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LORD OF WAR (2005) Notre guide, un Américain d'origine ukrainienne du nom de Yuri Orlov (Nicolas Cage), a fait sa fortune grâce à la chute de l'empire soviétique. De nouveaux fournisseurs ont envahi le marché et l'ami Yuri a tout bonnement su tirer profit de la situation. La grande force de Lord of War est de jouer à fond la carte de la moralité douteuse. Yuri n'est donc qu'un habile homme d'affaires, comme le PDG d'une compagnie de tabac ou d'une multinationale de l'industrie automobile. C'est un commerçant doué qui exploite un filon prolifique de l'activité humaine. Un honnête capitaliste ayant flairé la bonne affaire, quoi! Qui plus est, notre marchand d'armes s'avère être l'incarnation même du rêve américain: le légendaire self-made man qui s'est émancipé de sa condition de pauvre immigrant pour devenir un entrepreneur accompli. Le scénario classique du land of opportunity, notre petit success story rescapé des bas-fonds de Brooklyn le connait par coeur. En fait, l'histoire que nous raconte Niccol dégage d'ailleurs une forte odeur de déjà-vu. La carrière de notre spécialiste du commerce international n'est pas sans rappeler celle des vendeurs de drogue qui ont eu droit à leur lot d'attention cinématographique depuis les années soixante-dix. Tous les clichés de ce genre d'histoires sont au rendez-vous: l'enfance dure, la femme laissée dans l'ombre et le frère impétueux qui sombre dans l'enfer de la drogue. Mais c'est ce contexte particulier et fort intéressant qui permet à Lord of War de se distinguer d'une horde de films récents auxquels il serait autrement facile de l'associer. En ce sens, Niccol reste fidèle à lui-même en livrant un film correct qu'un concept intriguant rehausse allègrement. Finalement, peu importe que l'on nous ait servi les grandes lignes du film à plusieurs reprises auparavant. Dans son livre Adventures in the Screen Trade, le célèbre scénariste hollywoodien William Goldman affirmait qu'un film n'a qu'à offrir une douzaine de bons moments pour captiver l'audience et lui laisser une bonne impression à la sortie de la projection. À ce niveau, Lord of War livre la marchandise. Il faut voir le sourire radieux de Nicolas Cage lorsqu'il entend le son d'un tiroir-caisse au rythme des mitrailleuses qui s'anime devant lui, ou l'incroyable spectacle en accéléré de cet avion grugé en une nuit par des pillards africains. De bons moments que le film multiplie avec aisance, grâce entre autre à des dialogues percutants, à la fois drôles et mordants, qu'une distribution apte à la tâche s'assure de bien livrer. À la limite, on pourra reprocher à Cage et Jared Leto d'être des Russes peu convaincants. Mais dans l'ensemble, Lord of War fonctionne du début à la fin et propose assez de ces fameux moments mémorables pour faire oublier son petit côté légèrement prévisible et convenu. À défaut d'être véritablement remarquable, voici un film franchement réussit qui nous tient en haleine du début à la fin tout en nous proposant par la bande une réflexion intéressante sur la responsabilité d'un homme d'affaires ordinaire par rapport aux répercussions de ses activités. Heureusement, le fascinant protagoniste amoral de Lord of War est trop occupé à profiter de la misère des autres pour faire la réflexion à notre place... ![]() Version française : Seigneur de guerre Scénario : Andrew Niccol Distribution : Nicolas Cage, Bridget Moynahan, Jared Leto, Ethan Hawke Durée : 122 minutes Origine : États-Unis |
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