DOSSIER : LES DIASPORAS INTIMES DE KEITH LOCK
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1 (2009)
Pater Sparrow

Capsule : Faire son propre casse-tête

Par Maxime Monast

Une bonne prémisse n'assure aucunement un bon film. Elle attire l'attention, mais ne garantit pas notre appréciation. Une seule excellente idée ne peut fonctionner à son plein potentiel dans un ensemble, car un film est un regroupement de bonnes intentions. Même si une vision nous habite, accomplir une oeuvre achevée est une épopée de taille. Pour moi, ceci résume assez bien mon expérience avec le long métrage de Pater Sparrow, 1. En effet, on pique notre curiosité avec une intrigue simple, un cambriolage étrange. On envoie la brigade constabulaire à ce magasin de livres rares et uniques. Les employés, un client et son propriétaire en sont les principaux suspects. Tous les livres ont été remplacés par un ouvrage mystérieux. Nommé « 1 », cette brique blanche contient des statistiques. Sans trop pousser la chose, on entretient ce mystère prétentieux et pseudo-philosophique. L'effet désiré est l'équivalent d'un casse-tête éternel auquel nous devons sans cesse revenir. Mais 1 devient vite le genre de puzzles que notre mère nous imposait jadis au cours d'une journée pluvieuse.

La recherche d'une quête est ce qui hante notre compréhension de sa trame narrative. Notre esprit court dans tous les sens pour trouver des repères compréhensibles et cohérents. Bonne chance, parce qu’ici, on ne sait pas trop quoi faire de cette idée originale. Par exemple, la seconde moitié du film se déroule dans un hôpital psychiatrique. Pourquoi? Apparemment, les suspects doivent être aussi des détraqués, donc ils doivent être soumis à une série de tests (et en prime, des abus physiques). C’est une partie d'échecs sans pions, sans échiquier et avec les yeux bandés. En créant des enjeux indéchiffrables, l’atmosphère de suspense et le sort des personnages n’apportent plus aucun poids au récit. Lorsque Phil Pitch (Zoltán Mucsi) est interné à l’hôpital, sa quête comme policier est si embrouillée que l’on n’y accorde aucune importance. Très vite, cette recherche d’un fil d’Ariane ne conduit nulle part.

Magnifiquement filmé par Máté Tóth Widamon, le tout essaie de se coller aux thèmes et aux recherches de Peter Greenaway ou bien, à la limite, de David Lynch. Par contre, on associe ces comparaisons par pure paresse. Ici, une complexité imposée n'élève aucunement le récit au niveau de génie. Avec sa médiocrité fatigante, la confusion et la frustration règnent, et pour cause. Des délires, des poires magiques et des séquences de rêves aussi mûres nous poussent à constamment questionner notre lecture du film. En somme, il n’est pas normal qu'une oeuvre requière un si haut niveau de scolarité pour être possiblement tolérable.

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Critique publiée le 2 août 2010.
 
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Article publié dans le cadre du Festival Fantasia 2010.