaculaire de Fantasia. La grande majorité des titres seraient présentés dans la salle J. A. De Sève de l’Université Concordia, plus petite et plus intime, avec son aménagement plus proche de celui d’une salle de conférence que d’une salle de cinéma typique. Après tout, la régie du son était installée au milieu des rangées de sièges vers la gauche de l’écran et pouvait offrir un siège d’appoint supplémentaire, ou la possibilité de recharger un téléphone ou un ordinateur portable mourant pendant une projection. Ce n’est une surprise pour personne d’apprendre que les films les plus cools, les plus bizarres et les plus exigeants étaient traditionnellement montrés dans la salle De Sève. Souvent, les spectateur·trice·s sortaient d’une projection après avoir vécu un événement rassembleur, un moment de communion collective réservé à une poignée de témoins seulement, ou peut-être même après avoir subi un léger traumatisme causé par une œuvre qui serait allée trop loin.
 


:: Sell Out! (Yeo Joon Han, 2008) [Amok Films]


:: Orion (Asiel Norton, 2015) [Traction Media / Zyzak Film Company]


L’une des représentations les plus controversées a été celle d’Orion (Asiel Norton, 2015), un film de survie postapocalyptique sombre, imprégné de références au black métal (malgré son déroulement presque silencieux et l’absence totale de riffs thrash). Même les admirateur·trice·s les plus fervent·e·s du bizarre et de l’inaccessible ont quitté la salle, s’insurgeant dans le foyer contre la difficulté quasi insurmontable de supporter les mésaventures de David Arquette et Lily Cole se traînant péniblement, à moitié nu·e·s et couvert·e·s de fourrure, à travers un paysage gris et saumâtre. Mettre le public au défi est une entreprise risquée, et Camera Lucida était véritablement intrépide dans sa capacité à surprendre, à déranger, ou même à pousser quiconque à tout remettre en question.

Les autres films de la première moitié de la décennie comprenaient des œuvres expérimentales cultes très attendues, comme Boyhood (Richard Linklater, 2014) et The Wailing (Na Hong-jin, 2016), mais aussi des films de science-fiction venus de nulle part comme Crumbs (Miguel Llansó, 2015), quête postapocalyptique tournée en Éthiopie dans l’un des décors géologiques les plus étranges au monde, la jaune et verdoyante dépression de Danakil. Il y avait aussi du cinéma canadien artisanal avec Operation Avalanche (2016) de Matt Johnson, qui plongeait dans les secrets illicites du programme spatial de la NASA des années 1960, ainsi que le film d’horreur à caractère sexuel We Are the Flesh (2016) du prodige mexicain ultra pervers Emiliano Rocha Minter, dont les braves jeunes comédien·ne·s construisaient à l’écran le décor utérin au fil de l’intrigue.

Une série exceptionnelle de premiers longs métrages d’horreur folklorique hauts en émotions a aussi déferlé sur le Festival : The Midnight Swim (Sarah Adina Smith, 2014), Toad Road (Jason Banker, 2012), The Interior (Trevor Juras, 2015), et mon préféré, Magic, Magic de Sebastián Silva (2013), la crise d’angoisse cinématographique se déroulant dans un Chili où Juno Temple est agressée émotionnellement jusqu’à l’hystérie par un Michael Cera ignoble (mais secrètement brisé).

Certaines œuvres plus étranges — et ce n’est pas peu dire — de Sion Sono, Satoshi Miki et Kiyoshi Kurosawa se sont aussi retrouvées dans le programme, à côté de Love (2011), un curieux film de science-fiction hybride produit par le groupe Angels & Airwaves et le réalisateur William Eubank, dans lequel la solitude d’une station spatiale est juxtaposée à des batailles de la Guerre civile et à des réflexions sur les connexions humaines, mais aussi You Are Here (2010), une mordante comédie policière bureaucratique aux accents borgésiens de Daniel Cockburn qui mettait en vedette l’actrice torontoise Tracy Wright dans son dernier rôle au grand écran. D’autres titres mémorables comprennent le cauchemar domestique suédois Marianne (2011) de Filip Tegstedt, le film de monstre en noir et blanc Lowlife (2012) du Néo-Écossais Seth A. Smith, la comédie dramatique d’horreur musicale des bas-fonds Mondomanila du Philippin Khavn de La Cruz (2012), et le film d’animation anti-intimidation incroyablement difficile à regarder King of Pigs (2011) de Yeon Sang-ho, longtemps avant qu’il nous livre son film de zombies à succès Train To Busan (2016).
 


:: Simon Laperrière et F.J. Ossang, lors de la première nord-américaine de La succession Starkov (2011) [Fantasia]


:: (De gauche à droite) Ivu Orford (interprète), Makoto Tezuka et Ariel Esteban Cayer, lors de la première canadienne de la restauration de Legend of the Stardust Brothers (2019) [Fantasia]


En 2017, le critique, programmateur et distributeur Ariel Esteban Cayer héritait de Camera Lucida. Il donnerait un ton plus subtil, moins méta structurel au programme, dont la portée s’est aussi approfondie. J’ai discuté récemment avec Ariel de son mandat et de la clôture définitive de Camera Lucida après la pandémie de COVID-19, en 2023 :


« En essayant de définir la section pour moi-même, je voulais conserver une partie de son ADN axé sur l’ésotérique et l’expérimental, tout en développant une personnalité plus facilement discernable, soit celle d’une mouvance plus proche du cinéma d’auteur·trice ou d’art et d’essai, qui pourrait faire contrepoids à la programmation de genre principale de Fantasia (un peu à la façon dont les sections “cinéma de minuit” fonctionnent dans les festivals généralistes), mais en se démarquant du reste. Nous apprécions tou·te·s le cinéma de genre, mais je me suis dit qu’il pourrait être utile de positionner Camera Lucida comme un espace qui bousculerait les attentes et qui apporterait de la variété à la sélection, et peut-être de découvrir en cours de route de nouvelles voix qui évoluent au carrefour du genre et de l’art et essai. Des films qui n’intéressent peut-être pas d’autres programmateur·trice·s, qui ne sont pas nécessairement choisis — des voix qui sont actives dans le cinéma de genre, sans pour autant faire partie du paysage —, bref, des films intrigants qui échappent à toute catégorisation. Je voulais considérer ceux-ci comme des œuvres cinématographiques avant tout, plutôt que comme des œuvres “de genre”. J’ai tenté d’appliquer une logique de contre-programmation à la section. Parfois, ça a créé des désaccords avec d’autres programmateur·trice·s, mais si on considère le côté positif de tout ça, on peut dire que l’ADN de cette approche survit aujourd’hui dans le travail de Justine Smith pour sa section Underground actuelle, bien que sa programmation soit beaucoup plus axée sur des films à petit budget. »
 

Sous les auspices d’Ariel, Camera Lucida continuerait de s’intéresser à l’horreur folklorique, avec des films comme l’étrange et magnifique November (2017) de Rainer Sarnet, le troublant Ode To Nothing (2018) de Dwein Ruedas Baltazar et The Honor Farm (2017) de Karen Skloss. Quelques documentaires soigneusement choisis parsemaient aussi la programmation, dont Shari (Nao Yoshigai, 2021), qui se déroule dans la péninsule de Shiretoko, dans un endroit sur l’île de Hokkaidō où les êtres humains cohabitent avec les animaux, ou encore Home Invasion (Graeme Arnfield, 2023), un essai filmique paranoïaque « entièrement monté au lit » doublé d’un règlement de compte avec les caméras-sonnettes de marque Ring, qui faisait un tour d’horizon centenaire du cinéma consacré aux prises d’otages domestiques et aux innovations en matière de sécurité résidentielle. Aux antipodes du spectre cinématographique, Microhabitat (2017) de Jeon Go-woon proposait un drame intime et doux sur une certaine errance urbaine, qui réfléchissait à la nostalgie d’une jeunesse si rapidement disparue — sans qu’on s’en rende compte, jusqu’à ce qu’elle soit pratiquement oubliée. C’est un chef-d’œuvre tranquille, pratiquement oublié lui-même.

D’autres grands moments comprennent Hanagatami (2017), œuvre tardive de l’auteur culte Nobuhiko Obayashi, côte à côte avec le drame de slacker indépendant Relaxer (2018) de Joel Potrykus. Le percutant premier long métrage de Jane Schoenbrun, We’re All Going To the World’s Fair (2021), et la thèse doctorale Luz (2018) de Tilman Singer, un film d’exorcisme anti-romantique, ont aussi été projetés à quelques privilégié·e·s dans la salle J. A. De Sève, bien avant que ces cinéastes trouvent le succès chez A24 et Neon, respectivement.



:: We’re All Going To the World’s Fair (Jane Schoenbrun, 2021) [Dweck Productions / Flies Collective]


:: Happer’s Comet (Tyler Taormina, 2022) [Omnes Films / Salem Street Entertainment]


Ariel a aussi présenté les premiers films produits par Omnes Films dans le cadre de Camera Lucida (Happer’s Comet de Tyler Taormina [2022], Topology of Sirens de Jonathan Davies [2021]), avant que ce collectif ne devienne le chouchou des festivals avec les récents succès acclamés d’Eephus (2024) de Carson Lund et de Christmas Eve in Miller’s Point (2024) de Taormina. Les œuvres plus modestes étaient équilibrées par des titres plus exigeants, mais très attendus, comme l’expansif Under the Silver Lake (2018) de David Robert Mitchell, drame néo-noir surréaliste réalisé avec un budget appréciable après la réussite de It Follows (2014), et le méditatif A Ghost Story (2017) de David Lowery, œuvre intimiste qui transcende le temps.

La magie discrète de Camera Lucida tenait à sa programmation avant-gardiste, qui est peut-être passée un peu inaperçue à l’époque. Toutefois, avec le recul et le temps, alors que la carrière et la réputation des cinéastes se sont développées, cette programmation apparaît aujourd’hui comme prophétique. Ariel sait que la section a su trouver son public dévoué, et plusieurs lui ont d’ailleurs affirmé en privé qu’elle les avait aidé·e·s à orienter leurs choix chaque année.

Durant mes 25 ans de fréquentation de Fantasia, dans l’ensemble du programme, c’était la section que je feuilletais en premier. Je me suis lié d’amitié avec Simon et Ariel en leur quémandant constamment des entrevues avec quantité de cinéastes qui ont eu la chance de présenter leur film devant un vrai public pour la première fois. En fin de compte, Camera Lucida était un festival à l’intérieur d’un autre festival, pour les cinéphiles qui ne font pas nécessairement de distinction entre gros budget et petit budget, film de genre ou film d’art et d’essai, œuvre expérimentale ou œuvre commerciale. Le type de public qui est prêt à aborder chaque film avec un esprit ouvert.

Alors, pourquoi aller au cinéma, et pourquoi choisir de voir ces films à Fantasia ? Pour une poignée de gens, rares, mais déterminants, pour une courte période, pourtant marquante, la réponse était simplement Camera Lucida.
 

Traduction : Olivier Thibodeau

 

 

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Scientifique des matériaux dans la vie courante, Kurt Halfyard est aussi directeur de la photographie, acteur et critique de cinéma. Depuis 2005, il est connu en tant que collaborateur du site Web Screen Anarchy.

 

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Article publié le 15 juillet 2026.
 

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