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PRIMER (2004) Dans un garage, deux collègues de travail mettent au point une machine sans véritablement savoir qu’elle pourrait devenir son utilité. Mais peu à peu, leur création révèle des propriétés étonnantes, dont celle de permettre le voyage dans le temps. Apprivoisant peu à peu leur invention, ils ne se doutent pas des impacts qu’elle pourrait avoir sur leur existence. Jusqu’à ce que celle-ci révèle sa plus incroyable propriété, Primer est un film intriguant à souhait. Tout comme les personnages, on ne sait pas vraiment où tout cela va nous mener et l’ambiance plutôt singulière nous laisse présager que le meilleur est à venir. Avec déception, le meilleur ne se situe pas dans la suite de l’histoire, il se situe dans ce qu’elle aurait pu être. Car peu à peu, et après avoir connu une courbe de suspense en progression constante, le film relâche un peu et entre dans une boucle de dialogue et de différentes scènes qui ne font pas vraiment progresser le récit. Ainsi, on se retrouve dans l’attente constante de la suite des choses, qui ne viendra finalement pas. Même s’il y a la présence de quelques tournures de situations, l’histoire est depuis devenue bien trop nébuleuse pour que l’on puisse être stupéfait. Et une fois l’écoute terminé, on comprend mieux la recommandation de revoir le film pour mieux le comprendre. Mais comprendre quoi finalement? À quel point le scénariste et réalisateur Shane Carruth s’est perdu dans une intrigue inutilement brouillonne? À tout le moins, à défaut de proposer un scénario à la rigueur exemplaire, Shane Carruth est plus habile derrière une caméra. Force est d’admettre que Primer est un film esthétiquement, artistiquement et techniquement réussi, en mettant en parallèle son budget, bien entendu. Sans créer un tour de force mémorable, la réalisation est suffisament inventive pour donner à Primer une allure soignée. Sans les possibilités de mettre des millions en effets spéciaux, on use d’imagination pour faire passer à l’écran certaines scènes, d’où la magie du cinéma qui disparait peu à peu au profit des emplois de graphiste, de modeleur 3-D et autres offrant des résultats ma foi souvent fort délicieux pour l’œil, mais venant réduire à néant les efforts que peuvent investir les plus talentueux des réalisateurs pour nous faire oublier le réel. Du côté des interprètes, leur notoriété totalement inexistante ne gêne en rien la qualité de leur jeu. À travers des dialogues qui versent souvent dans le technico-scientifique, mais qui deviennent aussi rapidement confus, ils campent effectivement leur rôle respectif. En étant totalement dans leur personnage, ils méritent une part de mérite dans la réussite, relative, de cette entreprise. Primer est un film difficile à détester, mais encore plus difficile à pleinement apprécier. On salue totalement ce que Shane Carruth à peu faire avec seulement 7000$ en poche, et il mérite amplement d’être satisfait et fier de son œuvre. Mais pour vous, spectateur distancié de ces réalités, Primer ne remplit pas les attentes, et ce peu importe ce que vous pourrez y rechercher. Ceux désirant voir un film traitant de voyage dans le temps en désirant revivre Back to the Future seront amèrement surpris, les adaptes de science-fiction plus célébrale le seront presque tout autant. Intéressant, mais finalement décevant, parce qu’incomplet. ![]() Version française : - Scénario : Shane Carruth Distribution : Shane Carruth, David Sullivan, Casey Gooden, Anand Upadhyaya Durée : 78 minutes Origine : États-Unis |
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