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Cinemania 2012

Par Mathieu Li-Goyette




Cela fait maintenant 18 ans que CINEMANIA tente de se tailler une place dans le très compétitif milieu des festivals montréalais. Placé à cheval entre le Festival du Nouveau Cinéma et les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal, le festival des films francophones lutte toujours et poursuit son émancipation : plus de films originaux, moins de films de "qualité française" dont on a décrié, ici comme ailleurs, les éternels défauts. Non, cette année, avec Sandrine Bonnaire (elle accompagne une rétrospective inédite présentée à la Cinémathèque québécoise) et Annie Miller, veuve, coscénariste et productrice du regretté Claude Miller, toute l'attention semble être portée au cinéma français dynamique, entreprenant et tout à fait inscrit dans une vaste période de transition pourra la France comme pour l'Europe.

C'est d'ailleurs sous le signe de l'identité nationale que CINEMANIA s'affirme cette année avec un étonnant cycle rétrospectif sur les dernières années d'exploration du jeune cinéma belge francophone. Là, les cinéphiles d'ici pourront découvrir des oeuvres inédites, dont le sympathique Dead Man Talking de l'humoriste Patrick Ridremont (son film nous rappelle même le chef-d'oeuvre de Nagisa Oshima, La pendaison) ou l'intimiste poème autobiographique de l'auteur-interprète et cinéaste Leila Albayaty qui présentera son Berlin Telegram. Cette poignée de films belges étant confinés, condensés dans le même lundi, on ne peut qu'insister à ce que vous soyez nombreux à y jeter un coup d'oeil.

Du côté des rétrospectives Bonnaire et Miller, ce sera évidemment l'occasion de (re)découvrir des classiques du cinéma français comme Monsieur Hire de Patrice Leconte, La captive du désert de Raymond Depardon ou À nos amours de Maurice Pialat. C'est néanmoins à titre de réalisatrice que Bonnaire sera à Montréal pour présenter son premier long métrage de fiction, J'enrage de son absence, deuxième film après son magnifique documentaire Elle s'appelle Sabine. Quant à l'hommage rendu à Miller par sa femme, il sera accompagné des quatre films les plus célèbres du cinéaste, soit La meilleure façon de marcher, Garde à vue, L'effrontée et L'accompagnatrice. Son ultime film, Thérése Desqueyroux, adapté du roman de François Mauriac, a clôturé le dernier Festival de Cannes et sera présenté par la coscénariste et collaboratrice de longue date de l'auteur, Natalie Carter. Des rencontres avec le public sont prévues pour ces deux invitées.

Enfin, parmi les primeurs du festival qui s'enorgueillit de pas moins de 46 longs métrages (c'est plus d'une quinzaine que l'an dernier), dénotons d'abord la venue en ville du controversé Mathieu Kassovitz qui viendra présenter son dernier film, L'ordre et la morale, reprise de l'insurrection des Kanakes de Nouvelle-Caledonie francaise en 1988. À ses côtés, les noms de Jacques Audiard (De rouille et d'os), Christophe Honoré (Les biens-aimés), Laurent Achard (Dernière séance), Lou Ye (Love and Bruises), Manoel de Oliveira (Gebo et l'ombre), Yvan Attal (Do Not Disturb), Lucas Belvaux (38 témoins), Catherine Corsini (Trois mondes) et Xavier Giannoli (Superstar) viennent compléter une programmation qui mérite qu'on s'y attarde, ne serait-ce que pour la nette évolution en terme de qualité, ne serait-ce que par la somme de ses invités qui n'ont rien à envier aux autres festivals, cette édition programme des films qu'on n'aurait jamais imaginé être projetés sous le chapiteau de CINEMANIA. Le changement de direction leur sera-t-il bénéfique? Étendront-ils leur influence et leur popularité auprès des cinéphiles d'autres festivals?

Le festival à 18 ans, c'est l'âge de la maturité. Attendons de voir quel adulte il deviendra.
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Article publié le 1er novembre 2012.
 

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