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REQUIEM FOR A DREAM (2000) Comme les cinéastes Terry Gilliam (Fear and Loathing in Las Vegas) et Danny Boyle (Trainspotting) avant lui, Darren Aronofsky relève ici le défi assez imposant d’évoquer adroitement et de façon crédible cet univers tourmenté d’illusions, sans pour autant se munir de gants blancs au fil du processus. La réussite de ce dernier se veut un essai fort stylisé méritant les plus belles éloges. D’une part, la recette visuelle du cinéaste vient servir dans un premier temps l’ambiance tendue du récit évoquant à maintes reprises les situations les plus cauchemardesques d’un film d’horreur, suivant dans ce cas-ci ce monstre sournois dont les traits laissés invisibles sont endossés par les différentes formes et niveaux de dépendance développée par les différents protagonistes. Atmosphère qui vient conférer à Requiem for a Dream une apparence presque détraquée d’autant plus appuyée par les sons sordidement magnifiques des violons grinçants et mélancoliques venant former la trame sonore. L’esthétisme minutieux de la composition visuelle ahurissante d’Aronofsky est fort heureusement adéquatement soutenu par un travail colossal de la part de l’équipe de montage. L’effort suivant un rythme en deux tons, d’ailleurs spectaculairement développés, mais combien frénétique vu le nombre gigantesque de transitions formant le présent assemblage, le plus incroyable est que d’un bout à l’autre, le film suit cette ligne directrice propre à une descende aux enfer avec une fluidité ahurissante, venant former une poésie visuelle d’une beauté hallucinante tout en sachant le temps venu plonger l’auditoire dans une tourmente quasi insupportable. L’histoire d’une telle réussite se comprend autant par ses élans techniques que par la force des interprètes formant une distribution de premier ordre, comptant même en ses rangs un Marlon Wayans étonnant qui fait part d’un talent dramatique qui n’avait jusque là jamais vraiment été mis en valeur par le cabotinage de sa filmographie habituelle. Jared Leto et Jennifer Connely viennent fermer ce cercle de junkies avec un talent évident déjà prouvé dans le passé. Ce casting exceptionnel parvient d’autant plus à éviter à tous les coups la navrante caricature trop souvent associable aux productions dépeignant ce genre de thématique, ce qui est à la base plutôt phénoménal. Mais la grande vedette de cet ensemble d’acteurs au sommet de leur art est certes Ellen Burstyn, qui rejeta pourtant le rôle au départ, perturbée par cette histoire déjà horrifiante sur papier. Fort heureusement, celle-ci changea d’avis et offre ici une performance désarmante qui devrait même passer à l’histoire vu la perfection évidente à tous les niveaux de son jeu, malheureusement boudé au profit du star système à la cérémonie des Oscars. De par ce film valsant aux abords de la désillusion la plus totale, Aronofsky parvient à nous offrir un tour de force dur, provocateur et on ne peut plus bouleversant, nous laissant sur un dernier tier dont la brutalité n’a d’égal que son génie. Une œuvre aussi nécessaire à un auditoire que l’on cherche que très rarement à mettre à l’envers de la sorte, que d’un point de vue purement cinématographique où Requiem for a Dream semble destiné à s’imposer comme une œuvre phare d’une importance capitale au cinéma des années 2000 et qui saura probablement du même coup réveiller les ardeurs du cinéma indépendant. Un voyage aussi déprimant que sublime. ![]() Version française : Retour à Brooklyn Scénario : Darren Aronofsky, Hubert Selby Jr. (roman) Distribution : Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans Durée : 102 minutes Origine : États-Unis |
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