REGARD 2022 : Territoire du court
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Brand New Cherry Flavor : Images d’une saison confinée 2

Par Simon Laperrière


:: « Today it's been our kitchen and playroom but tomorrow night it's YOUR DISCO! »
(Sophie Ellis Bextor, 16 juillet 2020, Twitter)

 

27 décembre

Écrire un bilan de 2021 m’est apparu comme une nécessité dès ses débuts. De réfléchir l’évolution de l’actualité mondiale à travers le prisme du cinéma et, plus largement, de la culture populaire. Rien de bien sorcier pour quiconque s’est déjà plié à l’exercice, ce qui est d’ailleurs mon cas. Le présent article s’inscrit effectivement dans la continuité d’un autre publié ici même. Il est parfois avantageux d’avoir de la suite dans les idées.

Lors des vacances de Noël, j’ai eu l’intuition de structurer ce texte autour d’un décompte. Chaque entrée correspondrait alors à l’un des derniers jours de décembre. Je pouvais même les rédiger en temps réel, à la manière d’un journal de bord. Pareil défi avait le mérite de m’imposer une discipline pour mener ce projet à terme. J’étais loin de me douter à quel point j’avais vu juste.

Deux petites barres ont tout fait chavirer. Le 27 décembre 2021, un test m’indique que j’ai probablement attrapé la COVID-19. Tout comme ma conjointe, je n’ai aucun symptôme grave, mais la possibilité d’être un risque pour autrui me culpabilise.

Selon le site de Santé Québec, « S’isoler, c’est rester à la maison ». Interdiction d’aller à l’école, au travail, au CPE, à la garderie, dans un lieu public, dans un commerce ou dans les transports en commun. Il est requis de suivre des règles d’hygiène si précises qu’elles indiquent quel détergeant utiliser pour laver la vaisselle (le même que d’habitude). La santé mentale étant une priorité, plusieurs moyens sont offerts pour « améliorer la situation ». Curieusement, le visionnement d’un film n’est pas recommandé. On privilégie plutôt la lecture et les bains chauds. Il est également conseillé de se rappeler des stratégies gagnantes déjà utilisées par le passé pour traverser une période difficile.

Se la jouer chroniqueur pendant dix jours, en raison d’un billet quotidien, devrait suffire.

 

28 décembre

2020 a véritablement pris fin le 9 avril de l’année suivante. Ce jour-là, Sophie Ellis-Bextor diffuse en direct l’ultime concert à domicile de son cycle « Kitchen Disco ». La chanteuse, micro en main, y apparait une dernière fois entourée de sa marmaille. En guise d’au revoir, elle conclut sa performance avec une reprise de « So Long Farewell » tirée de The Sound of Music (1965). Ellis-Bextor, visiblement émue, fond en larme avant même d’avoir terminé la chanson. Les dernières images de cet enregistrement s’avèrent significatives. Elles nous montrent l’artiste quitter son salon pour rejoindre ses enfants dehors. Un mouvement vers l’extérieur qui incarne cette promesse d’un déconfinement définitif à laquelle nous avons osé croire. Le dernier épisode de « Kitchen Disco » est porté par l’espoir d’un printemps nouveau.

Notre optimisme en a pourtant pris un coup en 2021. Chaque bonne nouvelle semblait s’accompagner d’une catastrophe.



:: Foundation (Josh Friedman et David S. Goyer, 2021)


Produit pour la plateforme Apple TV+, la série
Foundation est celle qui a le mieux reflété cet état de perplexité renouvelable. Dans cet Empire galactique, les rebelles se revendiquent du nom d’Anacreon. Leur armée débarque sans crier gare sur Terminus, une petite planète localisée à la frontière du monde connu. Ces anarchistes cherchent à mettre la main sur un vaisseau légendaire. Appelé Invictus, ce navire abandonné possède la seule arme capable d’anéantir le règne totalitaire de la dynastie Cleon. Flottant quelque part dans l’espace, il serait impossible à localiser depuis des lustres.

De multiples obstacles séparent Anacreon de l’Invictus. Une fois à bord du navire, ils sont loin d’être au bout de leur peine. Les mercenaires ainsi que leurs prisonniers découvrent pourquoi l’appareil est demeuré introuvable pendant si longtemps. Ce dernier ne reste pas en place à cause d’un système de transport corrompu. L’Invictus se téléporte aléatoirement à travers la galaxie, sans annoncer sa prochaine destination. Ses passagers deviennent malgré eux les détenus d’une curieuse prison. Condamnés à rester sur place, ils sont simultanément balancés dans l’ampleur de l’univers. Toujours immobiles, mais jamais au même endroit.

Cette situation paradoxale illustre bien celle qui a été la nôtre depuis le confinement. Bien que nous ayons drastiquement limité nos déplacements, le courant pandémique nous tire contre notre gré vers des horizons inconnus. D’où cette sensation désagréable d’impuissance qui, elle, refuse de nous quitter. Nous sommes tous des passager∙ère∙s de l’Invictus.

 

29 décembre

Reçu nos résultats de test PCR hier soir. Elle est négative, je suis positif. Il me vient à l’idée de faire un calembour à la Godard (« rien de positif à être positif »), mais le cœur n’y est pas tout à fait. Ma copine et moi alertons famille et proches pour les informer de la situation. Au cours de ces échanges téléphoniques, je constate que cet isolement sera loin d’être solitaire et m’en réjouis. Je me demande d’ailleurs quelle est la différence entre un confinement et un isolement. Celle-ci est plutôt simple. En se confinant, on garde le mal dehors. En s’isolant, on le maintient à l’intérieur.

Quelques heures plus tard, un courriel de Santé Québec me prie de m’enregistrer à titre de « cas confirmé ». Le formulaire à remplir s’apparente à un interrogatoire policier, avec son lot de questions intrusives sur ma vie privée : « Où étiez-vous le soir du 24 décembre ? », « Quelle est la nature exacte de vos rapports physiques avec vos proches ? », « Avez-vous remarqué si ces derniers ont récemment développé des syndromes de la COVID ? ». Pour tout dire, je ne m’en fais pas trop pour mon intimité. Je me doute bien que mes réponses se perdront dans un océan de statistiques.

Une consigne du gouvernement présage malgré elle un scénario potentiellement catastrophique : « […] il est obligatoire de rester à la maison ou à l’endroit où vous habitez dès maintenant. » Je peux donc m’estimer heureux de ne pas être un résident de l’Hôtel Overlook ou de la Maison Usher.

 

*

 

Lancé à Sundance en début d’année, le joli The Pink Cloud d’Iuli Gerbase imagine une situation similaire. L’atmosphère terrestre est soudainement contaminée par l’apparition de nuages toxiques. Pour survivre, il n’y a pas d’autres choix que de s’enfermer dans l’édifice le plus proche. Nos héros, deux amants d’un soir, s’en tirent plutôt bien. Le couple se trouvait dans un appartement luxueux au moment où le ciel est devenu rose. D’autres se sont réfugiés dans des lieux moins accueillants, bien souvent en compagnie d’inconnus. Alors qu’ils attendent la disparition des nuages, ces pauvres diables ne se doutent pas qu’ils vont passer le reste de leur vie à se marcher sur les pieds.

Visionnaire, Pink Cloud l’est en démontrant à quel point un cataclysme expose nos privilèges. Quand le malheur frappe, nous ne pouvons plus ignorer notre fortune personnelle. Nous nous dissimulons naturellement derrière nos maisons, nos voitures, notre fric, et devant nos bibliothèques.

 


:: Pink Cloud (Iuli Gerbase, 2021)

30 décembre

Les premières nuits de ma trentaine ont été blanches. Des insomnies, j’en ai connu à toutes les sauces et de toutes les qualités. J’ai fait des insomnies anxieuses, d’autres sereines ; des insomnies songeuses, parfois rêveuses ; des insomnies larmoyantes, rieuses ; en mode solo ou accompagné ; des insomnies inspirantes, affligeantes, voire même nécessaires. Je connais suffisamment l’insomnie pour prévoir les nuits où elle me visitera. Alors je me couche et l’attends, il n’y a rien de mieux à faire. Bien souvent, elle m’arrache de mon sommeil pour me garder debout jusqu’à l’aurore.

Elle s’est étonnamment faite rare durant la pandémie. L’angoisse du jour ne m’interdisait pas de fermer l’œil. Au mieux, elle m’épuisait. Mes songes étaient devenus un refuge contre l’incertitude. À écouter mes proches, j’ai réalisé que l’insomnie était occupée ailleurs. Elle m’épargnait à cause de son agenda chargé. Les rôles étaient inversés, j’étais enfin celui qui dormait. « Le monde, écrit Marie Darrieussecq, se divise entre ceux qui peuvent dormir, et ceux qui ne peuvent pas. »[1]

On associe souvent le cinéma au rêve, mais rarement à l’insomnie. Pourtant, nombreux sont les cinéphiles à être insomniaques. À défaut de dormir, ils et elles profitent des heures calmes pour se goinfrer d’images. Le téléviseur est leur veilleuse. Les cinéphiles insomniaques protestent contre le couvre-feu qu’on leur impose. Personne ne les obligera à dormir.

 

31 décembre

Souvenir déjà lointain de l’été dernier. Un décompte défile à l’écran. Dans la salle de clavardage, l’excitation est à son comble. Les salutations proviennent d’un peu partout à travers le monde. Plusieurs fans partagent leurs souvenirs de concert. Un peu plus et on se croirait presque dans une salle de spectacle. Il ne manque que l’odeur de la sueur et du tabac. En temps normaux, une ovation encenserait l’apparition de cette silhouette familière avec son éternelle tête frisée. Accompagné de ses musiciens, Bob Dylan est de retour sur scène.

Le chanteur avait convié ses admirateurs à une performance diffusée en ligne le 18 juillet 2021. Très peu d’informations avaient été révélées sur la nature même de l’événement. Une vague bande-annonce semblait signifier que Dylan allait puiser dans le catalogue de ses premières compositions. Étant donné la sortie encore récente de l’album Rough and Rowdy Ways, ce choix pouvait surprendre. La date à heure fixe présageait un enregistrement en direct. Le public au rendez-vous a finalement eu droit à la présentation d’un moyen métrage réalisé par la documentariste Alma Ha’el (Bombay Beach). Comme toujours, Bob Dylan brise les attentes en demeurant férocement imprévisible. On pourrait même dire qu’il a pris l’habitude de nous surprendre.

Judicieusement intitulé Shadow Kingdom, ce film-concert se revendique de l’imaginaire de la Prohibition américaine. Une taverne hors-la-loi, avec comme clientèle les fantômes de William Faulkner. Le clair-obscur du noir et blanc intensifie l’anachronisme de ces décors singuliers. Seuls les masques qui couvrent le visage des musiciens renvoient au moment présent. Bob Dylan révèle ici son jardin secret, cette zone d’ombres qui résistent tant bien que mal aux charges du monde contemporain. Un lieu où le futur est déjà l’affaire du passé.

Ce soir à minuit, je compte bien rejoindre ce bar spectral et y siroter un verre de whisky Heaven’s Door.



:: The Tonight Show (22 novembre 2018)

1er janvier

Nous voilà en 2022, avec des salles de cinéma vides à travers le Québec.

 

2 janvier

Vu hier soir, en guise de premier film de l’année, Soylent Green (1973) de Richard Fleischer. L’action se déroulant en 2022, le moment était idéal pour le découvrir enfin. Bien évidemment, je savais de quoi il en retourne. Les nombreuses parodies de ce long métrage ont fait en sorte qu’une majorité connaît son dénouement sans jamais ne l’avoir regardé. Ce cas de non-lecture — que l’on pourrait associer à The Empire Strikes Back et Citizen Kane — confirme que la mémoire collective ne s’articule pas forcément autour des œuvres. Elle se définit plutôt à partir de la culture populaire. Le discours, en somme, l’emporte sur l’objet.

D’où le risque non négligeable d’aller vers un film sur lequel on croit tout savoir. Il est alors possible de le trouver privé de son essence, de ce qui lui a permis d’accéder au panthéon culturel. Or, Soylent Green vaut plus que sa révélation. L’univers qu’il dépeint critique avec assiduité les inégalités socio-économiques. Alors que les pauvres crèvent de faim dans des édifices bondés, les riches savourent un steak dans leur résidence luxueuse. On l’aura compris, ce long métrage n’a rien perdu de son actualité. Sa vision de l’avenir s’avère hautement crédible, à un point tel qu’il est impensable de la considérer comme une simple uchronie. Il s’agit en fait d’un reflet du réel qui transparaît dans le miroir déformant de la science-fiction.

Je constate avoir maintes fois abordé ce genre dans le présent journal de bord. En opérant une alternance continue entre évasion et prise de conscience, la science-fiction s’impose assurément comme la plus fructueuse des « machines à concepts ».

 

3 janvier

Nous avons terminé notre journée d’hier avec The Lost Daughter (2021), une production Netflix signée Maggie Gyllenhaal. Il n’y a pas si longtemps, ce drame aurait soulevé la question du statut du cinéma en cette ère où règne le numérique. Les mesures sanitaires auront eu le mérite de rendre obsolètes ces débats d’universitaires, du moins sur le plan pratique. Avec la fermeture des salles de projection, le grand écran perd sa raison d’être. Il perd son statut hégémonique, en cessant d’être le seul support apte à proprement révéler le pouvoir du cinéma. Le film l’emporte sur l’expérience de la salle, s’adaptant avec aisance à tous les écrans et à tous les modes de visionnement. Peut-être que Lost Daughter reste toujours le même film, et ce, peu importe si on le regarde, chez soi ou à la Mostra de Venise. Une hypothèse bien plus stimulante serait qu’il y aurait en réalité plusieurs Lost Daughter. Chaque média (Blu-Ray, VOD, téléchargement illégal) en révélerait un pan inédit. Encore une fois, la pandémie confirme abruptement ce dont on se doutait déjà.

Si l’on peut regretter l’euphorie collective d’une projection publique (quel plaisir de voir Spider-Man : No Way Home [2021] entouré de fans !), il faut sans doute reconnaître que l’attrait de cette expérience s’avère générationnel. Seul l’avenir nous le dira, mais je me demande si les nombreux confinements n’entraîneront pas une nouvelle transformation radicale de la cinéphilie. Privés du grand écran, les enfants n’ont parallèlement jamais eu accès à autant d’écrans. La circulation des images d’une tablette à un portable, en passant par le bon vieux téléviseur, a forcément un impact sur leur réception.

Il me vient à l’esprit que le terme de « cinéphilie » deviendra peut-être lui-même désuet. Beaucoup trop précis, il ne suffira plus pour définir une passion aussi débordante. Avant de choisir une nouvelle appellation (« écranophilie » ? bof…), je remarque que cette mutation culturelle est déjà perceptible dans certaines productions contemporaines. Si le premier Scream (1996) découle d’une cinéphilie propre au club vidéo des années 90, la série Brand New Cherry Flavor (2021) s’affirme comme la progéniture monstrueuse des plateformes de streaming. Son récit fiévreux prend la forme d’une éponge vorace ayant absorbé différentes références populaires, la conséquence évidente d’une séance où l’on saute aléatoirement d’un programme à un autre. Les souvenirs de Buffy (1997-2003) et de Mulholland Drive (2001) s’entrecroisent dans un capharnaüm occulte qui anéantit toute nostalgie. Bien qu’elle se déroule à Hollywood dans les années 90, cette fresque bizarroïde ne cherche pas à romancer l’industrie du rêve. Elle porte un regard amer sur un microcosme peuplé de traîtres, de sorcières et de zombies. Brand New Cherry Flavor a été le lit de mort pour la cinéphilie en 2021, là où, complètement malade, elle pouvait pousser d’ultimes soupirs.
 


:: Brand New Cherry Flavor (Nick Antosca et Lenore Zion, 2021)

4 janvier

Est arrivée en avant-midi une mauvaise surprise. Moi qui croyais que mon isolement rimerait avec quiétude monastique, j’ai été subitement rattrapé par les tracas d’un souci ménager. Ma conjointe a remarqué, en lavant la vaisselle, que l’évier de la cuisine est bouché. Mon fidèle siphon, qui en a pourtant vu d’autres dans sa carrière de siphon, n’est d’aucun secours. Une visite à la quincaillerie serait une solution, mais mon statut de cas positif m’interdit toujours l’accès aux commerces. Il nous est également impossible de faire appel aux services d’un plombier. Nous terminons de rincer nos assiettes dans la baignoire.

Me reviennent en tête les images du sensible Being Natural (2018) de Tadashi Nagayama. Le hasard a voulu que ce film vu durant les Fêtes porte sur une situation qui évoque la mienne. Il serait dommage de trop en dire, mais cette fable campagnarde dépeint un quotidien plat au calme démoli par le surgissement de l’imprévisible. Face aux petits calvaires, il faut suivre le pas des glorieux ratés de Nagayama en gardant le sourire.

 

5 janvier

La nouvelle est tombée comme une nouvelle blague : « Les passagères et passagers de l’Invictus ayant obtenu un résultat positif à la COVID sont maintenant priés de s’isoler pendant cinq jours. » Il fallait évidemment que l’annonce soit faite un jour avant la fin de ma quarantaine. S’il est difficile de ne pas être amer, il est futile de contester la validité des mesures sanitaires. Je ne mange pas de ce pain-là. De plus, la colère est le plus piètre des moteurs. La preuve, ce blaireau de Bernard Henri-Lévy s’en revendique [2].

Maintenant que je peux sortir, je me demande où aller. Les directives de Santé Québec sur la fin d’une période d’isolement sont plutôt minces : « Une fois la durée de celle-ci terminée, vous pouvez reprendre vos activités […]. » À moins d’avoir encore des symptômes du virus, vous êtes libres de rejoindre le monde extérieur. Vous n’avez d’ailleurs plus ou moins accès qu’à l’extérieur. Cinémas, salles de théâtre, bars et restaurants sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Consolez-vous, vous n’avez pas manqué grand-chose.

Au cinéma, un huis clos se termine généralement avec les personnages renouant avec la lumière du soleil. Le plan final de Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau (2016) est un travelling qui illumine les murs d’un appartement délabré. Les jeunes anarchistes s’apprêtent à imiter le public en quittant une salle obscure. Avec de la chance, ils en sortiront changés.

 

*

 

Je ne crois pas que ce journal de bord témoigne d’une quelconque expérience transformatrice.

 

 


[1] Marie Darrieussecq, Pas dormir (Paris : P.O.L., 2021), p. 13.

[2] Pour savoir de quoi il en retourne, voir Bernard-Henri Lévy, Ce virus qui rend fou (Paris : Grasset, 2020). Je refuse d’accorder plus d’attention à BHL et encore moins de le citer.

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Article publié le 27 février 2022.
 

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