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MON ANGE (2005) Vanessa Paradis, qu’on connait beaucoup plus pour son fameux Joe le taxi, est une actrice très sélective par rapport à sa carrière cinématographique. On d’ailleurs devait la voir dans le Don Quichotte de Terry Gilliam, mais finalement rien ne s’est produit. Voilà donc que même après plus de cinq ans avec La Fille sur le Pont, madame Paradis n’aura tourné que deux films, Atomik Circus et Mon Ange. Ce dernier, signé du scénariste de La Fille sur le Pont, reprend sans surprise la chanteuse dans un rôle un peu simillaire, où la sensualité du personnage est encore une fois un élément majeur de sa personnalité. Vanessa Paradis dégage un grand sex-appeal et sait comment utiliser intelligement cet avantage avec ses personnages, ce qui explique un peu qu’elle tourne souvent autour de cette dimension. Après tout, même la Dulcinée de Don Quichotte répondait un peu aux mêmes exigences. Mais chez Mon Ange, la prostituée sent le temps et son momentum qui lui filent entre les doigts, ce n’est pas qu’une simple vamp, bien qu’elle s’adonne au jeu de la séduction. Serge Frydman sait toujours créer des personnages fascinants, et cette fois il offre à ses deux acteurs une athmosphère de jeu laissant planer ce désir refoulé entre la prostituée et l’adolescent où tout se joue dans le langage corporel. Un défi qu’ils relèvent avec succès. Par contre, ses protagonistes originaux sont prisonniers d’un scénario paresseux où les surprises sont inexistantes. Le début derrière la caméra de Serge Frydman n’égale peut-être pas en qualité ses scénarios passés, mais on retrouve chez Mon Ange un cinéaste dont le talent est encore à l’état brut et qui semble s’exercer dans l’intérêt de peut-être nous offrir un prochain film plus soigné. Qui sait? Visuellement, Frydman fait appel à un excellent directeur photo, Vilko Filac d’Underground, à qui l’on doit un esthétisme incroyable dans la majeure partie des plans, plus particulièrement dans ces longs travellings avants, où l’on découvre par exemple Vanessa Paradis en petite tenue faisant la vitrine des prostituées. Le tout accompagné d’une douce mélodie d’Elvis ou, comme dans la majeure partie du film, d’une réinterprétation d’une chanson de Tom Waits. Mon Ange est loin d’être un grand film, sauf qu’il aura permis à Serge Frydman de faire ses premiers pas derrière la caméra et à Vanessa Paradis de prouver, une fois de plus, que sa carrière au septième art vaut bien plus que sa vocation originale. Si le cinéaste pouvait retrouver l’originalité de ses scénarios dans sa période de Patrice Leconte et laisser tomber les moules scénaristiques faciles, il pourrait être un nouveau cinéaste fort intéressant dans les années à venir. ![]() Version française : - Scénario : Serge Frydman Distribution : Vanessa Paradis, Vincent Rottiers, Eduardo Noriega, Eric Ruf Durée : 94 minutes Origine : France, Pays-Bas |
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