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METROPOLIS (1927) C'est dans un jardin d'éden que tout débute. Un jeune homme nommé Freder (Gustav Fröhlich) vivant dans la gloire et le luxe, rencontre par pur hasard une femme appartenant à un tout autre univers, celui des sous-terrains des ouvriers. C'est Maria (Brigitte Helm), la porte-parole des prolétaires. Le haut et le bas se craignent et la situation devient explosive alors qu'un inventeur cachant une jalousie maladive (Rudolf Klein-Rogge) crée, sous les ordres du maitre de la ville, un robot qui remplacera les ouvriers. Trouveront-ils l'élu qui saura résoudre ce problème? Né de l'imaginaire de Fritz Lang et son épouse Thea von Harbou lors d'un voyage à New-York, le monde de Metropolis nous est bien familier car il reflète la culture occidentale et la modernité. L'univers diégétique n'a donc pas pris une seule ride, ce qui est étonnant pour un film de plus de 77 ans. Peut-être semble-t-il familier aussi par ses rapprochements inévitables aux oeuvres de science-fiction des dernières années qui s'inspirent largement de ce chef-d'oeuvre pour en tirer des «idées originales». Car non, détrompez-vous, Lucas et les frères Wachowski n'ont pas inventé le cinéma. Nous nous retrouvons donc dans une ville un peu moins froide que le château de Nosferatu et un peu moins abstraite que Le Cabinet du Docteur Calligari, mais qui tout même réussi admirablement à tirer toutes les forces du courant de l'expressionnisme allemand. À commencer par une histoire extrêmement puissante qui, malgré les quelques références plutôt évidentes aux livres de Victor Hugo et Mary Shelley, permet de grandes réflexions sociales tant sur l'industrialisme que sur le communisme. Quand les mots n'existent pas, la présence d'un acteur n'est plus qu'un simple atout mais une nécessité! Bien sur, le jeu est exagéré, voire théâtral, mais il n'existe aucun autre moyen de refléter ce qu'un personnage ressent. Le muet est un autre univers qui existe au-delà des dialogues. Brigitte Helm livre son âme dans Metropolis, jouant avec brio deux personnages carrément aux antipodes l'un de l'autre. Une facette terrifie par la froideur et le mal qu'elle porte en elle. Rudolf Klein-Rogge se démarque aussi avec une interprétation magistrale d'un personnage tout à fait typique du genre, le scientifique fou. Bien sûr, si vous n'avez jamais vu la version restaurée, quelques réactions face aux situations que vit le personnage peuvent paraitre légèrement étranges, autrement il demeure l'un des personnages les plus sinistres de l'histoire du cinéma. Qu'arrive-t-il lorsqu'un film n'a aucun son? On y perd bien vite notre intérêt, pas vrai? Il serait étrange de croire que parce qu'aucun dialogue n'a lieu, qu'aucun son ne voyage. Car la musique, dans sa version restaurée bien évidemment, permet au spectateur de tisser un lien profond avec les images. Ce ne sont pas les intertitres qui vous transporteront, mais bien la trame sonore. C'est pour cette raison que Metropolis reste universel. Chaque thème musical transmet une quantité innombrable d'informations sur les personnages et l'univers dans lequel ils se trouvent. La musique est le médium émotif. Metropolis est un chef-d'oeuvre de l'histoire de l'art, au même titre que La Joconde de Da Vinci, que La persistance de la mémoire de Dali ou Le Penseur de Rodin. Une oeuvre éternelle qui ne cessera jamais de communiquer ses messages humains à la société moderne. Son influence sur l'ensemble de l'histoire du cinéma est indéniable et sa qualité est difficilement égalable. Si plusieurs films ont trouvé un honneur à lui soutirer certaines de ses idées afin de créer d'autres grandes oeuvres comme Star Wars, Dark City et Blade Runner par exemple, Metropolis demeure le pilier de son genre et un modèle en matière de cinema. Littéralement grandiose! ![]() Version française : - Scénario : Fritz Lang, Thea von Harbou Distribution : Alfred Abel, Gustav Fröhlich, Brigitte Helm, Rudolf Klein-Rogge Durée : 123 minutes Origine : Allemagne |
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