REGARD 2022 : Territoire du court
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Rétrospective 2021 : Les meilleurs films de l'année

Par La rédaction

Une autre année passée dans la stase s’achève sans l’impression d’une coupure ni même d’un jalon. Si 2020 avait été bercée d’incertitudes aux accents catastrophiques, 2021 a été définie dans ses alternances, ses écarts de plus en plus difficiles à vivre, entre deux chaises, comme entre deux fauteuils vides d’une salle rouverte à moitié. Entre deux modes de diffusion, deux festivals aux chances inégales, les pics covidiens ont continué de battre la mesure d’un calendrier de sorties et de festivals sans cesse reportés au risque de se perdre dans la « réinvention ». Ce portrait maussade et défaitiste est toutefois éclairé par des films d’une inventivité avérée, ou par d’autres qui éclairent des récits cruellement méconnus, des légendes prises pour acquises, des personnages assiégés. Une certaine brise réflexive, débrouillarde, critique, ayant le luxe de la distance et d’une température de la déconstruction, s’agite dans la majorité des films retenus ici (à partir de 173 titres que l’équipe a mis sur la table où il n'y avait aucun Spider-Man).

Bien entendu l’exercice de ces palmarès annuels n’a d’autre désir que d’être une sorte de brise-vague, empêchant les films d’être ravalés aussitôt remarqués par le ressac d’une distribution dispersée. À l’heure où l’on ne parle presque plus de « manquer » un film, où la temporalité des sorties hebdomadaires est recouverte par leur pré-archivage sur les plateformes des suspects habituels, une telle logique de palmarès se voit cette année bousculée, plus déterminée qu’auparavant à ramener vers l’avant des films méconnus, négligés ou ballottés, se demandant moins « quel est le meilleur film de l’année ? » (question de plus en plus vétuste quand la cinéphilie éclate dans autant de directions), qu’à se demander lesquels nous pouvions faire exister un peu plus longtemps.

Voici les trente films retenus et débattus par la rédaction de Panorama-cinéma, avec un surplus de courts métrages (sans ordre) à qui il fallait tailler une place. Donc quarante films pour densifier une année un peu fantomatique, poursuivre les découvertes dans une formule traditionnelle, bonne vieille hiérarchie cinéphile que nous aimons mais qu’il faudra un jour repenser face à cette décennie qui provoque toutes les réévaluations.

 

 
Présentation  |  30-21  |  20-11  |  10-1  |  10 courts métrages  |  Palmarès individuels

 

illustration : François Samson-Dunlop

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Article publié le 20 janvier 2022.
 

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