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SOLARIS (2002) Chris Kelvin est un psychologue qui reçoit un message lui demandant de se rendre sur un vaisseau en orbite autour de la mystérieuse planète Solaris. C’est un ami qui lui envoie cette demande en expliquant qu’il s’y déroule des choses bien étranges. N’ayant d’autres choix, Kelvin se rend sur le vaisseau afin de découvrir ce qui se trame sur la station. En fait, ce film est une nouvelle version du classique russe de Stanislaw Lem. Steven Soderbergh s’est chargé non seulement de le réaliser, mais aussi d’en écrire le scénario. On ne peut dénier le fait qu’il est devenu l’un des meilleurs réalisateurs de sa génération. À son premier essai en science-fiction, il signe un pur chef d’œuvre du genre. Il faut dire qu’il était sans aucun doute l’homme le mieux qualifié pour mener à bien une tâche aussi ardue que de refaire sous un autre jour ce classique. Ses expériences avec Sex Lies & Videotapes ainsi qu’avec le plus récent Full Frontal ont prouvé qu’il pouvait capter avec sa caméra l’homme dans sa réflexion et aller jusque dans ses pensées pour nous les livrer sur écran. Habitué de filmer des huit clos, Soderbergh maitrise parfaitement son art dans ce film. Il est soutenu par une très belle photographie rappelant 2001: A Space Odyssey. Sa direction des acteurs est toujours exemplaire. Jeremy Davies, un acteur peu connu, offre une performance mémorable. Bien entendu, George Clooney est le centre d’attraction. Bien qu’il ne soit pas exceptionnel, il donne son meilleur dans un rôle auquel il n’est pas habitué. Natascha McElhone l’appuie avec conviction. Ajoutez à cela une trame sonore originale et nettement bien choisie. En fait, le film baigne dans des compositions new age et électronique ce qui donne un ton assez lyrique à l’ensemble de la production tout en ramenant le côté technologique. Mais toutes ces choses ne sont que des accessoires au cœur de ce qui compte vraiment dans Solaris: le scénario. En fait, je dis scénario, mais je devrais plutôt dire analyse philosophique. Vous voulez un divertissement? Oubliez ce film et passé à autre chose. Vous voulez quelque chose de brillant, d’intelligent et de songé? Louez-le sans tarder, c’est aussi simple. C’est un film difficile d’accès pour ceux qui ne peuvent décortiquer le langage cinématographique. Toutes les réponses ne sont pas exposées, les situations peuvent être déroutantes et le message très difficile à cerner. Sans être violent, Solaris s’adresse à une clientèle mature et capable d’aller au-delà de la surface des choses. Le cerveau travaille sans cesse durant le visionnement et c’est là ce qui en fait un chef-d’œuvre. Tout en exposant ses propres théories, le film laisse place à nos propres pensées et peut s’adapter à tous. Je ne suis pas du genre à me questionner bien souvent, mais Solaris m’a poussé à songer à plusieurs choses et est resté dans ma tête pendant quelques jours. Je répète que le tout requiert un effort mental et non une simple écoute. Bref, Soderbergh signe ici l’un de ses films les plus réussis en intégrant avec succès toutes ses techniques. Le matériel de base aidait grandement, mais il fallait tout un effort pour réussir cette version tout en proposant quelque chose qui se distance de l’œuvre originale à sa façon. Un futur film culte sans aucun doute qui n’arrivera jamais à se faire connaitre par la masse. ![]() Version française : Solaris Scénario : Steven Soderbergh, Stanislaw Lem (roman) Distribution : George Clooney, Natascha McElhone, Viola Davis, Jeremy Davies Durée : 99 minutes Origine : États-Unis |
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