
:: Millenium Actress (Satoshi Kon, 2001) [Madhouse / Bandai Visual Company / et al.]
Avec ses salles pleines à craquer, son ambiance tonitruante et l’intelligence de son public, qui passe du rire aux cris jusqu’aux silences, Fantasia est La Mecque du cinéma à Montréal depuis trente ans, particulièrement lorsqu’on mesure la longue feuille de route de ses découvertes et des films que le festival a catapultés. Bien entendu, les histoires de premières et de primeurs, ce n’est jamais directement ce qui fait le plaisir d’un festival, mais il faut dire que, si celui-ci a pu se coltiner autant d’invité∙e∙s de marque depuis ses débuts (de John Carpenter à Tobe Hooper, de Ken Russell à Guillermo Del Toro jusqu’à John Woo et Nicolas Winding Refn), c’est précisément parce qu’il a toujours fait bon d’y venir pour lancer son film, et que l’événement sert depuis longtemps de baromètre à un certain cinéma de genre ambitieux, allant de la production artisanale en quête de visibilité au film culte en devenir, qui souhaite générer assez de buzz pour s’élever au-dessus de la masse industrielle. Pour célébrer la trace qu’a laissée le festival sur l’industrie, nous vous proposons ici de revenir (de façon non exhaustive !) sur certains des plus beaux coups de Fantasia, ceux qui, même en dehors de Montréal, ont déjà contribué à l’inscrire dans les rouages de l’histoire du cinéma.
Comme il s’agit aussi d’un hommage à la programmation, il convient de souligner, en ordre d’apparition, le travail de : Pierre Corbeil, Martin Sauvageau, André Dubois, Tammy Cheung, Hiromi Aihara, Mitch Davis, Karim Hussain, Julien Fonfrède, Tony Timpone, Rick Baker, Pascal Grenier, Mi-Jeong Lee, Mario Boivin, Adam Gollner, Marc Lamothe, Guillaume Houle, Danny Lennon, Janick Neveu, Francis Théberge, Peter Zsurka, King-Wei Chu, Christopher McDonald, Philippe Spurrell, Steve Landry, Isabelle Stephens, Jonathan Doyle, Michiko Higuchi, Éric Lavoie, Mathieu St-Pierre, Todd Brown, Robert Guillemette, Norman England, Isabelle Gauvreau, Nicolas Archambault, Simon Laperrière, Serina Nishioka, Jasper Sharp, Stéphanie Trépanier, Justine Gauvreau-Corbeil, Patrick Lambert, Lindsay Peters, Marc Walkow, Rupert Bottenberg, Ariel Esteban Cayer, Celia Pouzet, Marie-Laure Tittley, Justin Langlois, Marie-Laurence Setbon, Stephan Dubreuil, Sonya Gauthier, Rémi Fréchette, Carolyn Mauricette, Justine Smith, Tania Morissette, Julie Bernier, Moustafa Chamli, Alyssia Duval-Nguon, Matthew Kiernan, Karen Wan, Alice Bédard, Frédéric Chalté, Florence Payette, Miguel Plante, Vincenzo Nappi, Yi Xige, Louise Dumas et Steven Lee.
*

La première année (1996)
L’édition inaugurale du festival est une rétrospective de 58 films issus de Hong Kong et du Japon. C’est l’occasion d’un rattrapage en règle pour Montréal, alors que la ville n’a toujours pas eu droit à des projections sur grand écran de la majeure partie des œuvres de la nouvelle vague hongkongaise. Les films de John Woo, de Tsui Hark, de Ringo Lam, ne sont diffusés ni au FFM ni au FNC. Dans son premier catalogue, le festival publie des textes critiques signés par Julien Fonfrède, qui présentent le cinéma hongkongais au public montréalais. Les principales tendances (le film de gangsters, le film de fantômes, le film historique et le film de gambler) sont esquissées. Les clubs vidéo proposant une vaste sélection asiatique, ainsi que les librairies qui vendent des mangas et des figurines importées, sont mis de l’avant dans un texte destiné au consommateur averti. Presque chaque synopsis de film qui suit est accompagné d’un encadré soulignant la carrière de vedettes et de cinéastes qui ne sont pas encore connu·e·s. Tony Leung (Chiu-Wai et Ka-Fai), Ringo Lam, Chow Yun-fat, Jeff Lau, Gordon Chan, Ti Lung, Carrie Ng, Anita Yuen, Simon Yam, Wong Jing, Maggie Cheung, Donnie Yen, Leslie Cheung, Michelle Yeoh, Andy Lau, Anthony Wong et plus encore sont présenté·e·s en quelques lignes, filmographie partielle à l’appui. Imprimé à 50 000 exemplaires comme de la bonne propagande cinéphile, le catalogue, en soi, vient cimenter la posture d’un festival foncièrement tourné vers l’Asie tout en proposant un véritable corpus de références. La première édition définit non seulement son identité par une telle concentration de films majeurs, mais elle offre aussi à son public un cours d’histoire du cinéma en accéléré, pendant un mois de projections à l’Impérial où les salles combles de 940 sièges se succèdent.

prod. Excellent Film Co. / GAGA Corporation
FUDOH (2e édition, 1997)
Takashi Miike
Aussitôt tourné vers le cinéma contemporain, Fantasia diffuse un film de Takashi Miike pour la première fois en dehors du Japon. Le cinéaste japonais, maître du grand-guignolesque, bouscule dans les années qui suivent avec une série de grands films parfois brillants (Audition, 1999), parfois damnés (Visitor Q, 2001), mais toujours intéressants. Depuis, chaque édition du festival présente au moins un film de Miike, ce qui en fait de facto l’auteur le plus emblématique de l’événement.

prod. Madhouse / Rex Entertainment / et al.
PERFECT BLUE (2e édition, 1997)
Satoshi Kon
La même année, le festival obtient fièrement une première mondiale qui fera longtemps la réputation de l’événement, celle de Perfect Blue, le premier long métrage de Satoshi Kon. Ce qui peut sembler être un miracle est le fait d’une productrice et consultante à la programmation, Hiromi Aihara, qui a été particulièrement importante dans les années 1990 dans la diffusion du cinéma japonais dans des festivals à Montréal, Toronto et Rotterdam. À l’époque, Aihara obtient la première, qui sera accompagnée par la productrice du film, Hitomi Nakagaki. Aux côtés du succès populaire de Fudoh, le festival s’affirme déjà comme une rampe de lancement pour le cinéma de genre japonais.

prod. Basara Pictures / Asmik Ace Entertainment / et al.
RINGU et RINGU 2 (4e édition, 1999)
Hideo Nakata
Montré pour la première fois en Amérique du Nord lors de la 4e édition du festival, Ringu arrive précédé d’une réputation hors du commun. Le film ayant défoncé le box-office japonais et hongkongais, une suite accompagne déjà le premier volet au festival, tandis qu’un troisième est en production et qu’un remake coréen (The Ring Virus, 1999) a déjà pris l’affiche. Hideo Nakata est présent et la réception des deux films confirme le potentiel de cette nouvelle J-Horror auprès du public occidental. Après une autre année de tournée festivalière remarquée, les droits de l’adaptation américaine sont acquis par DreamWorks qui coiffe Disney au poteau. Le remake de Gore Verbinski suivra en 2002, ainsi qu’un tout nouveau marché transnational autour du cinéma d’horreur asiatique avec Ju-On/The Grudge (2002, 2004), Dark Water (2002, 2005), The Eye (2002, 2008), Shutter (2004, 2008), A Tale of Two Sisters/The Uninvited (2003, 2009), etc.

prod. Madhouse / Bandai Visual Company / et al.
MILLENIUM ACTRESS (6e édition, 2001)
Satoshi Kon
Satoshi Kon finit par faire le voyage jusqu’au festival en 2001 pour la première mondiale de Millenium Actress. Il m’a toujours paru très particulier que les deux premiers films de l’animateur génial qu’était Satoshi Kon aient été lancés à Montréal. Quelle chance ce fut ! À une époque où l’animation japonaise devait batailler pour chaque centimètre de visibilité, cela souligne la place indispensable qu’a occupé le festival dans la diffusion de l’anime en Amérique du Nord, tout en consolidant un certain corpus d’œuvres majeures et incontournables présentées depuis la première année du festival (Barefoot Gen [1983], The Castle of Cagliostro [1979], Memories [1995], Patlabor 2 [1987], Wings of Honneamise [1987]).

prod. Anonymes Films
CATHARSIS (6e édition, 2001)
Hélène Cattet et Bruno Forzani
Le programme de courts métrages Small Gauge Trauma est l’une des belles marques de commerce de Mitch Davis : une sélection concise, impitoyable et contrastée d’œuvres triées sur le volet et enfilées dans un ordre efficace. En 2001, en première mondiale, le programme accueille Catharsis, le tout premier film d’Hélène Cattet et Bruno Forzani. Même si le duo a depuis davantage été associé au Festival du nouveau cinéma (FNC), où l’on a vu leurs longs métrages Amer (2010), L’Étrange couleur des larmes de ton corps (2013) et Laissez bronzer les cadavres (2017), il faut rappeler que la majorité des courts métrages qui ont précédé ont été diffusés au cœur de Small Gauge Trauma, soit Chambre jaune en 2003, La fin de notre amour en 2004 et L’Étrange portrait de la dame en jaune en 2005.

prod. Park Ex Pictures / Sortie 22
BON COP, BAD COP (10e édition, 2006)
Érik Canuel
Sur le seuil d’Éric Tessier avait tenu sa première mondiale au festival en 2003, mais il faut attendre 2006 pour qu’un film de genre québécois connaisse un départ de l’ordre du film d’Érik Canuel. Pour la première de Bon Cop, Bad Cop, le cinéaste est présent au festival avec Patrick Huard, accueilli par un public qui réagit au quart de tour. Pour ses dix ans, Fantasia, qui a participé ici à la culture du cinéma de genre de manière fondamentale, s’offre comme la rampe de lancement du film le plus lucratif de l’histoire du cinéma canadien. C’est la même année où le festival est financé par les instances publiques pour la première fois. Le lancement du film en clôture atteste de la qualité de la plateforme offerte auprès de l’industrie locale. Truffe (Kim Nguyen, 2008) aussi aura sa première mondiale au festival, puis Les 4 soldats (Robert Morin, 2013), Le problème d’infiltration (Robert Morin, 2017), Slaxx (Elza Kephart, 2020), Irlande Cahier Bleu (Olivier Godin, 2023) et Anna Kiri (Francis Bordeleau, 2025).

prod. Population 1280 Films / Horizon Productions / et al.
HOME SICK (11e édition, 2007)
Adam Wingard
La première mondiale du premier film d’Adam Wingard, Home Sick, marque l’édition 2007 par la colère et la débrouillardise dont le jeune réalisateur de l’Alabama fait preuve. Du cinéma numérique pauvre et malaisant, avec une odeur de BBQ nimbée de sang, le film emprunte à Lynch ses décors mais pour y camper une satire névrosée, apothéose d’un splatter-gore fauché de l’ère Bush II. Outre la rétrospective de trois films dont il fait l’objet en 2011, Wingard est surtout devenu un habitué du TIFF, avec ses premières de A Horrible Way to Die (2010), You’re Next (2011) et Blair Witch (2016). Ses deux derniers Godzilla (vs. Kong en 2021, New Empire en 2024) n’ont peut-être pas impressionné, mais on attend Onslaught sous la bannière d’A24 d’ici la fin de l’année.

prod. Bazelevs Production / Blumhouse Productions
UNFRIENDED (18e édition, 2014)
Levan Gabriadze
Le début des films en screenlife, ces histoires contraintes à la capture d’un écran d’ordinateur ou de téléphone, a lieu à Fantasia en 2014, avec la première mondiale de Cybernatural, produit par Timour Bekmambetov (Night Watch [2004], Day Watch [2006]). Le film connaît un succès immédiat et la Universal l’achète avant de changer son nom pour le plus évocateur Unfriended. Une suite sort en 2018, Dark Web, ainsi qu’une poignée d’autres films qui font de l’appel Skype, puis Zoom, un petit théâtre du hors-champ domiciliaire, comme Searching (Aneesh Chaganty, 2018), Host (Rob Savage, 2020) et Missing (Will Merrick et Nick Johnson, 2023).

prod. EMA Films / Timpson Films / Epic Pictures
TURBO KID (19e édition, 2015)
RKSS
La projection de Turbo Kid à Montréal, quelques mois après sa première à Sundance, a des allures de prophétie enfin réalisée. Le trio Roadkill Superstars (RKSS), composé à l’époque d’Anouk Whissell, Yoann-Karl Whissell et François Simard, grandit dans le sillon de Fantasia et de SPASM et fait partie de cette première génération d’enfants du festival enfin devenus grand·e·s. Le triomphe populaire de Turbo Kid, qui vient de cumuler, pendant des mois, des passages remarqués à Sundance, SXSW, CPH et BiFan, confirme que le festival a cultivé non seulement un public pour le genre, mais aussi des artistes capables, à leur tour, de rayonner sur la scène internationale. Des retrouvailles épiques, mémorables sont ternies par les films suivants du collectif, nettement moins enthousiasmants (Summer of 84 [2018], We Are Zombies [2023] et Wake Up [2023]), sans compter le départ forcé de François Simard après des allégations d’agression sexuelle sur des enfants rapportées par La Presse en 2024. Reconfiguré en duo, RKSS est toujours à l’œuvre, et on ne peut que lui souhaiter un retour en bonne et due forme.

prod. Flies Collective / Grand Motel Films / The Eyeslicer
CHAINED FOR LIFE (22e édition, 2018)
Aaron Schimberg
Depuis peu, la planète cinéphile admire le travail d’Aaron Schimberg pour A Different Man (2024), mais les fidèles du festival qui ont écumé les programmations de la défunte section Camera Lucida (inaugurée en 2010) se rappelleront d’y avoir découvert ses films précédents : Go Down Death en 2013 et Chained for Life en 2018. Le cinéaste américain a connu au festival des premières canadiennes marquantes, qui ont consolidé sa place d’abord parmi les favoris de Fantasia à titre de nouvel auteur incontournable, particulièrement dédié à la représentation de la différence et du handicap sous toutes ses formes. Bien que Schimberg soit de toute évidence arrivé à un échelon qui le détache naturellement de l’écosystème joyeux d’un cinéma de genre plus fauché, il est bon de se rappeler que cette trajectoire doit beaucoup aux efforts successifs de Simon Laperrière et d’Ariel Esteban Cayer, qui l’ont tour à tour programmé.

prod. Wonder Wheel Productions
THE DEEPER YOU DIG (23e édition, 2019)
Toby Poser, John Adams et Zelda Adams
Nouvelles coqueluches du cinéma d’horreur contemporain, les membres de la famille Adams, originaire des forêts de la Nouvelle-Angleterre, atteignent la notoriété internationale pour la première fois après la première mondiale de The Deeper You Dig à Fantasia en 2019. Le film d’horreur psychologique, centré autour d’une mère (Toby Poser), de sa fille (Zelda Adams) et d’un inconnu assez louche (John Adams), marque une première incursion dans l’horreur signée par la famille. Depuis, chacun de leurs nouveaux films a été accueilli en première mondiale au festival avec autant d’ardeur : Hellbender (2021), Where the Devil Roams (2023), Hell Hole (2024) et, finalement, Mother of Flies (2025), leur film le plus accompli à ce jour. Ce dernier est récompensé du Prix Cheval noir après avoir été acheté par la plateforme Shudder quelques jours avant sa première diffusion. Le succès de la famille Adams et leur empreinte sur le cinéma de genre des années 2020 prouvent que le festival est parvenu à maintenir sa pertinence et son influence. Plus largement, le triomphe des Adams au festival représente l’un des legs incontournables du versant international de l’événement, ainsi que sa capacité à faire exister un cinéma d’horreur étasunien qui échappe à l’étiquette franchement douteuse du elevated horror.

prod. ERO Pictures / BayView Entertainement / et al.
SKINAMARINK (26e édition, 2022)
Kyle Edward Ball
Une autre découverte qui réitère l’influence du festival sur la scène contemporaine nord-américaine, Skinamarink traumatise complètement tous ceux et celles qui s’aventurent dans cette salle comble de juillet 2022. Nimbée d’une atmosphère terrifiante, moulée dans les ténèbres des années 1990, cette histoire de gamins somnambules qui voient des objets, des portes et des fenêtres disparaître est un parfait exemple du flair de Fantasia — et de la section Underground menée avec beaucoup de goût par Justine Smith — pour ces petites productions artisanales, pourtant capables de marquer l’imaginaire. On peut aussi facilement imaginer qu’il n’y aurait peut-être pas eu de feu vert donné à Backrooms (Kane Parsons, 2026) sans Skinamarink, qui a aidé à populariser la mise en scène des espaces liminaires au sortir du confinement.

prod. Nemesis Films
LES CHAMBRES ROUGES (27e édition, 2023)
Pascal Plante
Deux semaines après sa première remarquée à Karlovy Vary, le thriller fincherien de Pascal Plante est présenté ici en guise de film d’ouverture de l’édition 2023. Il en devient la coqueluche instantanée : Les chambres rouges remporte les Prix de la Meilleure performance (Juliette Gariépy), de la Meilleure trame sonore (Dominique Plante), du Meilleur scénario (Pascal Plante) et du Meilleur film. Le triomphe est total, les étoiles Letterboxd dans le tapis, et le film acquiert immédiatement une réputation qui ne dérougira pas. Il connaîtra par la suite une brillante carrière internationale et une sortie régulière dans plusieurs territoires (la France, l’Allemagne, le Japon…), ce qui confirme à nouveau la crédibilité et l’habileté du festival à veiller sur son industrie locale.

prod. Slateverse Pictures / Black Fawn Films
UNDERTONE (29e édition, 2025)
Ian Tuason
L’an dernier, un film d’un réalisateur complètement inconnu émerge de la section canadienne Ombres du Septentrion dirigée par Carolyn Mauricette. Sa première laisse immédiatement une forte impression et, deux semaines plus tard, au terme d’une guerre à six acheteurs, A24 acquiert les droits d’Undertone de Ian Tuason. Le distributeur organise une première subséquente à Sundance, avant une sortie dans les salles régulières nord-américaines au printemps dernier, où le film, produit pour 500 000 $, récolte plus de 21 millions de recettes. À l’heure qu’il est, Tuason est aux commandes du 8e volet de la franchise Paranormal Activity de la maison Blumhouse. L’achat d’Unterdone en marge du festival confirme qu’après avoir aidé le cinéma de genre québécois à se positionner à l’international depuis une vingtaine d’années, Fantasia demeure tout aussi capable de créer des réputations et de faire courir la rumeur qu’il l’était à ses débuts.

:: Le Directeur de la Programmation Asiatique Nicolas Archambault et Takashi Miike (2016) (photo : © Fantasia)
![]() |
envoyer par courriel |
| imprimer | Tweet |
