02.16.2010 - Ouverture
RENDEZ-VOUS DU CINÉMA QUÉBÉCOIS 2010
Par Mathieu Li-Goyette

Après 28 éditions, les Rendez-Vous du Cinéma Québécois se sont érigés une réputation des plus louables. De par sa mission de promouvoir notre cinéma, les RVCQ sont peut-être aujourd’hui un rendez-vous essentiel du septième art de la belle province et demeurent le berceau de toute une panoplie d’occasions manquées enfin rattrapées, de découvertes fortuites et surtout de rencontres édifiantes avec les artistes d’ici. Cette année encore, l’organisation du festival se fait le devoir de faire une rétrospective complète de tous les longs-métrages québécois de l’année 2009, une bonne partie de ses courts et moyens-métrages ainsi que, bonbon de l’heure, une rétrospective Bruno Dumont avec, en primeur québécoise, Hadewijch, dernier film de l’auteur français le plus respecté du moment. En plus de la visite du cinéaste pour une classe de maître, l’un des doyens du cinéma québécois, Fernand Dansereau se prêtera aussi à l’exercice ainsi que Rezzo Rosselini (fils de Roberto), producteur de quelques films éparpillés de Fellini, Tarkovski, Herzog, Antonioni, Scola et plusieurs autres… Enfin, Charles Papasoff et Éric Demarsant suivront. Saxophoniste pour le premier et compositeur pour le second (responsable des bandes sonores de quelques Melville et Costa-Gavras) seront aussi les enseignants d’un jour pour quelques ateliers sur le cinéma.

Porté par de nombreuses soirées organisées à la Cinémathèque québécoise promettant fête et rencontres fortuites, des ateliers professionnels rassemblant des professionnels du cinéma ainsi que des jeux vidéo et des médias numériques seront aussi présents pour agrémenter une programmation sinon riche en films d’auteur en tous genres, les Rendez-vous feront, à vue de nez, honneur à leur réputation. Car les RVCQ sont évidemment une occasion pour prendre le pouls du cinéma québécois. Ce qui veut dire que c'est aussi l’occasion de repérer avec la meilleure acuité possible ses pires failles, ses méandres esthétiques. Mis côte à côte des quelques grands films produits dans la dernière année, la fuite, pour les imposteurs, sera impossible. Véritable arène où chacun pourrait ressortir avec les meilleurs éloges du public et de la critique, les RVCQ sont aussi le dernier seuil avant la cérémonie des Jutra et, ainsi, l’indicatif le plus juste de la vitalité d’un cinéma qu’il faudra vraisemblablement toujours aimer… Reste à savoir maintenant s’il sera question de le réformer, de le cajoler ou de le fustiger sur la place publique. Ramassés dans le même panier, c’est peut-être l’occasion d’être exigeant envers ce qui apparaît autrement comme de rares « oeuvres d’ici » désireuses de notre support inconditionnel.

Fête du cinéma québécois? De la manière dont nous attendons l’édition et ses différentes activités en périphérie, il n’y a pas à dire. Seulement, il reste que même pendant les plus belles débandades festives… consommons notre cinéma de façon responsable, car il n’est pas toujours chargé des meilleurs éléments nutritifs, ni épargnés des pires poisons.

Pour finir sous de meilleurs cieux, mentionnons l’occasion de revoir en salles des films qui ont trop peu été projetés. Carcasses, Nuages sur la ville, La Théorie du tout, Le Dernier train ainsi qu’en ouverture le dernier film de Léa Pool (La Dernière fugue) et le dernier opus de Robert Morin que nous attendons avec impatience (Journal d’un coopérant) en guise de film de clôture, tous deux en grande première mondiale. Sur ces attentes et ces mises en garde expédiées trop rapidement (n’ayez crainte, elles seront réitérées l’année durant), nous vous souhaitons le meilleur du cinéma d’ici. Du 17 au 27 Février 2010.