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ONE POINT O (2004) C’est dans un immeuble à logements lugubre occupé par des locataires tous un peu excentriques à leur manière que progresse cette histoire sur la paranoïa face à l’idée d’une éventuelle perte de contrôle sur l’identité de nos actions et de nos choix. De ces divers personnages, nous sommes invités à suivre la tournure étrange qu’a pris le quotidien d’un jeune informaticien désorienté qui ne se nourrit plus malgré lui que de grands verres de lait d’une marque particulière. Pour ajouter au périple psychotique de ce jeune garçon, quelqu’un trouve amusant de venir déposer à l’entrée de son logis de mystérieuses boites vides en apparence. Et comme si ce n’était pas suffisant, voilà qu’une histoire de meurtres sordides vient resserrer l’étau parmi la gamme de personnages étranges défilant dans les couloirs glauques de cet édifice. Si la manière dont s’esquisse la thématique sur l’importance croissante accordée à la technologie et surtout l’informatique dans le film de Jeff Renfroe et Marteinn Thorsson est inévitablement associable à la même idée dans The Matrix, il est tout de même important de souligner que l’univers en soit de One Point O s’oriente beaucoup plus vers la source d’inspiration des frangins Wachowski, soit Dark City d’Alex Proyas. En ce sens, l’approche esthétique des deux réalisateurs du présent film est une réussite plutôt surprenante pour un premier long-métrage, surtout pour un opus de ce genre. Ces derniers utilisent à bon escient l’apport fade de la direction photo ainsi qu’un jeu de couleurs et de teintes gothiques similaires à celles du film de Proyas pour habilement réunir en un tout ces caractéristiques essentielles à l’atmosphère dérangée et paranoïaque que les deux cinéastes tentent d’instaurer. Mais comme c’est souvent le cas lors d’un premier essai, One Point O s’associe beaucoup plus à une série d’influences utilisées par les deux auteurs qu’à un projet à caractère unique. Dans ce cas-ci, on dénombre parmi celles déjà énoncées certains passages rappelant les écrits de Kafka et le cinéma de Lynch, en plus de quelques thématiques chères aux yeux du réalisateur canadien David Cronenberg. La tension paranoïaque vient aussi s’inscrire dans les mêmes traits que ceux du personnage de Max Cohen dans le film Pi de Darren Aronofsky. Le problème par contre est que le déroulement des actions de cet essai est parfois nerveux. C’est une situation s’avérant plutôt agaçante au départ, quoique pas à ce point dramatique, mais elle a néanmoins pour effet de nuire au développement de l'ambiance du film étant donné qu’il prend un certain temps avant que les deux maitres d’œuvre réussissent à nous immerger dans leur monde et ainsi nous faire complètement oublier que nous nous trouvons devant un film. One Point O est donc un premier essai effectuant quelques dérapages, mais qui possède un bagage d’influences respectables et d’autant plus traitées avec une admiration palpable de la part des deux auteurs. Ces derniers mènent également à bon terme leur discours sur la surconsommation et l’esclavagisme des marques faisant de plus en plus de nous que de vulgaires panneaux publicitaires. Seul le temps nous permettra de constater ou non si Jeff Renfroe et Marteein Thorsson seront aptes à faire progresser leur approche vers une signature plus personnelle. Une bonne façon de commencer serait d’accorder un peu plus de vigueur à l’écriture du scénario qui est dans le cas présent un peu trop décousu. ![]() Version française : - Scénario : Jeff Renfroe, Marteinn Thorsson Distribution : Jeremy Sisto, Deborah Unger, Lance Henriksen, Udo Kier Durée : 92 minutes Origine : États-Unis |
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