LES MEILLEURS FILMS DE 2009
Vendredi 1er Janvier 2010
Par Alexandre Fontaine Rousseau
Année après année, on tente tant bien que mal de
faire de « l'année » une entité qu'elle n'est
peut-être pas réellement afin de satisfaire le besoin éditorial
d'une récapitulation rétrospective telle que celle-ci.
Comme si 2009 était un phénomène indépendant
de 2008 et de 2010, un vase clos ou encore une rupture marquée
dans le défilement linéaire de l'historicité cinématographique.
L'année n'est qu'un marqueur subjectif élevé au
rang d'objectivité englobante par la force des conventions, sa
clôture une finalité temporaire permettant pour un instant
d'assumer la pose réflexive que je tenterai de prendre dans les
paragraphes qui suivent. On pourrait se perdre indéfiniment dans
les méandres de la question « 2009 fût-il? »,
mais pour les besoins de l'opération faisons comme si et tentons
plutôt de définir ce que fût 2009.
Puisque ce texte se veut le portrait d'une certaine subjectivité,
commençons par celle, collective, que constitue l'enjeu du cinéma
québécois - qui année après année
continue de vivre crises et résurrections, comme plongé
dans une perpétuelle adolescence particulièrement mouvementée
refusant de prendre fin. Déchiré entre ses désirs
de succès et ses aspirations artistiques, le cinéma québécois
- on ne cesse de le répéter - cherche sa définition
quelque part entre la reconnaissance publique et l'approbation critique.
Ce que retiendront ainsi les médias, au sujet du J'AI TUÉ
MA MÈRE de Xavier Dolan, c'est moins l'émergence possible
d'un jeune auteur que le triomphe du film à Cannes; ce fameux
« rayonnement à l'étranger » aura permis au
film d'obtenir un certain succès en salles que n'aurait sans
doute pas eu autrement un film de sa trempe.
Autre cas de figure hautement représentatif de cette situation,
le troisième long-métrage de Ricardo Trogi 1981 a joué
toutes les cartes nécessaires pour séduire les foules
et la critique dans la conjoncture actuelle: humour, nostalgie, enfance.
Suis-je le seul à avoir trouvé l'opération grossière
et narcissique, le discours sur la consommation parfaitement contradictoire
et l'exécution élémentaire? À l'autre extrême
de la grande division se trouvait le tout premier long-métrage
de Simon Galiero, NUAGES SUR LA VILLE, premier film prometteur mais
un brin didactique qui semblait avoir été taillé
sur mesure pour répondre aux préoccupations de la critique
intellectuelle d'ici.
POLYTECHNIQUE de Denis Villeneuve
C'est un peu cet écartèlement identitaire qui aura donné
naissance à l'événement de 2009 sur la petite planète
Cinéma au Québec, j'ai nommé la controverse entourant
POLYTECHNIQUE de Denis Villeneuve. C'est en cherchant à produire
une sorte de monument cinématographique à la mémoire
des victimes de la sinistre tuerie du 6 décembre 1989 que le
réalisateur s'est attiré les foudres d'André Habib,
qui publiait Mortes tous les après-midi au mois de septembre
sur le site Hors Champ. Brûlot critique enlevant, le texte reprochait
au film son esthétique publicitaire figeant la vie et son incapacité
à produire une réelle mémoire de la tragédie.
Mais en trame de fond, c'est une sorte de ras-le-bol quant à
l'état de la critique au Québec et sa culture du consensus
qui ressortait de cette prise de position sévère.
Se sentant visé et ne sachant plus où donner de la tête,
Marc-André Lussier attaquait sur son blogue le ton agressif et
le parti pris éthique de ce qui ne relevait pas selon lui de
l'appellation contrôlée « critique » - sans
jamais répondre de façon structurée à l'analyse
esthétique de son adversaire. Puis, sur Cinoche.com, Karl Filion
signait l'éditorial le plus aberrant de l'année: un texte
réactionnaire qui niait jusqu'à l'utilité même
de l'acte de réflexion tant cinématographique que critique.
Le potentiel du cinéma était fusillé au nom de
sa prétendue mission d'être « un art universel qui
rejoint par les images […] le plus grand nombre possible, hors
de l'Histoire et du temps » et Filion, sans mesurer l'ampleur
d'une telle affirmation, déclarait à qui voulait bien
l'entendre: « la réalité, qu'est-ce que j'en ai
à foutre? »
Heureusement, certains de nos cinéastes continuent de s'intéresser
à la réalité. C'est le cas notamment de Sophie
Deraspe qui confirmait avec l'excellent LES SIGNES VITAUX (qui ne sortira
en salles qu'au début de 2010) une maîtrise brillante du
rapport entre le vécu et le filmé, en plus de révéler
une indéniable capacité à créer des images
soignées, mais pleines d'une authentique compassion. Anthropologue
de formation, Bernard Émond terminait pour sa part avec sa superbe
DONATION une trilogie sur la survivance des valeurs catholiques dans
la culture québécoise contemporaine - réflexion
à la fois historique et morale que le cinéma d'ici n'ose
que trop rarement. Claude Demers, quant à lui, proposait avec
ses chaleureuses DAMES EN BLEU un documentaire étonnant sur un
sujet tout aussi particulier: les admiratrices du chanteur de charme
Michel Louvain. Du côté des déceptions, on ne peut
s'empêcher de mentionner au passage que l'exécution du
dernier André Forcier JE ME SOUVIENS n'était aucunement
à la hauteur de son imaginaire pourtant fort intriguant.
LES SIGNES VITAUX de Sophie Deraspe
Quant au cinéma français, du moins celui qui arrive à
traverser l'océan, il souffre toujours d'un certain marasme -
d'un côté vieux jeu qui nous permet encore aujourd'hui
d'évoquer François Truffaut et son célèbre
Une certaine tendance du cinéma français. La
« qualité française » existe toujours, du
moins si l'on se fie à mes collègues qui m'ont dit le
plus grand mal par exemple de LA FAMILLE WOLBERG d'Axelle Ropert, pourtant
présenté dans la Sélection internationale au Festival
du Nouveau Cinéma. Quelques semaines plus tard, la programmation
de Cinemania semblait confirmer ce constat. Je fus toutefois pris de
surprise lors d'un visionnement (très matinal) du nouvel Emmanuel
Mouret FAIS MOI PLAISIR. En signant son oeuvre la plus burlesque, sa
comédie la plus assumée et son scénario le moins
faussement intellectuel, le cinéaste y révèle un
sens de la mise en scène qu'on ne lui connaissait pas et livre
son premier film franchement réussi. Mathieu Li-Goyette, pour
sa part, profitait de l'occasion pour découvrir LE CONCERT de
Radu Mihaileanu: « une brillante satire ramenant les dommages
collatéraux causés par l'ex-URSS sous la forme d'une belle
et grande boutade. »
Ne soyons pas non plus de mauvaise foi. La France, à chaque année,
produit son lot d'oeuvres fortes et uniques telles cette gentiment décapante
TERRE DE LA FOLIE, nouveau pied-de-nez de l'iconoclaste Luc Moullet,
ou encore le journal intime IRÈNE d'Alain Cavalier. Catherine
Breillat, quant à elle, en aura surpris plus d'un avec son charmant
téléfilm BARBE BLEUE - relecture intelligemment contemporaine
du célèbre conte. Et en matière de comédie
populaire, on fait difficilement mieux que LES BEAUX GOSSES de Riad
Sattouf - sinon peut-être un OSS 117: RIO NE RÉPOND PLUS,
suite particulièrement satisfaisante avec laquelle Michel Hazanavicius
livrait enfin la marchandise que nous promettait trois ans plus tôt
un premier volet inégal et beaucoup moins corrosif que cette
satire livrée avec aplomb du gaullisme, du machisme, du racisme
et du colonialisme.
Les suites, les adaptations de best-sellers et les opérations
de recyclage de la culture populaire ont encore une fois dominé
le calendrier de domination culturel de la machine hollywoodienne, sa
délicatesse de marteau-piqueur nous ayant asséné
de nouveaux volets des « saga épiques » que constituent
HARRY POTTER, TWILIGHT, TRANSFORMERS et TERMINATOR. Ce dernier s'avère
possiblement le plus représentatif d'une certaine tendance du
blockbuster contemporain post-LORD OF THE RINGS à vouloir se
définir très clairement en tant que cinéma épique.
Christian Bale, devenu seigneur ténébreux d'Hollywood
suite au succès des BATMAN de Christopher Nolan, y incarne une
caricature de ces sombres héros maugréant des slogans
existentiels faussement profonds au coeur d'une débauche d'effets
spéciaux numériques qui semblent avoir évacué
une bonne fois pour toute « le réel » des fabrications
de l'usine à rêves. Une nouvelle étape semble d'ailleurs
avoir été franchie dans ce domaine avec l'AVATAR de James
Cameron, oeuvre virtuelle dont le scénario lui-même évoque
cette disparition du monde matériel.
On était par conséquent en droit de craindre le pire de
l'adaptation des WATCHMEN d'Alan Moore, gracieuseté de Zack Snyder,
qui n'aura peut-être pas atteint ses objectifs commerciaux mais
s'est avéré d'un point de vue créatif l'un des
gros machins les plus intéressants de 2009. Même satisfaction
calorique passagère grâce au gros pop-corn bien beurré
du STAR TREK tel que revu et corrigé par J.J. Abrams - relecture
somme toute originale et raffinée d'une mythologie chargée,
ayant tout de même relevé le pari d'adaptation audacieux
(mais commercialement inévitable) de plaire à la fois
aux fanatiques de la série et au commun des mortels. Quant au
DISTRICT 9 du réalisateur sud-africain Neill Blomkamp, il aura
constitué le cas d'éthique le plus discutable de l'année:
la violence sauvage de cette fantaisie sur la libération, par
la révolte, des peuple opprimés avait de quoi choquer,
mais c'est surtout la représentation affreusement raciste des
Noirs (qui ne sont représentés de façon positive
que par symbolisme interposé) dans un film prônant en théorie
« l'acceptation de l'autre » qui aura forcé une remise
en question sur le fond d'un film à la forme somme toute dynamique.
La frontière technique entre le cinéma commercial à
grand déploiement et l'animation étant de plus en plus
ténue, ne soyons pas étonnés que dix des plus émouvantes
minutes de cinéma dans le giron hollywoodien aient eu lieu en
guise de prologue à UP; une vie complète défilant
au gré des ellipses jusqu'à ce qu'un divertissement sympathique
mais un peu trop débile pour son propre bien ne vienne nous rappeler
le créneau dans lequel se devait de s'inscrire le film de Pete
Docter et Bob Peterson. La cuvée animée de 2009 nous aura
donné le génial MARY AND MAX qui marquait le saut d'Adam
Elliott dans le registre du long-métrage ainsi que le charmant
IN THE ATTIC du tchèque Jirí Barta - tandis que la coqueluche
du monde indie Wes Anderson livrait avec FANTASTIC MR. FOX un film d'animation
reprenant avec brio tous ses tics de metteur en scène «
classique » dans le cadre d'un film « pour enfant »
s'adressant tout comme l'impressionnant WHERE THE WILD THINGS ARE de
Spike Jonze à l'enfant sommeillant dans le coeur des jeunes adultes.
THE LIMITS OF CONTROL de Jim Jarmusch
Est-il encore possible d'être « auteur » aux États-Unis?
Certes, mais plus que jamais il semble que ce soit à condition
de s'établir en marge du système et de s'afficher ouvertement
en tant qu'outsider comme le fait depuis maintenant quelques
décennies l'inimitable Jim Jarmusch - qui signait avec THE LIMITS
OF CONTROL son hommage le plus engagé à l'acte essentiel
de résistance culturelle. Ailleurs, le vétéran
Francis Ford Coppola consommait sa rupture avec l'industrie de l'art
dans le complexe TETRO, authentique retour en force d'un géant
que l'on croyait déchu. A SERIOUS MAN, passé plutôt
inaperçu compte tenu de la réputation fort méritée
des frères Coen, explorait quant à lui un petit univers
juif assez insulaire. Même un auteur commercialement viable comme
Quentin Tarantino se réfugiait, sous prétexte de revisiter
un genre, dans un univers référentiel totalement cinématographique
et personnel avec le percutant INGLOURIOUS BASTERDS. Certes, Steven
Soderbergh nous livrait avec l'amusant THE INFORMANT! une oeuvre somme
toute classique et accessible; mais à peine quelques mois plus
tôt, il nous avait proposé un GIRLFRIEND EXPERIENCE cérébral
et obtus à souhait.
L'exception confirmant cette règle est possiblement James Gray,
cinéaste classique jusqu'au bout des ongles qui, sans jamais
quitter le giron prétendument épuisé du drame typiquement
américain, a su s'affirmer comme l'un des auteurs les plus intéressants
de sa génération. Le sobre TWO LOVERS (officiellement
sortit en 2008, le film n'a jouit d'une distribution américaine
qu'en 2009), son quatrième long-métrage, confirmait la
puissance toute en nuances de son cinéma ancré dans la
tradition, profondément mélancolique à l'image
de sa conclusion aussi triste qu'ambigüe. On aurait voulu pouvoir
en dire autant du plus récent Michael Mann PUBLIC ENEMIES; mais
il ne se dégageait strictement rien de cette oeuvre vide, informe
et interminable malgré son rythme agressif, relatant les exploits
de John Dillinger.
D'autres, comme le jeune Jason Reitman, semblent avoir été
« avalés » par une machine pondant de « bons
» films ordinaires par définition tels que le décevant
UP IN THE AIR - qui arrive en salle juste à temps pour la saison
des remises de prix, en évoquant la crise économique de
la manière la plus inoffensive possible. L'autre moitié
du succès-surprise de 2007 JUNO, la scénariste Diablo
Cody, conservait quant à elle un peu de sa verve pour JENNIFER'S
BODY, réalisé par Karyn Kusama. Amusante subversion des
conventions du cinéma d'horreur et du teen movie, cette comédie
n'offrait en bout de ligne que la somme de ses répliques croustillantes.
Pourtant, la griffe aiguisée de Cody transperçait cette
surface parfaitement conventionnelle tendue par Kusama comme pour créer
l'illusion d'un film normal. SURVIVAL OF THE DEAD, de George A. Romero,
n'était un film de zombie que par convention: c'était
au fond un gros dessin animé, dans l'esprit des Looney Tunes
de Chuck Jones, parodiant grossièrement une Amérique s'étant
enfoncée irrémédiablement dans le piège
des luttes fratricides.
Ailleurs dans le monde, plusieurs auteurs consacrés ont récidivé
cette année avec des oeuvres importantes - question de clore
la décennie en grand. Le cinéaste palestinien Elia Suleiman,
notamment, raffinait avec THE TIME THAT REMAINS cette mise en scène
personnelle de l'occupation israélienne dont INTERVENTION DIVINE
avait déjà révélé tant le potentiel
comique inestimable que la nature intrinsèquement subversive.
Son petit bijou prouve surtout que le cinéma engagé permet
encore de poser un regard différent sur des événements
d'actualité - et qu'en exposant à la fois l'absurde et
les causes historiques profondes d'une réalité banalisée
par les médias conventionnels, le septième art possède
toujours le pouvoir d'altérer notre compréhension de celle-ci.
Plusieurs dans l'équipe ont grandement apprécié
NO ONE KNOWS ABOUT PERSIAN CATS de Bahman Ghobadi, visite-éclair
du monde musical iranien par laquelle s'articulait, en filigrane, une
critique de l'étouffant régime en place. Mais l'idée
d'un cinéma révélant une perspective nouvelle sur
le réel n'est pas exclusivement politique, comme le démontrait
Pedro Costa avec l'hypnotisant NE CHANGE RIEN.
Quatre ans après le triomphe de CACHÉ, sans contredit
l'un des films les plus importants des dix dernières années,
Michael Haneke signait avec LE RUBAN BLANC une autre réflexion
sur l'odieux collectif et le dangereux pouvoir du consensus. Voilà
d'ailleurs bien un mot que l'on n'associera pas de sitôt au Lars
vont Trier nouveau, ANTICHRIST: mais ceux qui ont été
prêts à suivre l'enfant terrible du cinéma danois
jusqu'au bout de sa folie considèrent d'ores et déjà
qu'il s'agit de l'un des morceaux majeurs de son imposante (et provocante)
filmographie. Le film, couronné d'un « anti-prix »
scandaleux par le jury oecuménique de Cannes, confirmait selon
certains l'impardonnable misogynie servant de fil conducteur à
l'oeuvre du cinéaste. Gageons qu'une fois la poussière
retombée, on parlera plutôt d'un discours audacieux (et
plus qu'un brin misanthrope) sur l'influence de la psychanalyse et de
la religion - ou tout bonnement d'un film d'horreur viscéralement
unique. AMER, de Bruno Forzani et Hélène Cattet, pigeait
pour sa part dans le grenier mémoriel du giallo afin d'en extirper
une série de sensations et d'images fortes à partir desquelles
le tandem aura orchestré l'une des expériences audiovisuelles
les plus intransigeantes de l'année.
THE CLONE RETURNS HOME de Kanji Nakajima
Il est strictement impossible de produire un texte rétrospectif
« complet », de la même manière qu'il est presque
impossible pour un seul individu de voir tout le cinéma essentiel
d'une année donnée afin de se livrer à l'exercice…
Je regrette déjà de ne pas pouvoir mentionner autrement
qu'ainsi les films de Jacques Audiard et de Tsai Ming-liang qui ne se
sont pas rendus jusqu'à nous, de ne pas vous offrir un compte-rendu
même rapide de cette édition du festival Fantasia qui nous
aurait donné de l'avis de certains l'un des grands films de science-fiction
de la décennie (THE CLONE RETURNS HOME) ainsi qu'un nouveau Park
Chan-wook (THIRST). Même les sceptiques m'ont dit le plus grand
bien des ÉTREINTES BRISÉES de Pedro Almodoóvar,
présenté lors de la toute dernière soirée
du Festival du Nouveau Cinéma juste avant le très beau
MOTHER du coréen Bong Joon-ho que j'intègre maladroitement
à cette véritable liste d'épicerie alors qu'il
mérite mieux. Je mentionne, vite fait, que la fameuse «
nouvelle vague roumaine » semble s'être resserrée
autour du collectif TALES FROM THE GOLDEN AGE, mais mon camarade Louis
Filiatrault saura mieux que moi formuler ce constat.
La marginalité n'est pas une fin en soi, comme le prouvait à
ses dépens l'exécrable (mais fascinant) TRASH HUMPERS
d'Harmony Korine - qui en niant jusqu'à son caractère
de cinéaste livrait un film sans signature et sans âme,
une excroissance horrifiante de la culture des images charcutées
de la galaxie Youtube. Mais s'il fallait justement dégager une
« tendance » générale, une « préoccupation
» centrale du cinéma en 2009, il s'agirait peut-être
de cette division des images en deux groupes. D'un côté
celles qui, en cherchant à faire l'unanimité sombrent
dans l'anonymat, et de l'autre celles qui en assumant pleinement une
certaine subjectivité proposent un regard intègre sur
le monde. Le cinéma « objectif » n'existe peut-être
que lorsque la caméra est l'expression d'une vision totalement
personnelle; ce qui nous ramène, en bout de ligne, à de
vieilles théories soi-disant dépassées sur l'importance
de « l'auteur » au cinéma, notion que nous avons
pris pour acquis mais dont nous avons peut-être oublié
la signification profonde.
JEAN-FRANÇOIS VANDEUREN
01.
THE TIME THAT REMAINS d'Elia Suleiman
02. INGLOURIOUS BASTERDS de Quentin Tarantino
03. ANTICHRIST de Lars von Trier
04. A SERIOUS MAN de Joel et Ethan Coen
05. THE GIRLFRIEND EXPERIENCE de Steven Soderbergh
06. LE RUBAN BLANC de Michael Haneke
07. WATCHMEN de Zack Snyder
08. LES SIGNES VITAUX de Sophie Deraspe
09. FANTASTIC MR. FOX de Wes Anderson
10. THE LIMITS OF CONTROL de Jim Jarmusch
MATHIEU LI-GOYETTE
01.
THE TIME THAT REMAINS d'Elia Suleiman
02. THE GIRLFRIEND EXPERIENCE de Steven Soderbergh
03. INGLOURIOUS BASTERDS de Quentin Tarantino
04. ANTICHRIST de Lars von Trier
05. IRÈNE d'Alain Cavalier
06. LES SIGNES VITAUX de Sophie Deraspe
07. THIRST de Park Chan-wook
08. NO ONE KNOWS ABOUT PERSIAN CATS de Bahman Ghobadi
09. WATCHMEN de Zack Snyder
10. LAST TRAIN HOME de Lixin Fan
LAURENCE H. COLLIN
01.
CORALINE d'Henry Selick
02. A SERIOUS MAN de Joel et Ethan Coen
03. FANTASTIC MR. FOX de Wes Anderson
04. DRAG ME TO HELL de Sam Raimi
05. BRIGHT STAR de Jane Campion
06. THE GIRLFRIEND EXPERIENCE de Steven Soderbergh
07. MOON de Duncan Jones
08. IN THE LOOP d'Armando Ianucci
09. THIRST de Park Chan-wook
10. BIG FAN de Robert D. Siegel
LOUIS FILIATRAULT
01.
MARY AND MAX d'Adam Elliot
02. THE GIRLFRIEND EXPERIENCE de Steven Soderbergh
03. NO ONE KNOWS ABOUT PERSIAN CATS de Bahman Ghobadi
04. TALES FROM THE GOLDEN AGE de Hanno Höfer,
Cristian Mungiu...
05. LES SIGNES VITAUX de Sophie Deraspe
06. THE GIRL de Fredrik Edfeldt
07. MARK de Mike Hoolboom
08. FAUSTA: LA TETA ASUSTADA de Claudia Llosa
09. WHATEVER WORKS de Woody Allen
10. THE LIMITS OF CONTROL de Jim Jarmusch
ALEXANDRE FONTAINE ROUSSEAU
01.
THE LIMITS OF CONTROL de Jim Jarmusch
02. THE TIME THAT REMAINS d'Elia Suleiman
03. ANTICHRIST de Lars von Trier
04. A SERIOUS MAN de Joel et Ethan Coen
05. LES SIGNES VITAUX de Sophie Deraspe
06. LA DONATION de Bernard Émond
07. INGLOURIOUS BASTERDS de Quentin Tarantino
08. THE GIRLFRIEND EXPERIENCE de Steven Soderbergh
09. FANTASTIC MR. FOX de Wes Anderson
10. TETRO de Francis Ford Coppola
NICOLAS KRIEF
01.
MARY AND MAX d'Adam Elliot
02. INGLOURIOUS BASTERDS de Quentin Tarantino
03. THE IMAGINARIUM OF DOCTOR PARNASSUS de Terry Gilliam
04. LE ROI DE L'ÉVASION d'Alain Guiraudie
05. THE TIME THAT REMAINS d'Elia Suleiman
06. LE RUBAN BLANC de Michael Haneke
07. LA DONATION de Bernard Émond
08. OBSERVE AND REPORT de Jody Hill
09. FANTASTIC MR. FOX de Wes Anderson
10. DRAG ME TO HELL de Sam Raimi
CLARA ORTIZ MARIER
01.
MOTHER de Bong Joon-Ho
02. THE GIRL de Fredrik Edfeldt
03. LES SIGNES VITAUX de Sophie Deraspe
04. FANTASTIC MR. FOX de Wes Anderson
05. (500) DAYS OF SUMMER de Marc Webb
06. THE LIMITS OF CONTROL de Jim Jarmusch
07. ANTICHRIST de Lars von Trier
08. INGLOURIOUS BASTERDS de Quentin Tarantino
09. MARY AND MAX d'Adam Elliot
10. THE IMAGINARIUM OF DOCTOR PARNASSUS de Terry Gilliam
MENTIONS SPÉCIALES (10 FILMS DE 2008
SORTIS EN 2009)
CHE
de Steven Soderbergh
THE
CLONE RETURNS HOME de Kanji Nakajima
ENTRE
LES MURS de Laurent Cantet
GOMORRAH
de Matteo Garrone
HOMMES
À LOUER de Rodrigue Jean
HUNGER
de Steve McQueen
IL
DIVO de Paolo Sorrentino
STILL
WALKING d'Hirokazu Kore-eda
TWO
LOVERS de James Gray
LA
VIE MODERNE de Raymond Depardon