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MONSTER (2003) Pour son premier long-métrage, la cinéaste Patty Jenkins nous présente l'odyssée du crime qu'on vécu Aileen (Charlize Theron, The Italian Job) et son amie Selby (Christina Ricci, Sleepy Hollow) au cours d'un été dans les années 80. Bref, la décente aux enfers d'Aileen. Si cette oeuvre est d'une actualité frappante, on ne pourrait malheureusement échapper aux comparaisons avec le Thelma et Louise de Ridley Scott sorti en 1991. En effet, dans les deux cas, nos criminelles cherchent un moyen d'échapper à leur vie précédente et un lien d'amitié viscéral se tisse entre elles. Toutefois, Monster se démarque de son ancêtre par son ton beaucoup plus lourd. Jenkins apporte de sérieuses réflexions sur la méchanceté de la société, tant chez les marginaux que les êtres humains en général, et nous questionne à savoir si la fin justifie les moyens. Si la violence reste d'ordre physique, ça n'empêche pas le film de se concentrer plutôt sur l'aspect psychologique, les relations entre les personnages plutôt que l'hémoglobine. Mais malgré tout l'effort de la scénariste pour rendre ses deux personnages attachants, l'histoire reste un peu trop vague par moments. Comme si la scénariste attendait un coup de pouce pour que son scénario puisse évoluer, ce qu'il ne fait qu'à moitié. Entre la cinéaste et son actrice principale, c'est décidément l'actrice qui mène la barque. Bien qu'elle s'applique à créer des ambiances intéressantes, Patty Jenkins reste plutôt sobre et ne se permet aucune audace dans sa réalisation. Le résultat est on ne peut plus conventionnel. Même le montage ne transmet généralement pas l'énergie qui se dégagerait d'une telle violence si c'était moindrement plus original. Comme le dit le dicton : On récolte ce que l'on sème. Les images chocs sont en fait plutôt raisonnables en comparaison au cinéma de Scorsese. Les enfants ont probablement même déjà vu pire à la télévision ou en tuant un quelconque «méchant» dans un jeu vidéo. Charlize Theron, elle, prend le film d'assaut par un jeu d'une qualité plutôt contradictoire. D'un côté, nul doute que la jeune mannequin à la carrière douteuse est bel et bien maintenant une actrice de talent. Elle arrive à incarner avec brio une femme qui nous rappelle vaguement le Travis Bickle de Taxi Driver. Mais parfois, derrière un maquillage bien réussi, se cache un jeu exagéré, voire même «oscarisible». Bien que le personnage nécessite d’être jouer d'une façon exagérée, une légère subtilité n'aurait certes pas nuit à quelques scènes. Un grand acteur sait s'imposer un masque sans avoir recours à une transformation au latex. Si Theron brille dans ce film, sa compagne Ricci reste certainement une grande oubliée dans tout ce battage publicitaire pro-oscar. Contrairement à sa collègue, elle possède une grande générosité de jeu qui lui permet de se fondre à la pellicule quand elle le désire. Bref, sans marquer l'histoire du cinéma, Theron livre un jeu touchant, quoique peu subtil, qui viens éclairer un film mal développé. Au bout du compte, on se demande qui est le monstre d'entre tous? Est-ce notre tueuse en série, son amie, la société ou le spectateur qui salive dans l'attente d'un meurtre? La réponse, comme le film, reste incomplète. ![]() Version française : Monstre Scénario : Patty Jenkins Distribution : Charlize Theron, Christina Ricci, Bruce Dern, Lee Tergesen Durée : 109 minutes Origine : États-Unis |
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