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Rian Johnson : Passé, présent, futur

Par Jean-François Vandeuren


CINÉMA DE GENRES

Rian Johnson semble appartenir à la même famille de cinéastes que les Britanniques Michael Winterbottom et Danny Boyle, pour qui le septième art se doit visiblement d’être exploré par l’entremise d’une multitude de démarches artistiques, et donc de genres. Avec la sortie de son troisième long métrage, l’excellent Looper, il est désormais évident que le réalisateur originaire du Maryland crée dans l’immédiat, s’inspirant du passé pour mieux le projeter dans l’avenir, obéissant à des codes très précis tout en parvenant à imposer une signature qui lui est propre. Dès la première projection de Brick en 2005, nous avions perçu tout le potentiel dont il regorgeait. Sept ans et trois films plus tard, ce dernier peut désormais être considéré comme l’une des voix les plus talentueuses et inventives du cinéma américain d’aujourd’hui.

Comme plusieurs de ses contemporains, c’est à Sundance que Johnson aura fait ses premiers pas devant le reste de la planète cinéma. Il en sera d’ailleurs reparti avec le Prix spécial du jury remis pour l’originalité de la vision cinématographique pour Brick, oeuvre néo-noire qu’il aura su mener de main de maître malgré un budget plutôt limité. Vint ensuite le moment fatidique de répondre aux attentes élevées et de présenter un second long métrage. Johnson n’aura toutefois pu faire l’unanimité avec le trop rapidement jugé - du moins, au sens de l’auteur de ses lignes - The Brothers Bloom, virage à 180 degrés avec lequel l’Américain se sera permis de célébrer le pouvoir de la fiction avec une énergie qui nous ramenait de bien des façons à la Nouvelle Vague française.

Avant de revenir à la charge avec un troisième film, Johnson aura fait un bref détour par la télévision en réalisant en 2010 l’excellent épisode « Fly » de la troisième saison de l’inégalable série Breaking Bad ainsi que l'épisode « Fifty-One » de la cinquième saison en 2012. Finalement, comme c’était le cas de Brick, et même de The Brothers Bloom, Looper s’impose à son tour de par la manière profondément ingénieuse dont son maître d’oeuvre aura su mettre en scène des bases pourtant archiconnues d’un genre spécifique - cette fois-ci la science-fiction.

Comme plusieurs grands noms du septième art, Johnson aime visiblement s’entourer des mêmes talents film après film, retenant automatiquement les services de son cousin Nathan Johnson à la musique et de Steve Yedlin à la direction photo. Le cinéaste semble avoir d’autant plus développé une relation particulière avec l’acteur Joseph Gordon-Levitt, dont il aura participé à l’essor et qu’il retrouve aujourd’hui au moment où il semble prêt de son côté à courtiser un plus large public tandis que la jeune sensation aura fait une ascension fulgurante au sein du star-système hollywoodien au cours des dernières années grâce, entre autres, à des participations importantes dans les Inception et The Dark Knight Rises de Christopher Nolan. Mais si le cinéma de Rian Johnson aura certainement pris des airs d’« affaire de famille » au fil de ses réalisations, son essence, elle, demeure encore des plus hétéroclites.

À VOIR

>> Brick (2005)
>> The Brothers Bloom (2008)

>> Looper (2012)
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Article publié le 26 septembre 2012.
 

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