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LA MARCHE DE L'EMPEREUR (2005) La Marche de l’empereur nous invite donc à prendre part à la vie sur la banquise et à suivre au fil des saisons le long et périlleux cycle de reproduction du manchot empereur dans le désert de glace de l’Antarctique. Une entreprise en plusieurs étapes valsant plus souvent qu’autrement aux abords de la mort, mais qui témoigne à chaque instant d’un courage hallucinant dans le seul et unique but de donner la vie. Plusieurs tomberont inévitablement, affligés par le froid de l’hiver et du temps qui ne se veut jamais un facteur rassurant. Dans le cas présent, il s’agit pour eux de chercher à rester en vie avec le peu de ressources alimentaires présentes en eux pendant plusieurs mois pour ensuite pouvoir renouer avec l’océan et son abondance de nourriture pour s’y nourrir et ainsi ramener de quoi manger à leurs petits. Le film de Luc Jacquet est avant toute chose une réussite technique très impressionnante, alors que le cinéaste français et son équipe ont dû, comme leurs sujets, braver la nature elle-même et des températures extrêmement basses pour nous livrer ce film. Un périple qui exigea énormément de préparation on s’en doute bien et qui nécessita près d’un an de tournage dans des conditions particulièrement hasardeuses. Mais Jacquet et son équipe sont tout de même parvenus à nous livrer une œuvre à part entière composées de plans souvent hallucinants et alimentés d’une photographie inexplicablement sublime, s’ajustant autant aux intempéries qu’à la noirceur ou l’éclat du soleil. Une entreprise visuelle couronnée de succès qui est également alimentée par une narration superbement récitée par les acteurs Charles Berling, Romane Bohringer et Jules Sitruk. Plutôt que d’expliquer à distance, les créateurs du film ont plutôt opté pour une touche un peu plus poétique nous amenant en plein cœur du processus où une famille de manchots nous fait part de leurs craintes et de leurs joies, tout en faisant état de la situation autour d’elle. Une idée fort astucieuse dont le seul véritable défaut serait la perte d’équilibre qu’elle occasionne entre le documentaire et le récit romancé, cherchant parfois à servir un peu plus cette seconde facette en faisant part d’élans d’informations discutables et présents beaucoup plus par souci d’élégance que d’objectivité. On remarque la même chose au niveau du montage où du matériel filmé hors contexte fut inséré pour compléter une scène comme un dialogue entre un père manchot et sa progéniture. Mais il faut malgré tout reconnaitre que l’effet fonctionne à merveille. Dans son ensemble, La Marche de l’empereur se veut tout simplement un très beau film qui a tous les éléments à la bonne place, évoquant les diverses marches de ce peuple des neiges en images et en mots d’une manière fort accrocheuse et même souvent inventive. L’effort de Luc Jacquet est d’autant plus doucement bercé par la savoureuse musique d’Émilie Simon qui nous fait part de compositions qui ne dépayseront pas les adeptes du groupe islandais Múm, à laquelle Simon y ajoute un petit côté rose bonbon. Une aventure envoutante à voir principalement pour sa réussite visuelle incontestable qui témoigne d’un travail acharné et surtout passionné, évoquant également avec éloquence la dureté de ce genre de tournage, nous rappelant bien que les conditions ravageuses auxquelles sont exposés les manchots empereurs sont les mêmes pour l’équipe technique. ![]() Version française : - Scénario : Luc Jacquet Distribution : Charles Berling, Romane Bohringer, Jules Sitruk Durée : 85 minutes Origine : France |
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