
02.05.2010 - Critique
LES
SEPT JOURS DU TALION de Podz (2010)
Par Nicolas Krief
Jeu
malsain, sous-genre puéril à souhait, la torture porn
est un pan foncièrement vulgaire du cinéma d’épouvante.
Avec ses quelques séries parues depuis une dizaine d’années,
il n’a cessé de trouver preneurs et ses artisans sont maintenant
des rock stars auprès des cinéphiles en quête de
sang, de démembrements, de gore quoi. Très loin
par contre du cinéma gore auto dérisoire de Jackson
et Raimi, la torture porn consiste en un exercice visant à
repousser les limites du bon goût et jouant sur les effets cathartiques
pervers de voir un être humain torturé à mort de
façon souvent gratuite. Auteur dévoué à
la sensation forte, à l’extrême, Patrick Sénécal
semble beaucoup s’amuser à pousser les frontières
du tolérable, amenant certains questionnements sur des phénomènes
sociaux et des enjeux moraux toujours plus sombres. Son roman... >>
02.05.2010 - Critique
THE
WHITE RIBBON de Michael Haneke (2009)
Par Mathieu Li-Goyette
C’est
à l’aube de la Grande Guerre que s’ouvre Le ruban
blanc : un premier jet lumineux perçant l’écran,
éblouissant fondu à la blancheur des champs filmés
sur le seuil de la surexposition, l’imagerie offerte derechef
par le cinéaste autrichien tout récemment primé
par la Palme d’Or au 62e Festival de Cannes est celle des courants
naturalistes du 19e siècle, celle qui rappelle Les glaneuses
de Millet qui, par son environnement sonore abrupt ne visant pas la
genèse grandiloquente, suggère un retour à l’esthétique
simplifiée d’un autre temps. Et si Michael Haneke s’oblige
ainsi un retour aux beaux-arts préindustriels (quand son film
se déroule pourtant au début de l’année 1912)
c’est parce qu’il s’est donné comme projet
de remonter les racines de la haine à partir d’un futur
antérieur qu’il ne filmera jamais. C’est-à-dire
que l’achèvement... >>

02.03.2010 - Critique
L'AFFAIRE
FAREWELL de Christian Carion (2009)
Par Clara Ortiz Marier
Troisième
long-métrage réalisé par Christian Carion, L’Affaire
Farewell vient confirmer l’intérêt du réalisateur
pour les événements et faits historiques. En 2005, Carion
nous avait offert Joyeux Noël, film se déroulant
pendant la Première Guerre mondiale et s’inspirant de la
surprenante et non moins véridique Trêve de Noël de
1914, qui avait vu les soldats français, allemands et britanniques
suspendre les hostilités le temps de se souhaiter les bons voeux
et de faire honneur à l’esprit de Noël. Carion avait
lui-même écrit le scénario, et le fait historique
avait, certes, servi de point de départ au film, mais force était
de constater que celui-ci n’était après tout qu’une
version très romancée et dramatisée de la réalité.
Le traitement n’avait pas plu à tout le monde, certains
reprochant au cinéaste de dénaturer son sujet au profit
d’un sentimentalisme de... >>
02.03.2010 - Réédition
DAYTIME
DRINKING de Noh Young-seok (2008)
Par Mathieu Li-Goyette
Réaliser
un premier film, de la part d'un cinéaste de tout pays, est un
exploit. Réaliser un premier film de la trempe de Daytime
Driking, avec aussi peu de moyens, relève quant à
lui du prodige. Oeuvre d'un homme et de ses amis (Noh Young-seok figure
en solitaire à la réalisation, la production, la prise
de son, la direction photo, la direction artistique, le montage, la
musique), Daytime Drinking met en scène la marche pénible
de Hyuk-jin en direction de Séoul. Abandonné par ses amis
alors qu'il se réveille seul au beau milieu d'un stationnement,
Hyuk-jin est victime d'un lendemain de veille obtenu à coup de
soju, boisson nationale de Corée depuis le moyen-âge. Sans
destination exacte, sans lieu précis, l'errant se dirige de village
en village à la recherche de l'oubli. Parti de la capitale après
s'être fait laissé par sa copine... >>
02.03.2010 - Critique
LUCKY
LUKE de James Huth (2009)
Par Jean-François Vandeuren
Après
autant de tentatives infructueuses, la question se pose à savoir
si une adaptation de l’oeuvre du bédéiste français
René Goscinny est réellement possible en marge des assises
du cinéma d’animation. Ce qui était toutefois clair
après le soporifique Astérix et Obélix contre
César de Claude Zidi et l’insupportable Iznogoud
de Patrick Braoudé, c’est que le problème dans ce
cas-ci ne se situe pas tant au niveau de l’action (comme cela
aurait été le cas pour une histoire de super-héros)
que celui du ton. Un problème qu’aura su éviter
Alain Chabat en décidant de n’en faire qu’à
sa tête, ne respectant l’oeuvre originale que sur une base
théorique en l’adaptant à son propre humour déjanté
pour finir par nous servir le sensationnel Mission Cléôpâtre
de 2002. Nous pouvions nous montrer tout aussi optimistes face à
ce Lucky Luke... >>

02.03.2010 - Critique
12
de Nikita Mikhalkov (2007)
Par Louis Filiatrault
Les
remakes n'ont pas la cote. On préfère déjà
les « adaptations », terme moins connoté laissant
présager un certain remaniement du canevas initial, le plus souvent
dans une optique d'actualisation. Mais n'y a-t-il pas là aussi
un leurre, une manière commode de s'approprier l'invention des
autres pour la plier à ses propres intérêts? Autant
bien se demander pourquoi raconter des histoires en premier lieu, ce
qui s'avère certainement au-delà de notre portée.
Mais s'il évite de se pencher directement sur la question ou
simplement de poser de grands défis intellectuels, force est
d'admettre que le présent 12 se prête particulièrement
bien à une réflexion sur la pulsion narrative que chacun
porte en soi. Modernisation « à la russe » d'une
trame rendue célèbre en 1957 par 12 Angry Men
de Sidney Lumet, le film s'avère... >>
02.01.2010 - Critique
THE
BOOK OF ELI d'Albert et Allen Hughes
(2010)
Par Mathieu Li-Goyette
Parler
de religion, de grands mythes et de genre, tant dans la critique que
dans la simple discussion cinéphile se résume assez bien
à un processus de gargarisme de symboles. Les rebrassant, les
ramenant à la surface du feu toujours brûlant de l’imaginaire
collectif cinéphile (bien différent de celui des nations,
précisons-le), le western et l’uchronie (autrement appelé
« monde post-apocalyptique ») sont afférents à
de longues traditions occidentales de science-fiction visionnaire et
de conquête de l’ouest sauvage. Où les deux semblent
se croiser si souvent avec les multiples I Am Legend jusqu’à
la série de jeux vidéo Fallout, WaterWorld
et plus récemment avec le dernier volet des Terminator
en passant par toute une série de Mad Max, la conquête
de ce « nouveau monde » s’avère on ne peut
plus opportuniste. Pour dire rapidement, il faut... >>