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Ciné Zapping : Les Star Wars à cinq cents

Par DJ XL5
Créé par George Lucas,  Star Wars s’imposa comme un réel cataclysme mythologique et culturel.  Le film et son énorme succès lancèrent une véritable mode de Space Opera. Les Italiens ayant flairé la bonne affaire ont été parmi les premiers à abuser effrontément de la recette.  Il y a bien longtemps, dans une galaxie très lointaine... aux limites du polystyrène, du viol de propriété intellectuelle, du bon goût et de l’entendement nous viennent les oeuvres de Luigi Cozzi  et Alfonso Brescia.

Ex-collaborateur de Dario Argento, certains se souviennent de Cozzi pour ses heroic-fantasies comme Hercules et Adventures of Hercules (avec Lou Ferrigno) alors que d’autres retiennent  Alien Contamination (alias Contamination, avec Louise Marleau). Les cinéphiles plus festifs gardent un excellent souvenir de Star Crash.   Dirigé en 1978 sous le pseudonyme de Lewis Coates, Le Choc des étoiles porte bien son titre et met notamment en vedette Caroline Monroe dans le rôle de Stella Star, une contrebandière galactique en tenue S&M, et une infinité d’acteurs tels que David Hasselhoff et le toujours sympathique Joe Spinel.  Tout y est : un rythme d’enfer, des amazones amorphes, des hommes des cavernes, des monstres filmés image par image (mais auxquels il manque des images), des cheveux défiant la gravité, un jeu inversement proportionnel à la blancheur des dents des interprètes et des décors multicolores rappelant les pires discothèques sur l’acide.  Bref, 85 minutes ludiques de culpabilité garantie.



Alfonso Brescia, à qui l’on doit Supermen et les Amazones, a réalisé en l’espace de deux ans pas moins de cinq Space Operas sous le pseudonyme d’Al Bradley.   En 1977, il réalise War in Space et War of the Planets.  En 1978, après avoir réalisé deux navets d’action sous son vrai nom, il tourne trois aberrations cosmiques : War of the Robots, Beast in Space (une version spatiale de La Bête de Walerian Borowczyk) et Star Odyssey. Tel un Ed Wood sans budget, il tourne les trois films en utilisant les mêmes décors, les mêmes épées lasers, les mêmes costumes, les mêmes bonnets et surtout les mêmes perruques. Ceci lui permet de recycler d’un film à l’autre des images, maquettes et effets spéciaux.  En plus, il ose recycler des images d’archives de la Seconde Guerre mondiale pour simuler l’attaque des extraterrestres.

Dans Star Odyssey, il met notamment en scène des télépathes et un hypnotiseur, ce qui est probablement le choix le moins cher pour masquer le peu d’effets spéciaux.  Imaginez un monde où des robots laids et dépressifs répondent aux ordres livrés par des maigrichons moustachus habillés de ratine de velours bleu.  Les androïdes semblent sortir du Village de Nathalie. Un humour insipide, des effets spéciaux d’une rare maladresse, des maquettes chancelantes, un jeu exagéré à outrance, une myriade d’acteurs au non-charisme attachant, des décors et accessoires tarabiscotés avec n’importe quoi sous la main, un scénario quasi inexistant malgré les multiples péripéties ; bref un film absolument adorable. On y parle beaucoup, mais les dialogues et les doublages français et anglais sont impayables. D’ailleurs, la version française est montée différemment de la version italienne, oubliant même au passage d’y inclure certaines scènes et les dialogues de la séquence finale.  Soulignons les chorégraphies grandiloquentes des combats et la musique électronique rarement en accord avec le ton des scènes.

Pour ceux qui sont encore capables d’en prendre, je suggère Battle Beyond the Stars (un remake sidéral des Sept samouraïs) l’inconcevable L'umanoide avec Corinne Clery et Richard Kiel (le « Jaws » des James Bond des années 70 ), le démentiel Star Wars Holiday Special, l’épouvantable et réjouissant Space Raiders de Howard R. Cohen, le jubilant Dünyayi Kurtaran Adam (The Man Who Saved the World ou Turkish Star Wars) ou l’impensable Space Mutiny de David Winters.  Dans l’espace, personne ne vous entend crier… votre honte!
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Article publié le 1er septembre 2010.
 

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