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Fernand Bélanger, cinéaste-monteur

DatesDu 20 janvier au 20 février
LieuCinémathèque québécoise
« Abolition du réel plat » F.B.
 
Le cycle invite les spectateurs à découvrir l'œuvre cinématographique de Fernand Bélanger. Il propose une vue d'ensemble des films réalisés par le cinéaste, puisque seule une vision globale comme celle-ci pourra permettre aux spectateurs d’explorer une œuvre très peu connue. Il offre la possibilité de voir des films qui n'ont pas été projetés sur grand écran depuis longtemps et qui seront présentés, pour la plupart d'entre eux, dans leur format original. Il permet d'assurer une visibilité de l'œuvre considérable de Bélanger et s'inscrit dans un processus de reconnaissance afin de faire connaître plus largement le travail du cinéaste. Le cycle est un hommage au cinéaste qui fut d’abord et avant tout un monteur très innovateur. En fait, il lui rend hommage pour son immense talent de monteur et pour son parcours en tant que cinéaste marginal, car Fernand Bélanger fut, du commencement à la fin, un réalisateur stimulant et sensible. Son approche du cinéma fut d’une très belle originalité. Le cycle proposé présente la majorité des films qu’il a réalisés ou coréalisés à travers cinq décennies, des années 1960 jusqu’aux années 2000.    
 
Fernand Bélanger est né à Rivière-du-loup en 1943 et est décédé à Montréal au milieu de l’année 2006. Il était le quatrième enfant d’une famille d’agriculteurs de St-Antonin. Son enfance fut marquée par les apparitions d’Edmond Plourde (projectionniste ambulant et peintre) qui venait projeter des films dans les granges des villages. Il a étudié à l’Académie de Québec où il a réalisé ses films étudiants et, un peu après, il est parti à Paris dans le but de réaliser un stage à l’IDHEC. À son retour, il se fait connaître dans le milieu du cinéma par son premier « vrai » film intitulé Via Borduas. Bélanger fait un long séjour à l’ONF – il y sera en résidence quelques temps et produira Ti-Cœur en 1969. Son séjour dans cette institution s’achèvera avec la réalisation de Passiflora en 1985. Ses films subséquents seront produits par des maisons de production indépendantes.    
 
Présenter l’œuvre cinématographique de Fernand Bélanger, c’est permettre qu’elle soit vue et entendue par une nouvelle génération de spectateurs. Comprenant plus d’une quinzaine de films réalisés ou coréalisés, plusieurs scénarios et films dont le montage (image ou sonore) fut assuré par le cinéaste, elle est le fruit de nombreuses collaborations entre les cinéastes, les partenaires, les amis proches et Fernand Bélanger. Ce dernier s’est intéressé autant au montage image qu’au montage sonore, car il fut un bricoleur du son et de l’image et un savant connaisseur de la synchronie entre les sons et les images. « Fernand, c’était le chercheur qui fouine afin de trouver le choc magique entre deux plans. Il triturait ainsi à tour de bras l’imaginaire au-delà du discours entendu ». [1]
 
Fernand Bélanger aurait pu devenir peintre ou écrivain, mais c’est le cinéma qui l’a habité depuis les origines de son enfance, peut-être parce que le cinéma fut pour lui un art syncrétique. Le montage fut aussi pour lui une passion, une possibilité de partage et de liberté. Le cinéaste a pris goût au genre documentaire lorsqu’il a produit le film De la Tourbe et du Restant en 78-79. Dans son œuvre cinématographique, le genre documentaire est éclaté, composé d’expérimentations, de digressions formelles et intègre des scènes de fiction. Le cinéaste a cru aux possibilités offertes par le documentaire et s’est opposé à toutes formes de linéarité. De façon globale, son cinéma, bien que majoritairement documentaire, peut être qualifié d’inclassable. Le cinéma de Bélanger, c’est le domaine de la créativité par le documentaire, à mi-parcours entre le cinéma-essai et le cinéma expérimental. Il est empreint d’une poésie du moment instantané –magique et dépeint le vécu des protagonistes. Il a quelque chose d’infiniment poétique et anthropologique. Comme Fernand disait dans une entrevue accordée à Rémy Daudelin, «[le cinéma] c’est le jeu de s’amuser avec le réel ».   
 
Fernand Bélanger, c’est plus qu’un sujet de discussion! Aborder son travail créateur consiste à aborder beaucoup d’enjeux et de thèmes simultanément. Montrer et diffuser les films de Fernand Bélanger, c’est faire découvrir et apprécier le cinéma insoupçonné d’un cinéaste au talent révélateur. En réalité, les films présentés dans le cycle n’ont pas vraiment circulés et n’ont été que très peu diffusés dans les dernières années. Finalement, la proposition du cycle consiste à présenter l’œuvre d’un « remarquable oublié ».   
 
Regarder le cinéma de Fernand Bélanger comme on écoute une trame sonore qui nous fait vivre une expérience poétique unique. Regarder ce cinéma d’une beauté exigeante comme un road-movie musical. En « voyageant » dans l’œuvre du cinéaste, on se promènera des rues de la ville de Québec vers les rues et les quartiers de la ville de Montréal. Puis, on se rendra à St-Benoît-du-Lac pour aller en direction de Rivière-du-Loup. On traversera le chemin du Roy, on affrontera la tempête, on prendra l’avion vers le sud, et on s’arrêtera, ébloui, devant les images de la Havane…     
 
Alexis Lemieux (Programmateur invité)

(source: Cinémathèque québécoise)
liens
Cinémathèque québécoise (site officiel)
Cinémathèque québécoise (page Facebook)

Infos pratiques

Prix
8$
Adresse
335 Boulevard de Maisonneuve Est, Montréal, QC ‎
(514) 842-9763