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Festival International du Film sur l'Art 2012

Par Mathieu Li-Goyette
Mais qu'est-ce que le film sur l'art? Pour notre première couverture du célèbre festival montréalais - le plus important au monde dans sa catégorie - c'est la question que nous souhaitons nous poser. Tout simplement parce qu'elle n'augure aucune réponse qui saurait être trop facile, cette question nous ramène d'abord aux éternelles cloisons hermétiques (ou pas) entre les arts. Comme peu de textes peuvent être aussi passionnants que ceux d'André Bazin sur les distinctions entre le théâtre et le cinéma ou ceux d'Éric Rohmer sur l'architecture et le cinéma, comme il existe peu d'ouvrages sur la question en dehors de l'excellent livre de Gilles Marsolais, la question est bel et bien à poser à partir du point de vue de la critique cinématographique. Sans nous considérer comme des historiens de l'art, c'est avec la perspective du cinéphile intrigué que ce FIFA nous servant 232 films provenant de 27 pays nous excite tant. Ces oeuvres se rapportant au documentaire, à l'immersion et à l'expérience sensorielle des arts en tous genres sur le grand écran sont des films et c'est bien en tant que films que nous tenterons d'en parler.

Que le cinéma entretienne de proches rapports avec d'autres arts de la représentation est une chose confirmée, mais qu'en est-il lorsqu'il utilise ses propres moyens pour parler intégralement d'autres formes d'expression? Que se passe-t-il lorsqu'il ne les assujettit pas à sa propre histoire, mais décide plutôt de se dédier à leur diffusion? Le film sur l'art n'est-il qu'un ramassis de reportages sur des artistes? Un film sur l'art peut-il avoir un point de vue cinématographique à proprement parler?

Lorsqu'on pense au film d'ouverture de cette 30e édition, la question ne se pose plus : Le moulin et la croix de Lech Majewski nous fait entrer dans une peinture de Bruegel à l'aide des textes de Michael F. Gibson. Le tout grâce aux avancées du numérique, l’oeuvre se veut une peinture vivante interprétée par Michael York et Charlotte Rampling - loin d'ici sont les clips impersonnels voués aux artistes, car le FIFA se veut un point de rencontre entre les arts et les discours qui les articulent entre eux. Plus que tout, ces films incitent à la curiosité, au dépassement de notre propre regard et de nos propres intérêts, à l'exploration des différentes formes d'expression comme si le cinéma n'était qu'une manière commode de les réunir. À l'ère des nouveaux médias et des intermédialités, il va sans dire que l'importance du FIFA est destinée à s’accroître toujours plus.

Comme à son habitude, le festival se divise cette année en plusieurs catégories regroupant les films en champs artistiques (architecture, arts médiatiques, opéra, littérature, regard sur le septième art, etc.), mais aussi des hommages (dont Howard Phillips Lovecraft et Oscar Niemeyer, un architecte engagé dans le siècle) et d'autres oeuvres attendues comme le dernier film de Luc Bourdon (Un musée dans la ville). Ensuite, chacun ira selon ses intérêts, car de Night Hunter (un film composé de 4000 collages) à Docteur San-Antonio et Mister Dard en passant par Romain Gary - Le Roman du double, l'occasion sera belle pour que tous les curieux puissent se plonger dans des univers qu'ils souhaitent revisiter ou découvrir pour la première fois. Quelle meilleure introduction à la poésie québécoise que Les Nuits de la poésie revenant sur les quarante années de cette manifestation? Comment s'initier au travail du compositeur Gustav Mahler sinon qu'en allant voir Gustav Mahler - Autopsie d'un génie? Pour ensuite s'asseoir devant l'excellent film de Ken Russell et comprendre un peu mieux qu'est-ce qui obsédait le cinéaste britannique; tout est question de curiosité.

Ce sera aussi l'occasion de visiter l'exposition multimédia Jim Verburg: Séquence/Still à la Cinémathèque québécoise, d'assister à la projection de Une idée folle - Un hommage au FIFA signé par Alain Fleischer à l'occasion du 30e anniversaire, de voir le premier film en 3D du festival, La danse à l'écran, propositions et développements (avec en première partie un portrait de Margie Gillis) et bien d'autres choses encore.

C'est ainsi que nous qui devrons sortir de nos sentiers battus de cinéphiles errerons à travers le festival pour tenter de vous mettre au courant le plus régulièrement possible de nos petites et grandes découvertes.

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Article publié le 15 mars 2012.
 

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