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SCHINDLER'S LIST (1993) Il est difficile de parler de Schindler's List sans parler du fait qu’il s’agit d’un film très surévalué par à peu près toutes les sphères de la société. S’il s’agit d’un très bon film, on est extrêmement loin d’être en face d’une œuvre aussi magistrale que l’on pourrait être porté à croire. Bien évidemment, on comprend aisément que Speilberg ait pu récolter autant de sympathie parmi l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, ne serait-ce que par le sujet traité. Mais laissons de côté ces considérations et traitons donc plus directement du film. Tourné presque entièrement en noir et blanc, Schindler's List bénéficie du travail toujours aussi solide du directeur photo Janusz Kaminski. Visuellement, Spielberg n’a aucune difficulté à offrir un film esthétiquement réussi et offre une réalisation tout à fait correct, mais sans plus. En plus, grâce à une distribution de grande qualité, l’interprétation est réussie même si le scénario limite passablement la possibilité des acteurs d’offrir un jeu dramatique véritablement touchant. Plus précisément, un aspect un peu décevant se retrouve dans la présentation du personnage d’Oskar Schindler, cet homme qui, ayant d’abord trouvé une excellente opportunité d’affaires, s’est transformé en un humaniste sauvant la vie de milliers de personnes. En fait, le scénario de Stevne Zaillian ne laisse que peu de place à son développement malgré l’importance capitale qu’il possède dans le cœur du récit. Ainsi donc, on ressent une certaine difficulté à saisir ses pensées et ses actions. Heureusement, Liam Neeson offre une performance en finesse et fait progresser son personnage de façon bien maitrisée. Du même coup, la scène la plus dramatique du film est lorsque Schindler, rongé de remords, songe à ce qu’il aurait pu faire de plus pour sauver d’autres vies, une scène qui bénéficie du talent de Neeson. Mais il est évident que Schindler's List est avant tout un portrait très réaliste de l’holocauste, et c’est ce qui le rend aussi touchant. D’une violence assez marquée pour un film de Spielberg, on a droit à une leçon d’histoire qui permet de bien comprendre la dynamique de l’holocauste, et surtout toute sa folie. Celle-ci est souvent exprimée par le personnage de Ralph Fiennes qui tout en étant bien interprété, manque cruellement de profondeur pour devenir un symbole vraiment marquant de la dualité de l’homme, de son penchant pour le mal. Bref, sans être aussi magistral que sa réputation l’affirme, Schindler's List s’inscrit dans les meilleurs films de Steven Speilberg et se veut un portrait très réussi de l’holocauste et de l’horreur qui en découle. En laissant tomber le développement des personnages et en mettant l’accent sur une reconstitution d’évènements, le film ne parvient malheureusement pas à s’élever suffisamment pour être un véritable chef-d’œuvre. Une excellente leçon d’histoire aux aspects techniques très réussis, mais au caractère plutôt anecdotique. ![]() Version française : La Liste de Schindler Scénario : Steven Zaillian, Thomas Keneally (livre) Distribution : Liam Neeson, Ralph Fiennes, Ben Kingsley Durée : 197 minutes Origine : États-Unis |
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