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BLACK FILMS MATTER : UNE FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE DE L’EXPÉRIENCE AFRO-AMÉRICAINE

Par David Fortin

Cette liste se veut un parcours sélectif de certains films importants réalisés par des afro-américains, en n’utilisant pas plus d’une fois un même réalisateur. Elle ne se veut pas être exhaustive mais sert plutôt de propositions personnelles de films puisés à travers une histoire du cinéma encore trop méconnu et pourtant extèmement riche.




Lester Walton (1882-1965)

Cette liste s’amorce non avec un réalisateur de film mais avec un critique de film. Militant des droits civiques, diplomate, auteur-compositeur, propriétaire de théâtre et critique de cinéma, Lester Walton a eu une carrière diversifiée qui a commencé en 1906 au
St. Louis Star, devenant ainsi le premier journaliste noir à plein temps du journal, mais c’est en 1908 qu’il déménage à New York et devient le rédacteur en chef du New York Age et commence ainsi à écrire sur les films et particulièrement sur la représentation des Noirs dans les films. Il a également été vice-président de la Negro Actors Guild of America. Il touche aussi à la politique alors qu’en 1913 il fait pression avec l’aide de l'Associated Press pour que le mot «nègre» soit orthographié avec un «N» majuscule.


Within Our Gates (Oscar Micheaux, 1920)

Considéré comme le premier cinéaste indépendant noir au États-Unis, Oscar Micheaux a débuté comme romancier pour ensuite se lancer dans le cinéma en réalisant et produisant 42 longs métrages entre 1919 et 1948 à l’aide de la Micheaux Film and Book Company qu’il a fondé. Within Our Gates était sa réponse à Birth of a Nation de D.W. Griffith qui était alors très populaire à l’époque mais qui dégageait un racisme évident en glorifiant le Ku Klux Klan. Le film de Micheaux montrait au public que le racisme blanc était une menace pour la survie des Noirs, contrairement à Birth of a Nation qui décrivait l'existence d'une société noire indépendante comme une menace pour la survie des Blancs. Les récits des films de Micheaux étaient centrés sur la vie des Noirs pendant Jim Crow, abordant des sujets tels que la violence raciale, le viol, l'oppression économique et la discrimination. Micheaux voulait que la vie des communautés noire soit dramatisé à l’écran de la même manière qu’ils la vivaient.

 



A Woman's Error (Tressie Souders, 1922)

Tressie Sounders est reconnu comme étant la première femme afro-américaine à avoir réalisé un film avec A Woman’s Error en 1922. Selon le magazine Billboard du 28 janvier 1922, la publicité autour du film semblait tourner autour de cette mention et les critiques de l’époque semblaient rapporter que le film dépeignait une image fidèle de la vie de la communauté noire locale. Il est difficile de savoir comment Tressie Souders en est arrivé à réalisé ce film et malheureusement aucune copie du film n’a été retrouvé à ce jour.





Flames of Wrath (Maria P. Williams, 1923)

Maria P. Williams est connue comme étant la première femme afro-américaine à être productrice de films. Elle travaillait comme secrétaire et trésorière pour la Western Film Producing Company dont son mari était président. Les rôles de producteur et réalisateur n’étant pas aussi divisé à l’époque que maintenant, il est difficile parfois de savoir exactement qui était ou non derrière la réalisation des films comme les producteur l’étaient aussi mais la plupart des sources semblent attribuer la réalisation du film Flames of Wrath à Maria P. Williams qui en était aussi la productrice et l’actrice. Avant le cinéma, Williams était militante et auteure, écrivant un livre en 1916 sur son activisme intitulé My Work and Public Sentiment dans lequel elle s'est identifiée comme organisatrice et conférencière de la Good Citizens League et a déclaré que dix pour cent des recettes du livre irait à la répression du crime parmi les Afro-Américains.



Commandment Keeper Church, Beaufort South Carolina, May 1940 (Zora Neale Hurston, 1940)

Dans les années 1920, l'auteur et anthropologue Zora Neale Hurston a commencé à incorporer le film dans son travail de terrain ethnographique, en tirant plus d'une douzaine de bobines dans le Sud qui ont su archiver sur image des êtres, des pratiques et des lieux. Commandment Keeper Church documente les services religieux qui ont lieu dans une communauté Gullah en Caroline du Sud. Les images sont accompagnées d'enregistrements audio fait sur le terrain. En 2006, le film a été sélectionné pour le National Film Registry de la Library of Congress.





Dirty Gertie From Harlem U.S.A. (Spencer Williams, 1946)

Adaptation non-officielle de la nouvelle de 1921 Rain de W. Somerset Maugham, qui avait déjà été adaptée deux fois au cinéma (Sadie Thompson de Raoul Walsh en 1928 et Rain de Louis Milestone en 1932). Sans être un grand film, Dirty GertieFrom Harlem U.S.A. résonne comme une version pour public de couleur du récit de Maugham. Changeant les noms des personnages et faisant basculer le lieu vers les Caraïbes tout en donnant à la protagoniste une carrière dans le divertissement plutôt que de la faire prostituée, le film se dotte aussi d’un ensemble d’interprètes entièrement noir, mais surtout, il donne à Francine Everett l'opportunité de jouer une femme noire sexy et glamour, rôle stéréotypé de la femme libre et dangeureuse mais qui se voyait alors généralement donné à des femmes blanches à Hollywood. À l’image des stars des adaptations précédentes Gloria Swanson et Joan Crawford, Francine Everett démontre qu’elle aurait pu en devenir une elle aussi, n’en serait que des obstacles systémiques envers les gens de couleur dans l’industrie du cinéma.



Symbiopsychotaxiplasm, Take One (William Greaves, 1968)

Le film a été financé de manière indépendante par l'un des anciens étudiants de du réalisateur William Greaves durant son époque d'enseignement à l'Office national du film du Canada et à l’Actors Studio. Le film présente un film en tournage à Central Park. Le réalisateur devient de plus en plus erratique, l’équipe du film devient de plus en plus frustré par son comportement et les tensions montent. Entre fiction et documentaire, cet objet hybride et inclassable fut longtemps oublié avant d’être redécouvert et apprécié autant comme une forme de témoignage de l’époque que l’expérimentation méta qu’il est. Greaves présente son concept de symbiopsychotaxiplasm comme étant les événements qui surviennent au cours de la vie de quiconque qui ont un impact sur la conscience et la psyché de l'être humain, et comment cet être humain contrôle ou effectue également des changements ou a un impact sur l'environnement. On peut s’y casser la tête par moment mais c’est indéniablement une oeuvre à part venant d’un cinéaste afro-américain à un point tournant des années 60.

 

The Learning Tree (Gordon Parks, 1969)

Sortie de la Warner Bros, The Learning Tree est le premier film d’un grand studio hollywoodien réalisé par un afro-américain. Le film est basé sur le roman éponyme du réalisateur Gordon Parks qui retrace un moment décisif dans la vie d’un afro-américain du Kansas rural des années 1920. D’une grande beauté visuelle, le film roule sur un rythme calme ponctué par quelques moments durs et démontre entre autre l’abus de pouvoir des hommes d’autorité blanc sur les hommes noirs, ainsi que l’absence de conséquence de leurs actes. Se lançant dans le cinéma tardivement,  Parks était alors âgé de 57 ans à la sortie de ce premier long métrage pour lequel il est aussi scénariste, producteur et compositeur musical. Surtout connu pour son film suivant qui deviendra un emblême du blaxploitation, Shaft, The Learning Tree est plutôt ancré dans le réalisme et surtout un des rares films des années 60 à présenter le point de vue noir sur la vie noire aux États-Unis.

 

Cotton Comes to Harlem (Ossie Davis, 1970)

C’est avec une chimie indéniable et des dialogues vifs et plein d'esprit que les deux acteurs principaux incarnent deux détectives qui tombent sur une arnaque lucrative lors d’une enquête sur un hold-up et transforment le film en un buddycop-movie avant son temps. Aussi drôle dans ses moments comiques qu’efficace dans son suspense, le film se permet aussi des critiques du pouvoir blanc et de l’état d’Harlem à l’époque en y incérant plusieurs moments de vie quotidienne. C’est avec un sens habile du rythme que Cotton Comes to Harlem se dévoile être une sortte de prototype de la comédie policière qui sera éventuellement popularisé dans un cinéma blanc des années 80 tout en ouvrant la porte pour laisser entrer le film de blaxploitation qui arrive alors à grande vitesse.

 

I Am Somebody (Madeline Anderson, 1970)

Documentariste importante, c’est en 1969 que Madeline Anderson pointe sa caméra vers les travailleuses noires des hôpitaux de Charleston, en Caroline du Sud, alors qu’elle entamment une grève pour la reconnaissance des syndicats et une augmentation de salaire, avant de se retrouver dans une confrontation avec le gouvernement de l'État et la Garde nationale. Laissant les femmes en lutte parler pour elles-mêmes, Anderson leur donne une voix et démontre comment elles sont soumises à des pratiques discriminatoires, à des insultes et à un salaire inférieur à celui de leurs homologues blancs. Leur volonté à se syndiquer se terminera malheureusement par des violences policières et des arrestations massives. Un document important dans la lutte pour les droits des travailleurs et contre la dicrimination raciale.

 

Sweet Sweetback’s Baad Asssss Song (Melvin Van Peeble, 1971)

«le premier film noir vraiment révolutionnaire jamais réalisé, présenté par un homme noir» aura dit du film Huey Newton, co-fondateur de Black Panther. C’est derrière la réalisation, la production, le scénario, la musique et l’interprétation que Melvin Van Peebles a créé ce film emblématique de la blaxploitation. Il est majoritairement considéré comme le premier film ayant parti le genre et c’est suite à son succès énorme que suivront nombreuses productions du genre. Controversé à sa sortie alors classée X, le film garde encore aujourd’hui tout de son impact. Financé et distribué en dehors des grands studios hollywoodiens, Sweetback a non seulement détourner les règles en se créant les siennes en démontrant aussi des ingéniosités technique avec son montage énergique et ses jump cuts erratiques qui amène le film dans des zones visuelles surprenantes.



Cooley High (Michael Schultz, 1975)

Parfois comparé au American Graffiti de George Lucas sortie 2 ans plus tôt, Colley High en présente surtout une similitude de part l’époque dans laquelle il se situe et la jeunesse qu’il dépeint. Situé en 1964, et basé sur les expériences de vie du scénariste Eric Monte à Chicago, le film présente un étudiant qui vit dans les housing projects et rêve de devenir écrivain. Avec un ami, ils passent leur temps entre l’école et les filles, mais un problème avec la police apportera son lot de drames. On passe facilement par dessus les quelques maladresses du film pour y voir un des prototype d’un genre qui éventuellement deviendra plus populaire dans les années 80 et 90 (House Party (1990) et autre dérivés). Il faut aussi souligner son excellente trame sonore qui parcoure des incontournables du motown.



Emma Mae (Jamaa Fanaka, 1976)

Emma Maea souffert d’un mauvais marketing à sa sortie qui le vendait plus comme un film d’action de la blaxploitation que l’étude de personnage qu’il est. Sa sortie en vidéo domestique a d’ailleurs renforcé la chose en changeant le titre pour Black Sister's Revenge et malgré qu’il flirte avec les codes de la blaxploitation, c’est plus vers le portrait social qu’il tend en nous présentant Emma Mae, cette héroïne forte qui mérite de se faire redécouvrir. Débarquant du Sud pour s’installer en terre de promesses californienne, Emma Mae désenchantera vite et fera face aux problèmes socioéconomiques dont sa communauté fait face. Un des principaux réalisateurs provenant du mouvement cinématographique L.A.Rebellion, Jamaa Fanaka est surtout connu pour son succès Penitentiary (1979) et ses deux suites qui sont plus baigné dans le film d’exploitation mais c’est quelques années avant avec Emma Mae qu’il aura véritablement réussi à placer un coeur dans cette enveloppe de blaxploitation.

 

Killer of Sheep (Charles Burnett, 1978)

Probablement le film le plus connu du mouvement cinématographique L.A.Rebellion, Killer of Sheep de Charles Burnett est une illustration poétique des pressions de la pauvreté dans le quartier de Watts à Los Angeles, une partie de la ville alors rarement vue au grand écran. Le film se concentre sur un père qui travaille dans un abattoir et dont le fardeau existentiel pèse lourdement sur sa famille. Autre film fait en dehors du système et qui est aussi radical dans sa forme que son contenu, il fut comme beaucoup d’autres tombé longtemps dans l’oubli avant d’être redécouvert et son importance reconnu. Premier long métrage percuttant de Charles Burnett, Killer of Sheep sera suivi par des films comme My Brother’s Wedding (1983) et To Sleep With Anger (1990) qui démontreront tout autant le talent particulier de ce cinéaste à part.



Personal problems (Bill Gunn, 1980)

Cette vidéo-chorale entièrement conçue et produite par des Afro-Américains et récemment sauvé de l'oubli est une des rares traces de la participation de la communauté afro-américaine à la révolution vidéo. Autant d'espoirs que de désespoirs à travers cette exploration de la vie de diverses personnes dans la communauté circulant autour d'Harlem. Malgré l'aspect brut qu'apporte le visuel analogique, il se dégage une complexité émotionnelle tout au long des presque trois heures de cette oeuvre ambitieuse aux moyens réduits dans laquelle on explore les diverses tensions et interractions entre une infirmière, son mari, son beau-père, son amant et son frère. Au détour des conversations on glisse des réflexions sur la condition de la communauté noire en Amérique et de la classe ouvrière. On arrive même y glisser quelques commentaire sur leur place dans le cinéma hollywoodien. Résultat d'une collaboration entre deux artistes noirs pionniers dans leur domaine, l'écrivain Ishmael Reed et le cinéaste Bill Gunn, cet objet hybride entre la série condensée et l’essai vidéo était destiné à l'origine pour la télévision publique et fut donc resté invisible pendant de nombreuses années. Plus connu pour son film devenu maintenant culte Ganja & Hess (1973), Personal Problems pousse sa recherche narrative plus loin en développant lentement ses personnages et reste à ce jour une oeuvre unique dans le paysage vidéographique afro-américain.

 

Ashes and Embers (Haile Gerima, 1982)

Gagnant du prix FIPRESCI pour le Forum du nouveau cinema au Festival de Berlin en 1983, Ashes and Embers démontre l’aliénation des Afro-Américains de la classe moyenne qui se sont accommodés du système et des radicaux désireux de changer cette société enracinée dans un racisme institutionnalisé en suivant un vétéran du Vietnam, qui, plusieurs années après la guerre, a du mal à accepter et comprendre son rôle dans cette guerre ainsi que son rôle d’homme noir aux États-Unis. Il devra suivre les conseils de ses amis et de sa grand-mère pour perdre son amertume et se reconstruire.

 

Losing Ground (Kathleen Collins, 1982)

Portrait d’un marriage qui se désagrège en y démontrant les négociations difficiles entre une professeure de philosophie qui cherche l’extase et un artiste peintre séducteur qui recherche un espace pour son travail. On y traite autant des disputes domestiques que d’identité raciale, de sexisme et par le biais de quelques dialogues, d’histoire de l’art et du cinéma afro-américain. Rarement on avait alors vu de portrait d’américains de couleur personnifiant un personnage académique ou un artiste reconnu. Seret Scott incarne bien cette femme en recherche identitaire alors que l’acteur et réalisateur Bill Gunn donne une performance confiante en incarnant cet artiste au sourire charmeur. Considéré comme le premier long métrage réalisé par une femme afro-américaine, il est d’autant plus dommage de constaté que le film n’a jamais eu une véritable distribution en salle et donc fut trop vite oublié, avant sa redécouverte en 2015 grâce à le fille de la cinéaste qui prit soin de restaurer le film et lui assurer une deuxième vie en salle. Kathleen Collins est décédé d’un cancer en 1988 n’ayant pas pu achevé un autre long métrage depuis ce premier et privant ainsi le cinéma américain d'une voix indépendante singulière.

 

Hair Piece: A Film for Nappy Headed People (Ayoka Chenzira, 1985)

Une satire en animation sur la question de l'image de soi pour les femmes afro-américaines vivant dans une société où la beauté des cheveux représenté par les médias ne fait pas écho aux leurs. Dynamique et doté d’une narration pleine d’esprit, le court métrage animé d’Ayoka Chenzira est devenu essentiel pour les discussions sur le racisme et le cinéma afro-américain et est encore utilisé par des divers groupes. Ayoka Chenzira fut l’une des très rares femme afro-américaine à faire des films expérimentaux dans les années 70 (son film Syvilla: They Dance to Her Drum (1979) qui portait sur la danseuse et chorégraphe afro-américaine Syvilla Fort est un des films marquants de cette période). Elle a depuis acquis une renommée internationale avec ses productions diversifiés qui passent de l’expérimental à l’animation, ou au documentaire, et Hair Piece reste aujourd’hui une oeuvre forte voulant contester les représentations des stéréotypes afro-américains dans les médias grand public.

 

Hollywood Shuffle (Robert Townsend, 1987)

En détaillant la lutte futile d'un aspirant acteur noir dans le système hollywoodien, Robert Townsend en profite pour souligner tous les problèmes de celui-ci en y faisant ressortir tous les stéréotypes du personnage afro-américain souhaité par l’industrie (“Soyez plus noir” qu’on répète à l’acteur). Suivant le modèle parodique du “film à sketches” qu’on retrouvera quelques années plus tard de façon moins efficace dans les films des frères Wayans, Townsend créer avec Hollywood Shuffle une satire de l’industrie cinématographique autant qu’un hommage au pouvoir du cinéma. C’est avec des bons coups et des moins bons qu’on traverse les vignettes du films qui proposent des gags qui peuvent dans certains cas être datés mais qui dans l’essentiel visent juste dans leur urgence à briser le moule dans lequel le cinéma a enfermé l’image de l’homme noir américain.

 

Do the right thing (Spike Lee, 1989)

Si Spike Lee a frappé fort dès son premier long métrage She's Gotta Have It (1986) dont l’influence a été depuis largement absorbée à travers les comédies romantiques noires du début des années 2000 jusqu’à sa version en série télé sur Netflix, Do the Right Thing reste son film emblématique, autant qu’il est l’un des films emblématiques des années 80. Film qui a provoqué autant d’éloges que de craintes lors de sa sortie, Do the Right Thing ne laisse assurément pas indifférent et reste à ce jour un des films examinant le racisme qui a le plus d’impact dans toute la force qu’il arrive à faire surgir et toute la complexité avec laquelle il aborde les différentes facettes du sujet. Limitant l’action sur un bloc de Brooklyn durant le jour le plus chaud de l’été, le film dévoile un microcosme multiracial et toutes les tensions qui se créer lentement jusqu’à ce que tout éclate. Passant du portrait intime au portrait communautaire, Lee utilise des astuces techniques visuelles et narratives audatieuses et déstabilisantes qui font autant passer la charge émotive de la multitude de ses personnages qu’elles amènent un dynamisme stylisé qu’on ne voyait alors pas tellement dans le paysage cinématographique. La direction photo aux couleurs chaudes et contrastées de son collaborateur Ernest Dickerson aide aussi beaucoup à rendre l’expérience caniculaire palpable. Maintenant considéré comme l'un des grands films américains, Do the Right Thing a confirmé Spike Lee comme l'un des cinéastes les plus éminents à émerger des années 80.



Tongues Untied (Marlon Riggs, 1989)

Souvent insulaire et solitaire, le monde des hommes noirs homosexuels est caractérisé par le rejet d’une société dominante qui ne comprend ni n'essaie d'accepter leur vie car baignée dans le racisme autant que dans l’homophobie. Le documentaire de Emmy Marlon Riggs fait voir les joies et les douleurs particulières de ce monde en offrant un mélange de récits personnels, de poésie, de musique et de danse qui fusionne le personnel, le politique et l'esthétique tout en explorant l'intersection de la culture noire et la culture homosexuelle.

 

Sidewalk Stories (Charles Lane, 1989)

Oeuvre particulièrement unique dans le paysage cinématographique afro-américain, Sidewalk Stories se veut une variation du film de Charlie Chaplin The Kid (1921) en reprenant sa trame de bases mais en allant aussi jusqu’à proposer un film en noir et blanc et muet. Sous ses faux airs rappelant le ton du film burlesque de Chaplin, le film laisse entrer lentement son étude sociale et le drame qu’il raconte réellement. Gagnant du Grand prix du jury au Festival de Sundance en 1990, le premier long métrage du réalisateur Charles Lane a malheureusement eu une distribution très limité et est resté jusqu’à ce jour très peu vu. Avec son ton doux-amer et son approche innhabituelle, Sidewalk Stories arrive à être un hommage au cinéma d’un autre temps autant qu’une comédie dramatique sur la résilience afro-américaine.

 

Daughters of the Dust (Julie Dash, 1991)

Daughters of the Dustest le premier long métrage réalisé par une femme afro-américaine à obtenir une sortie en salles aux États-Unis (Losing Ground recensé plus haut qui fut réalisé en 1982 par Kathleen Collins n’avait pas eu de sortie en salles) et est considéré aujourd’hui comme un des films importants sortie dans les dernières années et un fier représentant du cinéma féministe. Le film dépeint le quotidien de trois générations de personnages féminins d’une communauté Gullah au début du 20e siècle en réunissant musique, danse et contes folkloriques enveloppés dans des images lyriques d’une grande beauté (le film remporta un prix pour sa direction photo au Festival de Sundance de 1991). Daughters of the Dust c’est une épopée matriarcale multigénérationnelle sur la préservation de la mémoire et la nécessité du changement que la cinéaste décrit comme une version repensée, redéfinie et reconstruit de son histoire identitaire. C’est aussi un portrait sensible de la communauté Gullah qui regroupe les afro-américains qui vivent dans la région américaines de la Géorgie, la Floride, la Caroline du Sud, la plaine côtière et les îles de la mer, ayant développé une langue créole, la langue Gullah, et une culture riche en influences africaines qui les rendent distinctifs parmi les Afro-Américains. Acclamé à sa sortie, le film souffre du même symptome que plusieurs autres des films de cette liste, il ne fut pas tant distribué et fut donc presqu’oublié jusqu’à sa redécouverte récente. Julie Dash n'a malheureusement jamais fait un autre long métrage. L'album visuel de Beyoncé, Lemonade, fut un des coup de pouce au regain d'intérêt pour le film puisqu’il s’inspire ouvertement de l’oeuvre de Dash.

 

Boyz N the Hood (John Singleton, 1991)

En partie puisé dans le vécu du cinéaste John Singleton, ce drame urbain racontant les épreuves de trois jeunes afro-américains qui grandissent dans le centre-sud de Los Angeles était le premier film grand public à traiter de la violence des gangs dans les ghettos urbains américains et a ouvert la porte à de nombreux films suivant la vague durant les années qui suivent (Menace II Society, Fresh, Juice, etc.). Boyz N the Hood se distingue par son approche honnête et sensible qui réfléchie les divers problèmes vécus par la communautés de ce quartier. Surtout, il humanise tous ses personnages, tant les citadins ordinaires que les trafiquants de drogue. Le discours de Laurence Fishburn sur la gentrification fait encore écho aujourd’hui. Boyz N the Hood c’était aussi la découverte de Cuba Gooding Jr. et Ice Cube et le succès populaire et critique du film amènera John Singleton à être alors le premier afro-américain et le plus jeune meilleur réalisateur à être en nomination aux Oscars.

 

BÉBÉ’S KIDS (Bruce W. Smith, 1992)

Basé sur le stand up du comédien Robin Harris “Bébé’s Kids”, le long métrage d’animation de Bruce W. Smith roule sur des gags parfois hilarants et parfois un peu faciles dans les diverses mésaventures de Robin (interprété par Faizon Love qui donne sa voix au comédien qui décédait deux ans plus tôt) qui doit survivre aux enfants de Bébé qui lui donnent du fil à retordre alors qu’il essai de passer du temps avec Jamika, une amie de Bébé qui doit s’occuper de ses enfants le temps de leur rencart. On va de petits désordres à des poursuites de robots dans un parcs d’attraction dans ce petit film sans prétention qui s’avère être l’un des premiers film d’animation réalisé par un afro-américain en plus de mettre à l’écran un ensemble de personnages de couleurs dans les rôles principaux. Ce qui ne se verra pas si souvent dans les long métrages d’animation jusqu’à plus récemment. Surtout, entendre la voix grave de Tone Lōc dans la bouche d’un bébé (Pee-Wee the O.G.) est aussi improbable qu’hilarant.

 

Tales from the Hood (Rusty Cundieff, 1995)

Réalisé en pleine effervecence du film d’horreur anthologique, Tales from the Hood ancre ses quatre histoires surnaturelles dans la réalité de la communauté afro-américaine pour mieux montrer la réelle horreur vécu par celle-ci. À travers les récits fantastiques qu’un étrange propriétaire de centre mortuaire raconte à trois jeunes trafiquants de drogue, on touche des sujets encore très actuels aujourd’hui comme la brutalité policière, la violence domestique, le racisme institutionnel et la corruption politique. Le réalisateur Rusty Cundieff arrive à faire cohabiter dans ce film à redécouvrir un divertissement surprenant et un commentaire social puissant. Coup de coeur pour le récit avec les poupées en stop-motion qui prennent revanche sur un sénateur raciste du Sud.

 


The Watermelon Woman (Cheryl Dunye, 1996)

Avec son premier long métrage, Cheryl Dunye une exploration ludique de la représentation des femmes noires au cinéma à travers les tribulations amoureuses et artistiques de son personnage principal, une aspirante cinéaste noire et lesbienne travaillant dans un vidéoclub. Un peu à l’image du Clerks de Kevin Smith, plusieurs conversations de comptoir tournent autour des films ou des relations mais contrairement aux personnages de Smith, Dunye (qui interprète le rôle principal) ne s’attarde pas sur Star Wars mais plutôt sur les premières représentations de femmes noirs à l’écran. Plus particulièrement à une actrice d’arrière plan de certains films muets, Fae Richards, qui est souvent mentionné dans les génériques comme la Watermelon Woman et qui semble représenter une histoire non-dite des communautés noires et lesbienne. Ses recherches l’amènent à creuser l’histoire du cinéma pour mieux se la réapproprier pendant que sa vie sociale et relationnelle s’occupent à la ramener sur terre. Inventif et plein de charme, The Watermelon Woman est un bon morceau de cinéma comme outil de réflexion identitaire.

 

Love & Basketball (Gina Prince-Bythewood, 2000)

Proposant une romance sur fond de Basketball professionnel, le premier long métrage de Gina Prince-Bythewood vient non-seulement secouer les conventions du film sportif mais aussi celles du film romantique. La cinéaste met en scène le récit d’une jeune femme noire qui rêve de devenir la première femme à jouer pour la NBA pendant qu’en parallèle elle fréquente de façon inconsistante un autre joueur ambitieux qu’elle connait depuis l’enfance. C’est en quatre actes que le film se déploie, partant de l’enfance au premièrs succès sportif à l’école, aux ambitions grandissantes du collège pour se rendre à la l’aube d’une carrière professionnelle. Il s’y développe une histoire d'amour menacée par la compétition et l'ambition en y démystifiant certaines tendances démontrant plutôt que l'ambition professionnelle et les relations personnelles n'ont pas besoin de se faire au détriment l'une de l'autre. Film sportif vu à travers le regard d’une femme (autant la réalisatrice/scénariste que le personnage principal), Love & Basketball glisse dans sa romance des réflexions sur le rôle des femmes dans le sport et par la performance incarnée de ses deux acteurs principaux, amène le récit dans une histoire d’amour chaleureuse et intelligente.

 

ATL (Chris Robinson, 2006)

Un groupe d'adolescents d'Atlanta réfléchissent à ce que sera la vie après l’école en essayant d’éviter les embrouilles pendant que leurs passes-temps va du hip-hop au patin à roulettes. Sortant du vidéoclip, le réalisateur Chris Robinson y applique tout le visuel en sachant garder une distance entre style et excès, tout en laissant un flux de musique hip hop s’imbriquer parfaitement à l’ensemble. Abréviation d’Atlanta, ATL se ballade au rythme de sa musique dans la capitale qui a joué un rôle important dans la guerre de Sécession et dans le mouvement des droits civiques de 1960, laissant planer l’histoire de son lieu pour s’intéresser surtout à la dynamique sociologique et culturelle des adolescents d’aujourd’hui.

 

Pariah (Dee Rees, 2011)

Six ans avant Mudbound, Dee Rees a réalisé un coming-of-age dont Spike Lee est le producteur exécutif qui est tout simple en apparence mais qui sait subtilement boulverser par traitement en nuance, bousculant les stéréotypes par la même occasion. Adapté de son court métrage primé du même nom, Pariah raconte la difficulté d’affirmation identitaire et sexuelle que vit une jeune afro-américaine lesbienne de 17 ans dont la mère a une une autre idée que la sienne du chemin qu’elle devrait prendre. Avec des performances brutes et réelles, une magnifique photographie caméra à l’épaule qui fut primée à Sundance et une approche humaniste, Pariah expose efficacement les douleurs et difficultés que peuvent apporter la recherche de liberté et d’expression de soi.

 

Fruitvale Station (Ryan Coogler, 2013)

Tristement encore d’actualité, Fruitvale Station est basé sur les événements ayant conduit à la mort d’Oscar Grant, tué par un policier en 2009 sur la plateforme de la station Fruitvale à Oakland. Michael B. Jordan livre une solide performance qui l’a fait découvert dans le rôle de Grant dans ce premier long métrage de Ryan Coogler qui a su approcher ce sujet sensible en centrant son film sur l’homme plutôt que sur l’événement tragique. Le cinéaste organise son film par la présentation presque documentaire d'une journée dans la vie d'Oscar dans sa première partie, pour ensuite placer la tension dans une deuxième partie qui l’amène au destin connu du personnage. Dans sa façon de découper les évènements de cette journée, Coogler donne un portrait complet de la vie et du personnage de Grant et de la personne qu'il veut devenir. En réussissant à saisir les subtilités des émotions de Grant et les diverses façons que ses proches arrivent à interragir positivement avec lui rendent le choc final encore plus intense dans l’absurdité des interractions des autorités qui mènent au destin tragique de Grant. Gagnant du Grand prix du Jury et du Prix du public à Sundance, ainsi que du Prix du meilleur premier film dans la section Un certain regard au Festival de Cannes, Fruitvale Station annoncait clairement la venu de talents majeurs avec cette collaboration réalisateur/acteur qui s’est poursuivi avec Creed et Black Panther.

 

Moonlight (Barry Jenkins, 2016)

Le deuxième film du réalisateur Barry Jenkins est venu boulverser l’image de l’homme noir dans le cinéma populaire en dressant le portrait sensible et profond d'un jeune afro-américain vivant dans les logements sociaux du quartier de Liberty City à Miami, qui traverse une période émotionnellement trouble avec la découverte et l’affirmation de son identité sexuelle. Le récit offrait donc au cinéaste l’occasion de bousculler par la même occasion les représentations trop souvent établies de la masculinité noire à l'écran. Découpant son portrait en trois étapes du passage à l’âge adulte de son personnage, Jenkins propose différentes perspectives sur la masculinité et l’identité, explorant ce que signifie être un homme noir homosexuel en Amérique. Doté d’interprétations solides, d’images magnifiquement photographiées par James Laxton et musicalement accompagné par la musique sensible de Nicholas Britell, Moonlight réussi à assembler tous ces différents moments qui ont aidé forger une identité, laissant aussi de l’espace hors écrans pour certains moments formatifs du personnage, restant universel dans sa captation des épreuves douloureuses et des moments décisifs qui construisent une identité.

 


Lemonade (Beyoncé Knowles, Kahlil Joseph, Melina Matsoukas, Todd Tourso, Dikayl Rimmasch, Mark Romanek, Jonas Åkerlund, 2016)

Oeuvre artistique multimédia pensé et conçu par Beyoncé qui a chapeauté la réalisation vidéo et la création musicale en collaborant avec de nombreux autres artistes, Lemonade est un album visuel concept entre la compilation de vidéoclips et l’essai vidéo. Né de l’infidélité de son conjoint Jay-Z, Beyoncé va au delà du récit personnel en puisant son inspiration dans un contexte plus large d’identité raciale et de trauma générationnel, démontrant sa préoccupation pour une reconnexion à l’histoire afro-américaine et une continuité de sa mémoire culturelle. Revenant en arrière, les récits suivent sa lignée familliale, passant d’une lignée de ruptures relationnelles, d’abus de pouvoir, jusqu’au racines de l’esclavage, faisant résonner l’oeuvre à toute une communauté. Pour le création de Lemonade, Beyoncé s’est inspiré de plusieurs femmes afro-américaines dont l’oeuvre a souvent été éclipsé ou oublié. Une de ses influence majeure est le film Daughter of the Dust (1991) de Julie Dash qu’elle s’est approprié de diverses façons. Réalisé par une femme noire, mettant en vedette des femmes noires et s’adressant beaucoup aux femmes noires, Lemonade est une célébration de la culture et l’histoire des communautés noires du Sud tout en explorant des questions raciales et féministes. Une oeuvre importante venant d’une femme tout aussi importante qui a su allier brillamment la musique populaire à la politique et l’engagement social.

 


13th (Ava DuVernay, 2016)

Première femme noire à être nominée pour le Golden Globe Award de la meilleure réalisation, et aussi première femme réalisatrice noire à avoir son film nominé pour l’Oscar du meilleur film, Ava DuVernay s’est fait reconnaitre avec Selma, pour plus récemment recevoir de nouveau des éloges avec sa mini-série When they See Us, deux oeuvres cherchant à retourner sur des événements ayant affectés une communauté afro-américaine. Entre les deux, elle a réalisé 13th, un documentaire qui dresse un examen approfondi du système carcéral aux États-Unis et de la manière dont il révèle l’histoire nationale des inégalités raciales en y démontrant le nombre disproportionné d'Afro-Américains. Malgré une forme plutôt convenu, le film a la force de construire une synthèse cohérente des diverses informations et arrive ainsi à rendre facilement compréhensible les différents facettes de la situation qu’il expose. Le film dépeint parfaitement les différentes manières que les gouvernements ont trouvées pour conduire des personnes de couleur en prison sans provoquer de réactions venant de son peuple en explorant la diabolisation des minorités au cours des décennies à des fins politiques, contribuant à nourrrir la peur de ces minorités par les Blancs. Ayant fondé en 2010 African-American Film Festival Releasing Movement afin de permettre la distribution de films fait par ou mettant l’emphase sur les expériences afro-américaines, Ava DuVernay s’est engagée très tôt pour sa communauté et s’est depuis construit une solide réputation dans l’industrie avec des oeuvres à volonté de changement social, mais avec 13th, elle a créé une oeuvre éducative essentiel pour reconnaître et comprendre le racisme systémique qui s’est construit au sein de la police, du gouvernement et du reste du monde en remontant à l'ère de l'esclavage pour se rendre au système carcéral d’aujourd’hui.

 

Get out (2017)

Venant de la série à sketches comiques Key & Peele, peu de monde s’attendait au choc cinématographique et à l’impact en salle qu’allait être le premier long métrage réalisé par Jordan Peele. Alliant l’horreur au racisme, Peele a su ancrer son récit dans un réalisme malgré son aspect fantastique en décrivant une horreur bien réelle. La relation amoureuse de Chris et Rose allant bon train, ils décident d’aller passer un weekend dans la demeure familiale de cette dernière afin que Rose présente Chris pour la première fois à ses parents. C’est rendu sur place que Chris fera face à des commentaires maladroitement racistes par les membres et amis de la famille de Rose, pour vivre ensuite des situations étranges qui ne vont que s’accumuler. C’est en se plaçant le point de vue du personnage principal afro-américain que Peele arrive à faire passer au spectateurs l’horreur viscérale du racisme quotidien, systémique, puis ultimement du racisme volontaire comme mal à l’état pur. En ce sens, Get Out se rapproche des films Tales from the Hood ou Candyman qui ont fait de même quelques années auparavant tout en subvertissant les conventions du genre de l’horreur, sachant aussi y placer de l’humour à des moments stratégiques pour arriver à des malaises constants. En créant les tensions autour d’interractions sociales, Peele y fait ressortir toute l’horreur sous-jascente qu’elle cache pour mieux surprendre ensuite avec les développements ultimes vers lesquels le film se dirige. Get Out s’est avéré un succès qui a non seulement révélé un nouvel auteur du genre mais qui a aussi ouvert la porte à d’autres films jouant avec des thématiques similaires qui ont vite suivi le pas.

 

Hale County This Morning, This Evening (2018)

Portrait d’une communauté noire de Hale County en Alabama sous la forme d’un montage impressionniste de moments captés par le cinéaste au fil de cinq ans. Sans fil narratif conventionnel, le réalisateur RaMell Ross a assemblé une série de tranches de vies, de lieux, de moments qui donnent des impressions de vignettes à ce documentaire hors norme tout en gardant une forme d’homogénité dans l’ensemble par le style qui s’en dégage. On passe de façon elliptique du banal au sublime à travers ces moments accompagnés de sons et de musiques qui apportent un certain lyrisme à l’ensemble. À travers ces moments fragmentés, certaines personnes en viennent à se dégager de l’ensemble en nous faisant découvrir les espoirs et déceptions de deux jeunes hommes qui cherchent chacun à réussir, l’un avec une bourse universitaire de basketball et l’autre en tant que nouveau père, passant de la joie au drame, laissant de l’espace pour la communauté et le lieu autour d’eux. Le côté immersif de l’expérience demande autant une attention soutenu qu’un laisser aller face aux attentes conventionnelles pour mieux suivre la cadence méditative de cet oeuvre fugitive qui nous fait réapprendre à regarder par sa capacité à raconter grâce à la force de son visuel.   

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Article publié le 30 juin 2020.
 

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