L’équipe Infolettre   | Soutenez Panorama Cinéma sur Patreon

Rétrospective 2011 : L'année en trois acte(ur)s

Par Jean-François Vandeuren
Chez Panorama-cinéma, nous avons l’habitude d’aborder le septième art en partant de ses auteurs, curieux de voir ce que ces derniers pourront apporter à cette grande roue qui ne cesse de tourner tout comme les avenues qu’emprunteront leurs parcours respectifs et les signatures qui finiront par en ressortir. Trêve de phrases dignes d’une vidéo corporative, une telle approche peut s’avérer un exercice de patience tout de même assez exigeant puisque cela prend généralement plusieurs années avant qu’un cinéaste ne parvienne véritablement à se faire un nom au-delà d’un premier long métrage réussi annonçant un bel avenir pour le nouveau venu. Il en est évidemment tout autrement pour un acteur, dont le nombre de projets peut se multiplier assez rapidement en l’espace de douze mois. Cela aura été le cas encore une fois cette année alors que plusieurs interprètes de grand talent auront su tirer leur épingle du jeu devant tous les publics. Les lignes qui suivent sont dédiées à trois artistes ayant su s’imposer de par la qualité de leur jeu de même que par la quantité et la consistance des productions auxquelles ils auront pris part pour retenir l’attention des médias comme des spectateurs.

JESSICA CHASTAIN - La recrue de l’année

Il y a à peine un an, Jessica Chastain n’apparaissait sur le radar que d’une poignée de cinéphiles. Étrange comme les choses peuvent changer du tout au tout lorsqu’une actrice décroche soudainement l’un des premiers rôles du nouveau film de Terrence Malick. La rouquine se sera d’ailleurs imposée cette année grâce à deux rôles de figure maternelle qu’elle aura su camper avec tout l’amour, la tendresse et la vulnérabilité requises - et plus encore - dans le grandiose The Tree of Life et dans l’impressionnant Take Shelter de Jeff Nichols. Chastain aura également su prendre sa place dans le rôle un peu plus musclé d’une espionne israélienne tourmentée dans le surprenant The Debt de John Madden en plus de côtoyer la distribution du succès surprise de la dernière saison estivale : The Help de Tate Taylor. Le parcours de l’actrice se poursuivra très prochainement avec la sortie du Coriolanus de Ralph Fiennes tandis que sa présence est déjà confirmée dans la prochaine réalisation d’un Terrence Malick qui n’aura jamais été aussi prolifique en près de quarante ans de carrière.

MICHAEL FASSBENDER - Année d’éclosion

Le grand acteur irlandais avait déjà fait tourner bien des têtes au cours des dernières années grâce à des prestations de haut calibre dans le Inglourious Basterds de Quentin Tarantino, le Fish Tank d’Andrea Arnold, et surtout dans le Hunger de son compatriote Steve McQueen. Fassbender était de retour à l’emploi de ce dernier cette année pour livrer une autre performance foudroyante dans la peau d’un dépendant sexuel dans le tout aussi percutant Shame. L’acteur aura également vécu sa première véritable expérience au sein d’une production grand public en reprenant avec tout autant d’aplomb les traits du mythique Erik Lehnsherr / Magneto dans l’on ne peut plus divertissant X-Men: First Class de Matthew Vaughn. Et vous savez que vous avez connu une année stellaire lorsque vous vous retrouvez en plus au coeur d’un drame d’époque. Qui plus est, une énième adaptation du roman Jane Eyre de Charlotte Brontë. Nous pourrons bientôt reprendre conscience de l’ampleur du phénomène Fassbender grâce au très attendu A Dangerous Method de David Cronenberg et au curieux Haywire de Steven Soderbergh. Artiste sachant visiblement avec quels réalisateurs travailler, Michael Fassbender risque de gagner encore bien des fans l’été prochain grâce à sa participation dans le très prometteur Prometheus de Ridley Scott.

RYAN GOSLING - Le jeune vétéran

Il était devenu plutôt difficile de savoir à quoi nous pouvions nous attendre de Ryan Gosling, lui qui était disparu de la carte après quelques participations notables sur le circuit indépendant américain dans le Lars and the Real Girl de 2007, et surtout l’excellent Half Nelson de 2006. 2010 et 2011 auront été l’occasion pour le jeune acteur de démontrer qu’il n’était plus que le beau gosse de The Notebook qui aura fait craquer les adolescentes de la décennie précédente, et encore moins le jeune Hercule de la fin des années 90. Gosling aura tout d’abord entamé l’année en allant à contrecourant de l’un de ses plus célèbres rôles en s’aventurant dans les coulisses souvent sombres des histoires d’amour telles que mises en scène dans le déchirant Blue Valentine de Derek Cianfrance avant de participer quelques mois plus tard à un Crazy, Stupid, Love. traitant lui aussi de la complexité des rapports amoureux, mais d’une manière beaucoup plus légère. C’est néanmoins à l’automne que l’interprète canadien aura pu véritablement tirer son épingle du jeu grâce à des performances impressionnantes dans l’excellent The Ides of March de George Clooney, et surtout le déjà culte Drive de Nicolas Winding Refn. Le jeu posé et mélancolique ponctué de quelques explosions de violence de Gosling dans Drive aura d'ailleurs déjà laissé une marque indélébile au coeur de la culture cinéphilique, en plus de nous faire trépigner d’impatience à savoir où le duo pourra bien nous emmener par la suite...
Envoyer par courriel  envoyer par courriel  imprimer cette critique  imprimer 
Article publié le 4 janvier 2012.
 

Rétrospectives


>> retour à l'index