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KITCHEN STORIES (2003) Le réalisateur Bent Hamer emploie cette situation fort originale et plutôt cocasse pour offrir une fable amusante sur la solitude et l'amitié entre deux hommes qui n'ont à première vue rien en commun. Il semble qu'il existe une certaine animosité entre les Norvégiens et leurs voisins Suédois qui explique pourquoi l'armée d'observateurs venus de Suède n'est pas très bien accueillie par les gens du coin, et pourquoi Isak est réfractaire à la présence d'un étranger dans sa cuisine. Il faut dire que, juché sur sa chaise-haute et contraint pour les besoins de l'expérience à garder le silence question de ne pas modifier par sa présence les habitudes de son sujet, Folke n'a rien d'un invité agréable. Pourtant, ce silence imposé sera brisé par le besoin viscéral que ces deux individus ressentent de communiquer. De toute façon, se dit Folke, on ne peut apprendre à connaitre une personne sans lui adresser la parole. Histoires de cuisine s'appuie sur un humour subtil, axé sur des situations inventives et certains petits détails visuels comiques, pour divertir le spectateur. Si l'on n'a pas ici affaire à un grand film, l'histoire que raconte Hamer se distingue par sa grande humanité et sa chaleur empreinte de retenue. Cependant, on a parfois l'impression que le réalisateur a bien pensé sa mise en situation et planifié au poil près certains plans fort inspirés sans fignoler autant qu'il ne l'aurait pu le développement de son film. Si le rythme placide d'Histoires de cuisine est presque inhérent aux thèmes qu'il aborde, certaines pointes plus tendues de l'histoire sont rapidement mises de côtés alors qu'elles auraient gagnées à être explorées un peu plus. Lorsque l'un des collègues de Folke brise le silence et commence à boire avec le sujet l'hébergeant, la petite crise interne qui en résulte est traitée avec un peu trop de nonchalance. C'est pourtant ce qui déclenche véritablement le rapprochement entre Folke et Isak. Avare de mots, le film d'Hamer s'écoute presque comme un film muet et joue beaucoup plus sur la force de ses images que sur ses dialogues, tenus au strict minimum. Cette approche sobre transmet parfaitement cette forte impression d'isolation qui émane des murs mêmes de la demeure d'Isak et cette solitude autour de laquelle tourne la prémisse même d'Histoires de cuisine. On pourrait reprocher au scénario d'Hamer son traitement sommaire et somme toute superficiel des personnages secondaires, en particulier du supérieur de Folke qui semble avoir été écrit pour ajouter un méchant de service au film. Mais cette approche ne fait que concentrer avec plus d'intensité l'attention du spectateur sur la relation entre ses deux personnages principaux. Si Histoires de cuisine ne passera pas à l'histoire, le film de Bent Hamer s'avère une petite comédie fort sympathique et tout de même originale qui s'écoute avec plaisir. Simple et dépouillé, le film d'Hamer est construit autour d'éléments visuels accrocheurs et d'une morale universelle et plaisante sur le besoin de connecter. Au passage, Hamer se permet d'écorcher gentiment notre manie de tout catégoriser et de transformer l'individu en donnée d'une grande étude de marché. Difficile de ne pas être charmé par un tel menu. ![]() Version française : Histoires de cuisine Version originale : Salmer fra kjøkkenet Scénario : Jörgen Bergmark, Bent Hamer Distribution : Joachim Calmeyer, Tomas Norström, Bjorn Floberg Durée : 95 minutes Origine : Norvège, Suède |
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