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PLAN 9 FROM OUTER SPACE (1959) Plan 9 raconte l’histoire d’une invasion d’extraterrestres qui font revenir les morts à la vie dans le but de bâtir une armée destructrice. Heureusement, la police et un pilote d’avion (Gregory Walcott) décident de mener une enquête pour comprendre les évènements surnaturels. Dès les premières minutes, une erreur scénaristique saute aux yeux. On saisit assez vite l’ampleur du dégât. Tenter de résumer l’histoire de ce film d’une manière cohérente est tout simplement impossible. Donc, fort improbable de croire ne serait-ce qu’un instant à l’univers, ma foi on ne peut plus éclaté, du cinéaste. Les amateurs de dialogues de mauvais goût seront au paradis, rares sont les films qui peuvent compétitionner à ce niveau. Des films comme Kung Pow sont nettement plus songés sur ce point. Les personnages sont tous aussi mal développés les uns que les autres. Nul ne semble dans son élément. À ceci s’ajoute l’artificialité plutôt marquée des décors. Si vous croyez avoir tout vu, détrompez-vous ! La cabine de l’avion est faite de carton, et en guise de porte, Ed Wood a fait poser un rideau de douche. Voilà qu’un seul exemple parmi tant d’autres. Le moindre qu’on puisse dire c’est que l’équipe du film possède une imagination assez fertile. Mais dans tout ce souk, Ed Wood est définitivement au premier plan. Sa réalisation pourrait sembler à première vue comme un bêtiser. Le cinéaste, reconnu pour avoir estimé tout au long de sa « carrière » les premières prises comme la perfection, semble avoir négligé la presque totalité des détails entourant son œuvre dérisoire au profit de sa passion pour le cinéma qui émane sur la pellicule. Les spectateurs moindrement attentifs remarqueront des bévues aussi peu subtiles que des perches de son, des pierres tombales qui bougent au moindre coup de vent, des soucoupes volantes en assiettes à tartes dont les fils sont visibles à l’oeil nu, etc. À ceci s’accompagne un montage on ne peut plus bâclé dont les rares plans avec Bela Lugosi deviennent péniblement répétitifs. C’est que la légende, décédée avant que le tournage ne débute vraiment, devient en quelque sorte le point central de tout le film. Pour remédier au décès de l’ex-compte Dracula, Wood a fait appel à une doublure qui se camoufle le visage dans sa cape tout au long du film. Inutile de préciser qu’en plus d’être ridiculement pathétique, ça manque franchement de crédibilité. Des légendes du genre sont nées dans cette œuvre comme Vampira ou Tor Johnson. Évidemment, personne de cette armée composée de trois zombies ne provoque de chair de poule. Pour d’autres acteurs, c’est le néant total émotivement. Aucune intonation ou sinon ils tombent dans un cliché. Pour boucler la boucle, même le son peut être source de moments de pure hilarité. A-t-on déjà entendu du son dans l’espace? Dans l’univers d’Ed Wood, tout est possible. En résumé, Plan 9 est aux parfaits antipodes de Citizen Kane. Après tant d’années, il reste une référence, voire une icône du cinéma de série B. Est-ce un film inférieur? Pas du tout. Plan 9 s’avère être une comédie tout à fait géniale et les messages que projette le film, bien qu’extraordinairement mal exploités, ont tout de même une bonne base morale. La critique de l’attitude américaine que propose Wood est on ne peut plus vraie ces temps-ci. Phénomène à part du cinéma, Plan 9 est à la fois chef-d’œuvre et nullité absolue. L’illustre Ed Wood nous propose l’une des évasions les plus complètes. La question est : êtes-vous partant? ![]() Version française : - Scénario : Edward D. Wood Jr. Distribution : Gregory Walcott, Mona McKinnon, Duke Moore, Tom Keene Durée : 79 minutes Origine : États-Unis |
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