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Rendez-Vous du Cinéma Québécois 2011

Par Mathieu Li-Goyette
Les Rendez-Vous du Cinéma Québécois ont débuté et se sont terminés que nous nous sommes dit : pourquoi ne pas les accompagner par une petite rétrospective de l'année québécoise 2010? En effet, cette dernière année, peut-être moins décevante que ne l'aura été celle du cinéma mondial, nous a laissé entre les mains le joyaux de Catherine Martin, Trois temps après la mort d'Anna, film méditatif sur le deuil et sur la difficulté d'y survivre. Aussi, les succès populaires de Denis Villeneuve et de Xavier Dolan, Incendies et Les amours imaginaires ont, qu'on le veuille où non, fait leur bout de chemin pour représenter notre cinéma national à l'étranger. Et, d'une façon plus intéressante, les derniers films de Denis Côté, Curling et de Maxime Giroux, Jo pour Jonathan se sont occupés de confirmer l'éclosion d'un cinéma glauque, pas trop loin de la froideur du cinéma d'Europe du Nord, qui, entre ses plans enneigés et la fixité de cadres qu'on ralentit pour le plaisir d'y faire éclore un genre caché (l'ami Alexandre en parle bien ici), est en train de tracer une petite tangente esthétique qui remplacera fort volontiers celle des publicistes Villeneuve, Turpin et compagnie. Tout ça et le doublé Podz qui, comme on me l'a fait remarqué, vient de signer en moins de douze mois deux films, Les sept jours du Talion et 10½, « 16 ans et + ». Voilà de quoi discuter...
 
Parmi tous ces films, cette trentaine de longs métrages, ces quelques cent courts métrages et cette pluie de documentaires, nous retrouvons aussi Ce coeur qui bat, film « choc » de Philippe Lesage qui n'en est pas moins une expérience immorale du cinéma et que nous avons été seuls (avec Guillaume Fournier du Voir) a soulever les torts comme il se devait. Il y aurait aussi L'imposture, dernier documentaire d'Ève Lamont, Vous n'aimez pas la vérité de Luc Côté et de Patricio Henriquez et Falardeau, touchant documentaire hommage au cinéaste signé Carmen Garcia et German Gutierrez. Tant d'oeuvres à débattre (car l'expérience de Ce coeur qui bat, ça se discute) et tant d'oeuvres à découvrir souvent pour la première et la dernière fois.
 
Car malgré les flèches que nous pourrions lancer aux Rendez-Vous du Cinéma Québécois, il demeure que l'événement conserve une place de choix dans le circuit des festivals montréalais, et ce, en dépit de sa programmation : il diffuse des films qui ne seront plus jamais à l'affiche et il en fait connaître qui ne goûteront pas même à la tablette du club vidéo. C'est donc l'occasion de les voir, d'assister aux événements - soulignons le projet du camarade DJ XL5 avec son Pop 70 qui eut lieu le samedi 26 février dernier et qui fut couronné de succès - et de discuter de notre cinéma de la dernière année, de ses échecs, mais surtout de ses réussites et, pour nous, de tourner la page, de se faire une idée de ce qui aurait pu nous passer sous le nez, voire se plaindre des arnaques que nous avions évitées. En attendant, l'équipe de Panorama-cinéma (qui fête tout juste sa nouvelle plateforme) espère que vous y avez trouvé votre compte pour avoir vu - beaucoup - des oeuvres d'ici qui n'auront malheureusement pas toujours trouvé leur public… Les Rendez-Vous sont déjà derrière nous qu’il faut se tourner vers la nouvelle année, celle où Villeneuve n’aura pas eu sa consacration tant espérée, où de nouveaux auteurs comme Marc Bissaillon ou Tara Johns (ayant eu tous deux leur première aux RVCQ) annoncent une belle énergie qui saura nous tenir en haleine.
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Article publié le 1er mars 2011.
 

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